Dictionnaires d'autrefois
Dictionnaires des 17ème, 18ème, 19ème et 20ème siècles

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Il y a 9 entrées dans Nicot, Thresor de la langue française (1606) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762) (Go), Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5) (Go)

Nicot, Thresor de la langue française (1606)

orgueil (Page 447)
Orgueil, Fastus, Ferocitas, Sublatio animi, Superbia. Semble venir de orgilos, Iracundus.

Orgueil est logé, ou se tient és sourcils, Superbia in superciliis sedem habet.

Sans orgueil, Humiliter, Submisse.

Un orgueil, c'est un billot que les ouvriers mettent devant quelque grosse pierre, ou autre chose qu'ils veulent mouvoir de lieu en autre avec des leviers, Hypomochlion. Pource que ce petit billot est cause de faire desplacer une chose sans comparaison plus pesante qu'il n'est, on luy a donné le nom d'orgueil.

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Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694)

ORGUEIL (Page 159)
ORGUEIL. s. m. Vanité, presomption, opinion trop avantageuse de soy-mesme, par laquelle on se prefere aux autres. Estrange orgueil, orgueil insupportable. l'orgueil est le premier de tous les pechez. l'orgueil a precipité les Anges dans l'enfer. vit-on jamais un orgueil pareil au sien? enflé d'orgueil, bouffi d'orgueil. plein d'orgueil. je rabaisseray, je rabattray bien son orgueil. il creve d'orgueil. l'orgueil est un des sept pechez capitaux.

Orgueil, se prend quelquefois en bonne part, comme en cette phrase. Un noble orgueil, pour dire, Un sentiment noble & eslevé, qui fait qu'on ne voudroit faire aucune bassesse.

Orgueilleux, [orgueill]euse. adj. Qui a de l'orgueil. Il est insolent & orgueilleux. un esprit orgueilleux. Dieu se plaist à abbaisser les orgueilleux. il est orgueilleux de ses bons succés.

Il se dit fig. & poëtiq. De certaines choses inanimées, comme sont la mer, les flots, les montagnes. L'orgueilleux Apennin. les cimes orgueilleuses des montagnes. les flots orgueilleux.

Orgueilleusement. adv. D'une maniere orgueilleuse. Il luy répondit orgueilleusement.

Enorgueillir. v. a. Rendre orgueilleux. La faveur l'a enorgueilli.

Il est aussi n. p. S'enorgueillir de son sçavoir, de sa bonne fortune.

Enorgueilli, [enorgueill]ie. ORI

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Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762)

ORGUEIL (Page 265)
ORGUEIL se prend quelquefois en bonne part, & alors il est déterminé par une épithète, comme en cette phrase, Un noble orgueil, pour dire, Une sentiment noble & élevé, qui donne une raisonnable confiance en son propre mérite, qui porte à faire de grande choses, & qui éloigne de toute sorte de bassesse.

ORGUEIL. s.m. (Page 265)
ORGUEIL. s.m. (La finale se prononce comme celle de Deuil.) Vanité, présomption, opinion trop avantageuse de soi-même. Étrange orgueil. Orgueil insupportable. L'orgueil a précipité les Anges dans l'enfer. Vit-on jamais un orgueil pareil au sien? Être enflé d'orgueil, bouffi d'orgueil, plein d'orgueil. Je rabaisserai, je rabattrai bien son orgueil. Il crève d'orgueil. L'orgueil est un des sept péchés capitaux.

ORGUEIL se prend quelquefois en bonne part, & alors il est déterminé par une épithète, comme en cette phrase, Un noble orgueil, pour dire, Une sentiment noble & élevé, qui donne une raisonnable confiance en son propre mérite, qui porte à faire de grande choses, & qui éloigne de toute sorte de bassesse.

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Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788)

ORGUEIL (Page C034a)

ORGUEIL, ou ORGUEUIL, s. m. ORGUEILLEUX, ou ORGUEUILLEUX, EûSE, adj. et subst. ORGUEUILLEûSEMENT, adv. [pron. Or-gheuil, gheu-glieû, glieû-ze, glieû-zeman: mouillez l'l finale du 1er, et les deux ll des aûtres.] L'Ab. Du Resnel écrit orgueuil, et c'est ainsi qu'il faudrait écrire pour conformer l'ortographe à la prononciation. En prononçant ce mot et ses dérivés, on exprime le son de la diphtongue eu, qui n'est pas indiqué par la terminaison ueil. Un étranger voyant ces caractères, et suivant l'analogie de la Langue, croirait devoir prononcer orgheil, et non pas orgheuil. = L'u devant l'e n'est là que pour doner au g un son fort, qu'il n'a pas devant cette voyèle: il faut donc un autre u aprês l'e, pour exprimer la diphtongue euil.
   ORGUEUIL, est l'opinion trop avantageûse de soi-même. Orgueuil, vanité, (Synon.) L'orgueuil fait que nous nous estimons; la vanité fait que nous voulons être estimés. GIR. Synon. = Orgueuil, se prend quelquefois en bone part; mais alors il est toujours acompagné de quelque épithète avantageûse comme un noble orgueuil.
   ORGUEUILLEUX, qui a de l'orgueuil. "Il est orgueuilleux. "Esprit orgueuilleux. = Subst. "C'est un orgueuilleux. Dieu se plait à abaisser les orgueuilleux = Qui est l'éfet de l'orgueuil. "Réponse, entreprise orgueuilleûse. "Il lui répondit d'une manière orgueilleûse. Voy. SUPERBE et GLORIEUX.
   Rem. 1°. Dans le haut style, orgueuilleux aime à précéder le substantif. "Les orgueuilleux transports; l'orgueilleûse colère. = 2°. Il se dit élégamment au figuré des chôses inanimées. "Les flots orgueuilleux; l'orgueilleux Apennin. "Les cimes orgueuilleûses des montagnes.
   Superbes monumens, qui portez jusqu'aux cieux
   Du néant des humains l'orgueuilleux témoignage.
       L. Rac.
= 3°. Orgueuilleux, régit quelquefois la prép. de devant les noms et les verbes. "Rome toute orgueuilleûse encôre de la gloire de son premier Empereur. L'Ab. De Cambacérès.
   Tout orgueuilleux d'avoir par son ramage,
   Du poulaillier mérité le suffrage.
       Rousseau.
Dans le Dict. Gram. on traite de latinisme cette phrâse: orgueuilleux d'un commandement universel; mais c'est un latinisme admis par l'usage. = 4°. Quoiqu'on dise substantivement, c'est un orgueuilleux, les orgueilleux, il n'en faut pas conclûre qu'on puisse dire, cet orgueilleux, comme a dit Brébeuf.
   De là cet orgueilleux plus fier que les torrens, etc.
   ORGUEILLEUX, s. m. Petit bouton qui vient sur la paupière de l'oeuil.
   ORGUEUILLEûSEMENT, d'une manière orgueuilleûse. Répondre orgueuilleûsement.

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Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798)

ORGUEIL (Page 200)
ORGUEIL. s. m. (La finale se prononce comme celle de Deuil.) Présomption, opinion trop avantageuse de soimême. Étrange orgueil. Orgueil insupportable. Être enflé d'orgueil, bouffi d'orgueil, plein d'orgueil, Je rabaisserai, je rabattrai bien son orgueil. Il crève d'orgueil. L'orgueil est un des sept péchés capitaux.

Orcueil, se prend quelquefois en bonne part, et alors il est déterminé par une épithète, comme en cette phrase, Un noble orgueil, pour dire, Un sentiment noble et élevé, qui donne une raisonnable confiance en son propre mérite, qui porte à faire de grandes choses, et qui éloigne de toute sorte de bassesse.

On l'emploie quelquefois d'une manière elliptique. L'orgueil de sa naissance, de ses richesses, de ses belles actions, pour dire, L'orgueil que lui inspire sa naissance, etc.

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Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

ORGUEIL (Page 2:314)
ORGUEIL se prend aussi quelquefois en bonne part; et alors il signifie, Un sentiment noble et élevé, qui donne une raisonnable confiance en son propre mérite, qui porte à faire de grandes choses, et qui éloigne de toute sorte de bassesse. J'ai l'orgueil de croire que je ne suis pas indigne de votre amitié, de votre estime, que je ne suis pas incapable d'imiter cette action généreuse. Un noble orgueil convient au mérite indigent que l'on veut rabaisser. Un légitime orgueil.

ORGUEIL. s. m. (Page 2:314)
ORGUEIL. s. m. (La finale se prononce comme celle de Deuil.) Présomption, opinion trop avantageuse de soi-même. Étrange orgueil. Orgueil insupportable. Être enflé, bouffi, plein d'orgueil. Je rabaisserai, je rabattrai bien son orgueil. Il crève d'orgueil. Il a un grand fonds d'orgueil. Il a l'orgueil de se comparer à son maître. On a flatté, on a nourri son orgueil. Déguiser, dissimuler, cacher son orgueil. Avoir des mouvements d'orgueil. Agir, parler avec orgueil. Il est sans orgueil. L'orgueil perçait à travers son apparente modestie. On l'emploie quelquefois d'une manière elliptique, comme dans ces phrases, L'orgueil de sa naissance, de ses richesses, de ses belles actions, L'orgueil que lui inspire sa naissance, etc.

ORGUEIL se prend aussi quelquefois en bonne part; et alors il signifie, Un sentiment noble et élevé, qui donne une raisonnable confiance en son propre mérite, qui porte à faire de grandes choses, et qui éloigne de toute sorte de bassesse. J'ai l'orgueil de croire que je ne suis pas indigne de votre amitié, de votre estime, que je ne suis pas incapable d'imiter cette action généreuse. Un noble orgueil convient au mérite indigent que l'on veut rabaisser. Un légitime orgueil.

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Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5)

ORGUEIL. (Page 2:267)
ORGUEIL. (GUEIL se prononce comme DEUIL.) n. m. Excès d'estime de soi-même qui porte à se mettre au-dessus des autres. Orgueil insupportable. Orgueil insensé. Être plein, enflé, bouffi d'orgueil. Être fou d'orgueil. Rabattre l'orgueil de quelqu'un. Avoir des mouvements d'orgueil. L'orgueil perçait à travers son apparente modestie. Elliptiquement, L'orgueil de sa naissance, de ses richesses, de ses belles actions, L'orgueil que lui inspire sa naissance, etc.

Il se prend aussi quelquefois en bonne part et alors il désigne un Sentiment noble et élevé, une légitime fierté qui éloigne de toute sorte de bassesse. J'ai l'orgueil de croire que je ne suis pas indigne de votre estime.

Être l'orgueil de, faire l'orgueil de, Être le sujet d'une fierté légitime. Par ses beaux succès, ce jeune homme fait l'orgueil de sa famille.


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