ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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"344"> connues des corps électriques & non électriques par eux - mêmes, on pouvoit satisfaire aux trois premieres questions que nous nous étions proposées, nous tâcherons de montrer de même par rapport à la quatrieme, &c. la plus intéressante sur l'étendue du circuit ou cercle faisant la communication de la surface extérieure de la bouteille avec le conducteur, que si cette étendue va beaucoup au - delà de ce que l'on pourroit croire d'abord, ce n'est encore qu'une suite de ces mêmes propriétés.

Nous avons dit qu'en même tems que l'on tire l'étincelle du conducteur, ou ce qui revient au même, du crochet de la bouteille, elle pompe le fluide électrique des corps qui la touchent, ces deux effets étant instantanés, ils doivent donc se faire sentir dans le même tems aux deux extrémités de la chaîne quelle que soit son étendue; c'est - à - dire qu'en la supposant formée par plusieurs personnes se tenant toutes par la main, & dont la premiere tienne la bouteille, & la derniere tire l'étincelle, elles ressentiront l'une & l'autre une secousse en même tems, l'une dans la partie qui tient la bouteille, & l'autre dans celle qui tire l'étincelle, soit que le nombre des personnes entre deux soit grand ou petit. Or comme on a vû que lorsqu'une personne tire une étincelle en pressant legerement la main d'une autre, elles ressentent l'une & l'autre une douleur dans l'endroit où elles sc touchent, produite par l'électricité qui passe de la premiere à la seconde, &c. lors donc que la derniere personne de la chaîne tire l'étincelle, dans l'instant même le fluide électrique qu'elle a acquis, passe dans la personne dont elle tient la main: il en est de même de celle - ci à la troisieme, jusqu'a celle qui tient la bouteille; de même celle - ci tire du fluide électrique de celle qui la touche, celle - ci de la troisieme, &c. jusqu'à celle qui tire l'étincelle. Ce double effet doit donc se faire sentir dans un instant d'un bout à l'autre de la chaîne; les personnes qui la composent doivent donc être toutes frappées, & en même tems quel que soit leur nombre. Ainsi l'on voit que par la nature des choses cet effet semble devoir se transmettre à des distances infinies, & instantanément tant que la continuité n'est pas interrompue.

M. l'abbé Nolet est le premier qui ait pensé à faire faire cette expérience à plusieurs personnes tout - à - la - fois; dans sa nouveauté, il la fit, le Roi étant présent, dans la grande galerie de Versailles, avec 240 personnes auxquels se joignirent tous les seigneurs qui vinrent avec sa Majesté. Comme cette expérience est du genre des choses, ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet article, dont on ne peut avoir d'idée qu'autant qu'on les éprouve soi - même, peu de tems après le Roi curieux de savoir ce qui en étoit par lui - même, vint dans le cabinet des médailles où étoient les instrumens de cet académicien, & là fit l'expérience plusieurs fois avec des personnes de sa cour. Quelque tems après M. le Monnier le medecin la fit dans le clos des Chartreux, en faisant partie d'un cercle formé par deux fils - de - fer chacun de 95 toises de long; & il remarqua qu'elle étoit instantanée. M. Watson & quelques membres de la société royale de Londres, ont fait aussi des expériences très - curieuses à ce sujet, qui seroient trop longues à rapporter, mais par lesquelles il paroît que l'étendue du cercle électrique ayant quatre milles, l'expérience a encore parfaitement réussi, & s'est fait sentir instantanément dans tous les points de cette vaste étendue. Ce qu'il y a de plus singulier dans cette expérience, c'est que quoiqu'à dessein ils eussent interrompu la chaîne pendant l'espace de deux milles, ensorte que la commotion ne pouvoit se transmettre de l'observateur qui étoit à l'extrémité d'un fil - de - fer à un autre observateur qui en étoit éloigné de deux milles, que par le terrein, cela n'empêcha pas, comme nous venons de le dire, l'expérience de réussir. Enfin les expériences du même genre que fit en 1749 M. Jallabert, sont trop singulieres pour que je ne les rapporte pas ici. M. l'abbé Nolet en fait mention dans ses lettres, page 202. « J'avois établi (c'est M. Jallabert qui parle) une machine électrique dans une galerie située sur le Rhone, deux cents cinquante piés environ au - dessous de notre machine hydraulique: un matras destiné aux expériences de la commotion, fut suspendu à une barre de fer électrisée immédiatement par un globe de verre, & du culot de ce matras pendoit un fil - de - fer, qui plongeoit dans le Rhone de la profondeur de quelques lignes: des fils de fer attachés à la barre, & soûtenus par des cordons de soie, venoient aboutir auprès de quelques fontaines publiques. Le globe étant frotté, on tiroit de ces fils - de - fer, en approchant la main, des étincelles qui causoient la sensation d'une legere piquûre; mais si quelqu'un communiquant d'une main à l'eau de quelqu'une des fontaines, présentoit l'autre au fil - de - fer qui y aboutissoit, il éprouvoit une forte commotion, &c.» Il est à remarquer que les eaux qu'éleve cette machine hydraulique, sont portées dans un réservoir à plus de mille quatre cents piés de cette machine, élevé de 131 piés sur le niveau du Rhone, & que de ce réservoir elles se distribuent dans les différens quartiers de la ville.

Nous avons considéré dans tout cet article l'expérience du coup foudroyant d'après la plûpart de ceux qui en ont écrit, sous un seul point de vûe, c'est - à - dire comme une expérience singuliere de l'électricité par laquelle on peut imprimer des secousses violentes à nos corps, secousses avec lesquelles on a déjà tué quelques petits oiseaux, & jusqu'à des poulets, si nous en croyons M. Franklin. Mais si nous l'avons fait, ce n'a été que pour nous conformer à l'usage reçu; car cette maniere de l'envisager est trop particuliere, la commotion violente qu'elle nous fait éprouver n'étant qu'un cas particulier des effets qu'elle produit. En effet, on voit que dans cette expérience le fluide ou feu électrique étant emporté rapidement du crochet de la bouteille vers son ventre, ce feu peut par - là produire beaucoup d'autres effets. C'est aussi ce que nous a fait voir M. Franklin: cet habile physicien nous a montré qu'on pouvoit par son moyen percer des cartes, du papier, &c. enflammer de la poudre, & faire une espece de fusion froide des métaux. Voici comment on s'y prend àpeu - près pour faire ces expériences: ayez un grand carreau de verre doré des deux côtés, avec des marges d'un pouce ou plus, comme nous l'avons dit, jusqu'où la dorure ne s'étende pas: l'ayant posé horisontalement, on le fait communiquer par - dessous avec le conducteur, ensorte que ce soit sa surface inférieure qui reçoive l'électricité: ensuite on le charge bien, en mettant de tems en tems les mains sur la surface supérieure, pour faire communiquer cette surface avec le plancher: comme nous avons dit que cela étoit nécessaire lorsque le carreau est bien chargé, si l'on veut percer des cartes, par exemple, on les pose dessus, & prenant une espece de C de fer dont les deux bouts sont retournés en - dehors & forment des especes d'anneaux, on le met d'un bout sur ces cartes, & de l'autre on l'approche; on tire une étincelle du conducteur, dans l'instant le fluide par l'extrème vîtesse avec laquelle il est emporté, les perce. Si l'on veut faire la fusion froide des métaux, ayant deux lames de verre d'une certaine épaisseur, de trois pouces de long ou environ, & d'un de large; placez entre ces lames au milieu d'un bout à l'autre, une feuille de métal quelconque, comme d'or, de cuivre, &c. fort étroite, [p. 345] n'ayant guere qu'une ligne de largeur: ceci fait, serrez - les fortement l'une contre l'autre avec du cordonnet de soie; plus elles seront serrées, mieux l'expérience réussira: posez - les ensuite au milieu du carreau de verre, & saites communiquer l'un des bouts de la feuille d'or (qui pour cet effet doit déborder par ses deux extrémités) avec la dorure du carreau, & l'autre avec quelque plaque ou morceau de métal, que vous mettrez sur un morceau de verre posé dessus l'ayant bien chargé, comme on vient de le dire: prenez ensuite le C de fer dont nous avons parlé; & après l'avoir appliqué sur le morceau de métal, tirez une étincelle du conducteur: si vous desserrez le cordon, & que vous regardiez vos lames, vous y verrez dans différens endroits des taches rougeâtres, produites par l'or qui y a été comme comprimé dans l'explosion, ou dans l'instant que le carreau s'est déchargé. Ces taches sont parfaitement égales sur chacune de ces lames, ensorte que l'une est toûjours la contre - épreuve de l'autre, & si adhérentes que l'eau régale ni aucun mordant ne peut les enlever; quelquefois le choc est si grand, lorsque l'électricité est très - forte, qu'elles se brisent en mille parties.

Après avoir parlé de l'expérience du coup foudroyant en général, en avoir fait voir les causes & montré les différens moyens de le varier, il ne me reste plus qu'à parler de son application à la Medecine.

Je souhaiterois bien pouvoir donner ici une longue liste des bons effets qu'elle a produits; mais malheureusement je suis contraint d'avoüer qu'ils sont en très - petit nombre, au moins ceux qu'on peut légitimement attribuer à cette expérience. Je sai qu'on a fait beaucoup de tentatives; je sai qu'on a vanté le succès de plusieurs, mais ces succès ne sont pas confirmés. Je n'ai pas été moi - même plus heureux; tout ce que j'ai remarqué de plus constant, c'est que la commotion donnée avec une certaine violence occasionne des sueurs très - fortes aux personnes qui la font, soit par la crainte qu'eile leur cause, soit aussi par l'impression qu'elle fait sur tout leur corps. Cependant on ne doit pas se décourager; souvent le peu de succès de nos tentatives ne vient que de la maniere dont nous les faisons: peut - ê re à la vérité que le tems & les expériences nous apprendront, que l'application de celle - ci au corps humain est inutile; peut - être aussi qu'ils nous en feront découvrir d'heureuses applications auxquelles nous touchons, & dont cependant nous ne nous doutons pas. Voyez Electricité. (T)

Coup de crochet (Page 4:345)

Coup de crochet, en Bâtiment, est une petite cavité que les Maçons font avec le crochet, pour dégager les moulures du plâtre, & que l'on appelle grain d'orge dans les profils des corniches de pierre, ou moulures de menuiserie. Voyez Grain d'orge. (P)

Coup - d'oeil (Page 4:345)

Coup - d'oeil (le), dars l'Art militaire, est selon M. le chevalier de Folard, l'art de connoître la nature & les différentes situations du pays, où l'on fait & où l'on veut porter la guerre; les avantages & les desavantages des camps & des postes que l'on veut occuper, comme ceux qui peuvent être favorables ou desavantageux à l'ennemi.

Par la position de nos camps & par les conséquences que nous en tirons, nous jugeons sûrement des desseins présens, & de ceux que nous pouvons avoir par la suite. C'est uniquement par cette connoissance de tout le pays où l'on porte la guerre, qu'un grand capitaine peut prévoir les évenemens de toute une campagne, & s'en rendre pour ainsi dire le maître. Sans le coup - d'oeil militaire, il est impossible qu'un général puisse éviter de tomber dans une infinité de fautes d'une certaine conséquence.

Philopoemen, un des plus illustres capitaines de la Grece, avoit un coup - d'oeil admirable. Plutarque nous apprend la méthode dont il se servit pour voir de tout autres yeux que de ceux des autres, la conduite des armées.

« Il écoutoit volontiers, dit cet auteur dans la vie de ce grand capitaine, les discours & lisoit les traités des Philosophes, non tous, mais seulement ceux qui pouvoient l'aider à faire des progrès dans la vertu. Il aimoit sur - tout à lire les traités d'Evangelus, qu'on appelle les tactiques, c'est - à - dire l'art de ranger les troupes en bataille; & les histoires de la vie d'Alexandre: car il pensoit qu'il falloit toûjours rapporter les paroles aux actions, & ne lire que pour apprendre à agir, à moins qu'on ne veuille lire seulement pour passer le tems, & pour se former à un babil infructueux & inutile. Quand il avoit lû les préceptes & les regles de Tactique, il ne faisoit nul cas d'en voir les démonstrations par des plans sur des planches; mais il en faisoit l'application sur les lieux mêmes, & en pleine campagne: car dans les marches il observoit exactement la position des lieux hauts & des lieux bas, toutes les coupures & les irrégularités du terrein, & toutes les différentes formes de figure que les bataillons & escadrons sont obligés de subir à cause des ruisseaux, des ravins, & des défilés, qui les forcent de se resserrer ou de s'étendre; & après avoir médité sur cela en lui - même, il en communiquoit avec ceux qui l'accompagnoient, &c.»

C'est un abregé des préceptes qui peuvent former un général au coup - d'oeil. On peut voir dans le commentaire sur Polybe de M. le chevalier Folard, tom. I. pag. 262. le coup - d'oeil réduit en principes & en méthode. C'est un chapitre des plus instructifs de ce commentaire, & un de ceux dont il paroît qu'un officier destiné à commander les armées peut tirer le plus d'utilité. (Q)

Coup perdu (Page 4:345)

Coup perdu, (Art milit.) est un coup de canon tiré de maniere que la bouche du canon est élevée au - dessus de la ligne horisontale, & qu'il n'est pas pointé directement à un but. (Q)

Coup de partance (Page 4:345)

Coup de partance, (Marine.) c'est un coup de canon que le commandant fait tirer sans être chargé à balle, pour avertir les passagers ou autres gens de l'équipage qui sont encore à terre, de se rendre à bord & que le navire va partir. (Z)

Coup de canon à l'eau, (Marine.) se dit des coups de canon qu'un vaisseau reçoit dans la partie qui en est enfoncée dans l'eau, c'est - à - dire au - dessous de sa ligne de flotaison.

Dans un combat, les calfats sont tous prêts avec des plaques de plomb, qu'on applique sur le trou pour boucher le plus promptement qu'il est possible les coups de canon à l'eau.

Coup de canon en bois, (Marine.) ce sont ceux que reçoit le vaisseau dans sa partie qui est hors de l'eau. (Z)

Coup de vent (Page 4:345)

Coup de vent, (Marine.) se dit lorsque le vent se renforce assez pour obliger de serrer les voiles, & qu'il forme un gros tems ou un orage qui tourmente le vaisseau. (Z)

Coup de Mer (Page 4:345)

Coup de Mer, (Marine.) c'est lorsque la mer est grosse, & que la vague vient frapper avec violence contre le corps du vaisseau. On a vû des coups de mer assez forts pour enlever le gouvernail, briser les galeries, & mettre le navire en danger. (Z)

Coup de Gouvernail (Page 4:345)

Coup de Gouvernail, (Marine.) donner un coup de gouvernail; c'est pousser le gouvernail avec beaucoup de vîtesse à bas - bord ou à stribord. (Z)

*Coup, petits coups, (bas au métier.) parties de cette machine, à l'aide desquelles s'exécute une des principales manoeuvres dans le travail. Cette

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