Dictionnaires d'autrefois
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Il y a 6 entrées dans Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762) (Go), Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5) (Go)

Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762)

ENNUI. s.m. (Page 630)
ENNUI. s.m. Lassitude, langueur, fatigue d'esprit, causée par une chose qui déplaît par elle-même, ou par sa durée, ou par la disposition dans laquelle on se trouve. On ne sauroit entendre cela sans ennui, sans mourir d'ennui.

Il signifie aussi généralement, Fâcherie, chagrin, déplaisir, souci. Un homme accablé d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mortels ennuis. Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. Cela sert à adoucir les ennuis, à charmer les ennuis.

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Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788)

ENNUI (Page B098a)

ENNUI, s. m. ENNUYANT, ANTE, adj. ENNUYER, v. act. [A-nui, A-nui-ian, ian-te, A-nui-ié; 3e lon. au 2d et au 3e, é fer. au dern.] ENNUI, Lassitude, langueur d'esprit, causée par une chôse qui déplaît par elle-même, ou par sa durée. Trév. Ou par la disposition où l'on se troûve, ajoute l'Acad. "On ne peut entendre cela sans ennui. "Le Sermon, quoique fort beau, était trop long: il m'a causé beaucoup d'ennui. = Au pluriel, il signifie quelquefois, tristesse, déplaisir, souci, chagrin. "Un homme acablé d'ennuis. Mortels ennuis. "Les ennuis de la vieillesse, etc. L'Acad. en met un exemple au singulier. "Cette afaire lui a doné beaucoup d'ennui. — Voiture a dit aussi: "J' ai peur que le remède dont je veux guérir votre ennui (il parle en cet endroit de chagrin) ne soit plus violent que le mal. — Il dit aussi, avoir des ennuis, comme on dit, avoir des chagrins; ce que je ne crois pas être fort d'usage. "Dans tous les ennuis que j'ai, j'ai reçu cette joie aussi sensiblement que si je n'avois point de déplaisir.
   REM. 1°. Ennui a un sens passif: il se dit des persones, qui s'ennuyent, qui sont ennuyées, et non pas des chôses qui ennuyent. "Son A. R. assistoit à ces Conférences, malgré leur ennui. Anon. Ainsi l' on dirait, l'ennui d'un discours, d'une conversation: ce n'est pas l'usage. Je pense que l'on devait dire, malgré l' ennui qu'elles lui donaient ou causaient.
   2°. Dans cette expression, mourir d'ennui, ce mot a son sens propre, et non pas celui de chagrin. "Je comprends bien tous les soins que se done M. de Grignan, pour vous empêcher d'y mourir d'ennui. Sévigné.
   3°. On dit, Sécher d'ennui. Rousseau, qui avait besoin d'une syllabe de plus, a dit dessécher d'ennui.
   Peuple maudit et malheureuse race
   Que votre los fait dessécher~ d'ennui.
Il ne faut pas en faire un crime à un Poète qui écrivait en style marotique; mais en prôse ce serait une faûte.
   ENNUYER. Richelet écrit ennuier, mais cette manière d'écrire ne représente pas la prononciation, où il me semble qu'on fait entendre deux i, dont l'un s'unit à l'u qui précède, et l' aûtre à l'e qui suit. Anui-ié: l'y est nécessaire pour représenter ces deux i. Pour la même raison on doit écrire, il ennuye, et non pas, il ennuie, comme l'écrit l'Acad. "Cet homme ennuie tous ses auditeurs. Au futur, il ennuyera, etc. Peut-être en conversation, où la prononciation~ est plus rapide, peut-on prononcer ennuira. L'Abé du Resnel, qui fait ce mot de trois syllabes seulement, n'aurait pas dû l'écrire avec un y et un e muet.
   Pour les désigner tous, il me faudrait vingt pages,
   Et j'ennuyerois (j'ennuirois) peut-être autant que leurs ouvrages.
   ENNUYER, c'est lasser l'esprit par quelque chôse de désagréable ou de trop long. "Cet homme ennuye tout le monde par ses contes insipides. "Ce spectacle est fort beau, mais il ennuye par sa longueur: cela ennuye à la mort. = S'ennuyer régit de devant les noms: Il s'ennuye de tout. Pour les verbes, on dit à ou de, mais ces deux régimes expriment des sens diférens. S' ennuyer à atendre, c'est s'ennuyer en atendant; s' ennuyer d'atendre, c'est s'en aler, parce qu'on est lâs d' atendre. = On dit aussi, il m'ennuie ici, il m'ennuyait de vous atendre, il lui ennuyait de m'entendre. * M. Desgrouais regarde comme un gasconisme, j'ennuie que pour, il me tarde que. "J'ennuie beaucoup que ma soeur arrive. Mais on dit fort bien, en employant l'impersonel. "Il m' ennuye que vous ne soyiez venu. Acad. — * J'ennuie pour je m'ennuie, est un aûtre gasconisme. — * Anciènement on disait être ennuyé pour être fâché, chagrin, désolé de, etc. "Il étoit fort ennuyé pour quelques scandales, qui étoient survenus. Chron.
   ENNUYANT et Ennuyeux se disent indiféremment. "Homme ennuyant, ou ennuyeux. "Cela est fort ennuyant: discours ennuyeux. Temps ennuyeux ou ennuyant — Ces deux adjectifs suivent ou précèdent leurs substantifs. C'est à l'oreille et au goût à leur assigner la place qu'ils doivent ocuper.

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Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798)

ENNUI (Page 496)
ENNUI. s. m. Lassitude, langueur, fatigue ou inaction d'esprit, causée par une chose qui déplaît par ellemême, ou par sa durée, ou par le défaut d'intérêt, ou par la disposition dans laquelle on se trouve. On ne sauroit entendre cela sans ennui, sans mourir d'ennui. L'ennui est plus difficile à supporter que la douleur. On dit, L'ennui de la vie, pour, Le dégoût de la vie.

Il signifie aussi, généralement, Fâcherie, chagrin, déplaisir, souci. Un homme accablé d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mortels ennuis. Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. Cela sert à adoucir les ennuis, à charmer les ennuis.

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Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

ENNUI (Page 1:647)
ENNUI signifie encore, Inquiétude, chagrin, déplaisir, souci; et, dans ce sens, il s'emploie souvent au pluriel. Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. L'ennui de l'absence. Un homme accablé d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mortels ennuis. Cela sert à adoucir les ennuis, à charmer les ennuis.

ENNUI. s. m. (Page 1:647)
ENNUI. s. m. (La première syllabe est nasale dans ce mot et dans ses dérivés.) Lassitude, langueur, fatigue d'esprit, causée par une chose dépourvue d'intérêt, monotone, déplaisante ou trop prolongée. Éprouver de l'ennui. Donner, causer de l'ennui. Un ennui mortel. On ne saurait entendre cette lecture sans ennui, sans mourir d'ennui. Je crus que je périrais d'ennui.

Il se dit aussi, particulièrement, de Cet abattement de l'esprit qui fait qu'on est las de tout, qu'on ne trouve de plaisir à rien. L'oisiveté engendre l'ennui. Être accablé d'ennui. Tomber dans un ennui profond. L'ennui est quelquefois plus difficile à supporter que la douleur.

L'ennui de la vie, Le dégoût de la vie.

ENNUI signifie encore, Inquiétude, chagrin, déplaisir, souci; et, dans ce sens, il s'emploie souvent au pluriel. Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. L'ennui de l'absence. Un homme accablé d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mortels ennuis. Cela sert à adoucir les ennuis, à charmer les ennuis.

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Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5)

ENNUI. (Page 1:466)
ENNUI. n. m. Lassitude d'esprit, langueur, dépression causée par une occupation dépourvue d'intérêt, monotone, déplaisante ou trop prolongée, ou par le désoeuvrement. Éprouver de l'ennui. Donner, causer de l'ennui. Un ennui mortel. Un spectacle qui engendre l'ennui. On ne saurait entendre cette lecture sans ennui, sans mourir d'ennui. Cet ouvrage distille l'ennui.

Il se dit particulièrement de la Lassitude morale qui fait qu'on ne prend d'intérêt, qu'on ne trouve de plaisir à rien. Être accablé d'ennui. Tomber dans un ennui profond. La maladie de l'ennui.

L'ennui de vivre, Le dégoût de la vie.

Il signifie encore Contrariété, souci; et dans ce sens, il s'emploie souvent au pluriel, Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. L'ennui de l'absence. Un homme accablé d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mortels ennuis. Des ennuis d'argent.


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