Dictionnaire de l'Académie Française, 8th edition (1932-5)

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Un éternel adieu, Dernier adieu, adieu
adressé à une personne, à une chose que l'on
ne doit jamais plus revoir.

Il s'applique également aux Choses qui
sont dites, qui sont répétées trop souvent.
Ses discours éternels. Ses éternelles récriminations
fatiguent tout le monde.

Fam., Un bavard éternel, Un homme qui
parle trop.

ÉTERNELLEMENT. adv. D'une manière
éternelle. Dieu existe éternellement. Le bonheur
des élus, les peines des damnés dureront éternellement.

Il se prend aussi familièrement pour Continuellement,
toujours. Il est éternellement sur
mon dos. Voulez-vous demeurer là éternellement?

ÉTERNISER. v. tr. Rendre éternel. Éterniser
son nom. Éterniser sa mémoire.

Il signifie aussi Prolonger outre mesure.
Éterniser un débat, un différend, une discussion.
C'est ainsi que les abus s'éternisent.

S'ÉTERNISER peut signifier figurément Demeurer
trop longtemps. On croirait qu'il veut
s'éterniser chez nous.

ÉTERNITÉ. n. f. Durée qui n'a ni commencement
ni fin. L'éternité de Dieu. Dieu
est de toute éternité. Le temps n'est qu'une
partie de l'éternité.

Il se dit aussi d'une Durée qui a un commencement,
mais qui n'aura point de fin.
L'Empire romain s'était promis l'éternité. Dans
ce sens on l'emploie surtout en parlant de la
Vie à venir. Éternité bienheureuse. Il ne songe
point à l'éternité.

Il désigne encore, par exagération, un
Temps fort long. Ces bâtiments dureront une
éternité. En voilà pour une éternité. Cette
année d'attente fut pour moi une éternité.

De toute éternité, De temps immémorial.

ÉTERNUEMENT. n. m. Action d'éternuer.
Il est sujet à des éternuements fréquents.

ÉTERNUER. v. intr. Expirer violemment,
avec un mouvement convulsif des muscles,
à la fois par le nez et par la bouche. Il éternue
souvent. Cette poudre, cette fumée fait éternuer.

ÉTÉSIEN. adj. m. Qui se reproduit chaque
année. Il n'est employé que dans l'expression
Vents étésiens, Vents réguliers qui soufflent
chaque année pendant un certain nombre de
jours dans la Méditerranée.

ÉTÊTEMENT. n. m. Action d'étêter. Bien
des branches ont repoussé sur cet arbre depuis
son étêtement.

ÉTÊTER. v. tr. T. d'Arboriculture. Tailler
un arbre par la tête. Étêter des saules, des platanes.
Par analogie, Étêter une épingle. On a
étêté ce clou, il ne peut plus servir.

ÉTEUF. n. m. Petite balle dont on se sert
pour jouer à la longue paume.

ÉTEULE. n. f. T. d'Agriculture. Chaume
qui reste sur la terre après la moisson.

ÉTHER. (On prononce l'R.) n. m. Substance
très subtile que l'on supposait remplir
la plus haute région de l'air.

Il se dit couramment au figuré de la Partie
la plus subtile et la plus élevée de l'atmosphère.

Il s'est dit spécialement, en termes de Physique,
d'un Fluide invisible, impondérable,
éminemment élastique, que les physiciens
supposaient être répandu partout et servir
de milieu de transmission à la lumière, à la
chaleur, à l'électricité, etc. Les ondulations
de l'éther.

Il se dit, en termes de Chimie, d'une Liqueur
spiritueuse très volatile qu'on obtient
par la distillation d'un acide mêlé avec de
l'alcool. On distingue les éthers sels et les éthers
oxydes. L'éther acétique est un éther sel. L'éther
sulfurique est un éther oxyde. Un flacon d'éther.
Respirer de l'éther pour calmer une souffrance.
L'éther est un poison. L'éther excite ou insensibilise.

En termes de Thérapeutique, Sirop d'éther,
perles d'éther,
Remèdes qui contiennent de
l'éther sulfurique.

ÉTHÉRÉ, ÉE. adj. Qui a rapport à l'éther,
aux espaces célestes. Substance éthérée. Corps
éthéré. Région éthérée.
Poétiq., La voûte éthérée,
Le ciel.

Il se dit figurément des Sentiments très
purs, très immatériels, parfois raffinés, et des
Personnes qui les éprouvent. Amour éthéré.
Nature éthérée. Jeune fille éthérée.

ÉTHÉRISATION. n. f. T. de Chimie et
de Médecine
. Action d'éthériser ou Résultat
de cette action.

ÉTHÉRISER. v. tr. T. de Chimie. Combiner
avec un éther, convertir en éther. Éthériser
un liquide. Éthériser un corps.

En termes de Médecine, il signifie Soumettre
une personne à l'action de l'éther sulfurique
pour produire chez elle un état d'insensibilité
générale. Éthériser un malade qui
doit subir une opération douloureuse.

ÉTHÉROMANE. n. des deux genres. Celui,
celle qui abuse de l'éther.

ÉTHÉROMANIE. n. f. Maladie des éthéromanes.

ÉTHIQUE. adj. des deux genres. Qui a
rapport à la morale. Préceptes éthiques.

Il s'emploie le plus souvent comme nom
féminin pour désigner la Science de la morale
ou un Ouvrage traitant de cette science. S'occuper
d'éthique. L'Éthique de Spinoza.

ETHMOÏDAL, ALE. adj. T. d'Anatomie.
Qui appartient à l'ethmoïde. Nerf ethmoïdal.
Suture ethmoïdale. Sinus ethmoïdaux.

ETHMOÏDE. adj. m. T. d'Anatomie. Qui
a la forme d'un crible. Os ethmoïde ou, par
ellipse et comme nom, L'ethmoïde, Os du crâne
dont la lame supérieure est percée de petits
trous.

ETHNIQUE. adj. des deux genres. Qui
tient à la race. Caractères ethniques. Différences
ethniques.

ETHNOGRAPHE. n. m. Celui qui s'occupe
d'ethnographie.

ETHNOGRAPHIE. n. f. Science qui traite
des différents peuples, de leurs moeurs, coutumes,
religions, langage.

ETHNOGRAPHIQUE. adj. des deux genres.
Qui a rapport à l'ethnographie. Recherches
ethnographiques.

ETHNOLOGIE. n. f. Étude critique et
explication des origines, mélanges, migrations
des différents peuples.

ETHNOLOGIQUE. adj. des deux genres.
Qui a rapport, qui appartient à l'ethnologie.
Études ethnologiques. La Revue ethnologique.

ETHNOLOGUE. n. m. Celui qui s'occupe
d'ethnologie.

ÉTHOPÉE. n. f. T. didactique. Figure de
pensée qui a pour objet la peinture des
moeurs et du caractère d'un personnage.

ÉTHYLE. n. m. T. de Chimie. Radical
monovalent formé de carbone et d'hydrogène,
qui entre dans un grand nombre de composés
organiques.

ÉTIAGE. n. m. Le plus grand abaissement
des eaux d'une rivière. Indiquer, marquer
l'étiage. La hauteur de l'étiage.

ÉTIER. n. m. Canal qui sert à conduire
l'eau de la mer dans les marais salants.

ÉTINCELANT, ANTE. adj. Qui étincelle.
Les étoiles les plus étincelantes. Ce rubis est
étincelant.
Par analogie, Des yeux étincelants,
étincelants de colère.

Il signifie figurément Qui lance des traits
brillants. Un esprit étincelant. Un style étincelant.

ÉTINCELÉ. adj. T. de Blason. Qui est
orné d'étincelles. Écu étincelé.

ÉTINCELER. (J'étincelle; nous étincelons.)
v. intr. Briller, jeter des éclats de lumière.
Il y a des étoiles qui étincellent plus que d'autres.
Par analogie, Ses yeux étincelaient de fureur.

Il signifie figurément Jeter des traits brillants.
Vers qui étincellent de beautés sublimes.

ÉTINCELLE. n. f. Parcelle incandescente.
Étincelle de feu. Quand on bat des cailloux
avec un briquet, il en sort des étincelles. On
a éteint ce grand feu, il n'en reste pas une
étincelle. Une petite étincelle peut causer un
grand embrasement.

En termes de Physique, Étincelle électrique,
Trait de feu qui jaillit des corps électrisés.
L'éclair n'est qu'une étincelle électrique.

Il se dit figurément surtout en parlant de
l'Esprit, de l'âme. Il n'y a pas une étincelle
d'esprit dans cet ouvrage. Il n'a pas la moindre
étincelle de génie.

ÉTINCELLEMENT. n. m. Éclat de ce qui
étincelle. L'étincellement d'un charbon ardent,
d'une barre de fer rouge. L'étincellement des
étoiles fixes.

ÉTIOLEMENT. n. m. Action d'étioler ou
de s'étioler, ou Résultat de cette action. On
fait blanchir la chicorée, le céleri par un étiolement
factice, afin de leur donner une saveur
plus douce.
Fig., L'étiolement d'un enfant,
L'étiolement de l'esprit.

ÉTIOLER. v. tr. Rendre une plante grêle
et décolorée en la faisant pousser dans un endroit
obscur et en la privant d'air. L'obscurité
étiole les plantes. Les plantes qui croissent dans
une cave s'étiolent.

Il signifie aussi Faire blanchir à l'abri de
l'air et du soleil pour rendre moins amer,
en parlant de Certains légumes. Étioler des
laitues, des chicorées.

En termes de Médecine, il signifie Rendre
une personne chétive et pâle en la faisant
vivre dans un endroit où la lumière et l'air
lui arrivent d'une manière insuffisante. Un
enfant s'étiole dans une chambre obscure et
malsaine.
Fig., Une intelligence qui s'étiole. Un
talent qui s'étiole.

ÉTIOLOGIE. n. f. Partie de la médecine
qui traite des diverses causes des faits biologiques
et spécialement des maladies.

ÉTIQUE. adj. des deux genres. Qui est très
maigre, très décharné. Devenir étique. Mourir
étique. Visage étique. Corps étique.

Il se dit de même de Certains animaux.
Un chapon, un poulet étique. Un cheval étique.

ÉTIQUETAGE. n. m. Action d'étiqueter.

ÉTIQUETER. (J'étiquette; nous étiquetons.)
v. tr. Désigner, distinguer par une étiquette.
Étiqueter des paquets, des bouteilles. Les pharmaciens
étiquettent leurs fioles. Étiqueter des
marchandises. Des bocaux étiquetés. Des sacs
étiquetés.

Il signifie figurément Ranger sous l'étiquette
d'un parti, d'une école.

ÉTIQUETTE. n. f. Petit carré ou rectangle
de papier, plus ou moins fort, portant une
indication et que l'on met à un objet pour
indiquer quelle est sa nature, ce qu'il coûte,
d'où il vient, où il doit être porté, etc. Mettre
des étiquettes à des sacs d'argent, à des liasses
de papiers, à des flacons. Mettez des étiquettes
à chacun de ces paquets.

Il se disait, particulièrement, d'un Petit
écriteau qu'on mettait, qu'on attachait sur
un sac de procès, et qui contenait les noms
du demandeur et du défendeur, celui du
procureur. Il faut mettre une étiquette à ce sac.
Fig. et fam., Juger, condamner sur l'étiquette
du sac,
ou, absolument, sur l'étiquette, Porter
son jugement sur quelque affaire, sur quelque
personne, sans avoir examiné les pièces, les
raisons. Vous y allez bien légèrement, vous jugez
sur l'étiquette du sac
ou, plus couramment, sur
l'étiquette.

Il se dit figurément pour signifier Ce qui

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