ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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contre les phylacteres, on se servoit il n'y a pas longtems dans les pays catholiques, d'ensalmes ou formules tirées des livres sacrés pour empêcher les fascinations. On peut voir sur les formules l'opusculum primum de incantationibus seu ensalmis, d'Emmanuel de Valle de Moura docteur en théologie & inquisiteur portugais; livre rare, où entr'autres choses plaisantes, de ce que l'auteur compare les Juifs à des ronces qui se piquent elles - mêmes, il conclut qu'il faut les brûler.

La fascination est le plus universel de tous les maux, & l'on peut bien dire que ce monde est enchanté; non pas dans le sens de Beker, mais parce que les hommes séduits par leurs passions & leur imagination, font entr'eux un commerce perpétuel d'erreurs.

Jules - César Vanini, fameux athée brûlé à Toulouse, a cru sans doute que son système le menoit à nier qu'un homme sain pût en fasciner un autre, il credere e cortesia, dit - il, parce qu'il pense qu'il faudroit attribuer cet effet à la magie. Or l'existence des démons ne lui est connue que par la révélation; il la combat même sous les noms de Cardan & de Pomponace; d'ailleurs, il ne veut pas que les démons ayent du pouvoir sur des enfans exempts de péché: il aime donc mieux avoir recours à des facultés naturelles, mais il n'est pas heureux dans ses explications. Il pense que quand une sorciere se livre à des mouvemens de colere, de haine, ou d'envie, le desir de nuire formé dans son imagination, excite les esprits & leur donne une teinte de couleur triste, ce qu'il prouve parce que le sang devient livide, (tristi illa nocendi specie, quoe in illius imaginativâ residet, commoventur spiritus, imò & moestum induunt colorem, nam sanguis fit lividus. De admirandis naturae reginae, deaeque mortalium arcanis, dialog. 59. p. 73.) les esprits ramassent une matiere pernicieuse, qu'ils dardent par les yeux de la sorciere. En conséquence de cette hypothèse, Vanini assûre très - sérieusement qu'il a conseillé à ceux qui craignoient la fascination, s'ils avoient honte de détourner la tête pour l'éviter, de rassembler leurs esprits vers les yeux & de les diriger contre la magicienne, dont ils choqueroient par - là & affoibliroient les esprits nuisibles. Enfin, il prétend que les coraux en pâlissant découvrent la fascination comme la fievre, & que c'est par cette raison qu'on les suspend au cou des enfans comme des préservatifs. (g)

Fascination

Fascination, s. f. (Medecine.) on appelle de ce nom l'exercice du pouvoir prétendu de ceux qui causent des maladies aux hommes, aux enfans surtout, & aux bestiaux, par l'effet de certaines paroles magiques, & même par le regard. C'est une sorte d'enchantement.

Les symptomes dominans des maladies produites par cette cause, sont la fievre hectique, le marasme, le plus souvent suivis de la mort. Les anciens mettoient la fascination au nombre des causes occultes des maladies. Voyez Medecine magique, Enchantement, Charme, Sorcelerie . (d)

FASCINES

FASCINES, s. f. (Art militaire.) ce sont dans la guerre des siéges, des especes de fagots faits de menus branchages, dont on se sert pour former des tranchées & des logemens, & pour le comblement du fossé. Voyez la Pl. XIII. de Fortification.

Les fascines ont environ six piés de longueur, & huit pouces de diametre, c'est - à - dire environ 24 pouces de circonférence; elles ont deux liens placés à - peu - près à un pié de distance des extrémités.

Trois ou quatre jours avant l'ouverture de la tranchée, lorsque les troupes ont achevé de camper & de se munir de fourrage, on commande à chaque bataillon & à chaque escadron de l'armée, de faire un certain nombre de fascines, qui est ordinairement de deux ou trois mille par bataillon, & de douze ou quinze cents par escadron.

Les fascînes sont des ouvrages de corvée, c'est - à - dire qui ne sont point payés aux troupes. Tous les corps de l'armée en font des amas à la tête de leur camp, & ils y posent des sentinelles, pour veiller à ce qu'elles ne soient point enlevées.

On fait usage des fascines en les couchant horisontalement selon leur longueur; c'est pourquoi on ne dit point planter des fascines, mais poser des fascines, ou jetter des fascines, parce qu'on les jette dans les fossés pour les combler.

On employe encore des fascines dans la construction des batteries & la réparation des breches après un siége: mais ces fascines sont beaucoup plus longues que les autres, ayant depuis dix piés jusqu'à douze. Voyez Saucissons, Batteries & Epaulement . (Q)

Fascine goudronnée

Fascine goudronnée, est une fascine trempée dans de la poix, ou du goudron. On s'en sert dans la guerre des siéges, pour brûler les logemens & les autres ouvrages de l'ennemi. (Q)

Fascine

Fascine, (Jard.) Voyez Clayonage.

FASCINUS

* FASCINUS, s. m. divinité adorée chez les Romains. Ils en suspendoient l'image au cou de leurs petits enfans, pour les garantir du maléfice qu'ils appelloient fascinum. Ce dieu suspendu au cou des petits enfans, étoit représenté singulierement, sous la forme du membre viril. Le don de l'amulete préservative étoit accompagné de quelques cérémonies. Une de ces cérémonies, c'étoit de cracher trois fois sur le giron de l'enfant. Quoique le symbole du dieu Fascinus ne fût pas fort honnête, c'étoit cependant les vestales qui lui sacrifioient. On en attachoit encore la figure aux chars des triomphateurs.

FASIER

FASIER, (Marine.) on dit les voiles fasient, c'est - à - dire que le vent n'y donne pas bien, & que la ralingue vacille toûjours. (Z)

FASSEN

FASSEN, (Géog.) pays d'Afrique dans la Numidie, situé entre les deserts de Libye, le pays des Negres, & l'Egypte. Sa capitale est à 44d de longitude & 26d de latitude, selon Dapper, dont le premier méridien passe à la pointe du cap Verd. (D. J.)

FASSURE

* FASSURE, s. f. (Manuf. en soie.) partie de l'étoffe fabriquée entre l'ensuple & le peigne, sur laquelle les espolins sont rangés, quand la nature de l'étoffe en exige. On donne le même nom à cette portion de l'étoffe, lorsqu'on n'employe point d'espolins.

FASTE

FASTE, s. m. (Gram.) vient originairement du latin fasti, jours de fêtes. C'est en ce sens qu'Ovide l'entend dans son poëme intitulé les fastes. Godeau a fait sur ce modele les fastes de l'église, mais avec moins de succès, la religion des romains payens étant plus propre à la poésie que celle des chrétiens; à quoi on peut ajoûter qu'Ovide étoit un meilleur poëte que Godeau. Les fastes consulaires n'étoient que la liste des consuls. Voyez ci - après les articles Fastes (Histoire.)

Les fastes des magistrats étoient les jours où il étoit permis de plaider; & ceux auxquels on ne plaidoit pas s'appelloient nefastes, nefasti, parce qu'alors on ne pouvoit parler, fari, en justice. Ce mot nefastus en ce sens ne signifioit pas malheureux; au contraire, nefastus & nefandus furent l'attribut des jours infortunés en un autre sens, qui signifioit, jours dont on ne doit pas parler, jours dignes de l'oubli; ille & nefasto te posuit die.

Il y avoit chez les Romains d'autres fastes encore, fasti urbis, fasti rustici; c'étoit un calendrier à l'usage de la ville & de la campagne.

On a toûjours cherché dans ces jours de solennité à étaler quelque appareil dans ses vêtemens, dans sa suite, dans ses festins. Cet appareil étalé dans d'autres jours s'est appellé faste. Il n'exprime que la magnificence dans ceux qui par leur état doivent représenter; il exprime la vanité dans les autres. Quoi<pb->

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