ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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"652"> soient aussi uniformes qu'on le croit. 7°. Il conjecture d'un autre côté que ce que nous regardons souvent comme des irrégularités hors du cours établi de la nature, se trouveroient peut - être, si on observoit exactement, des phénomenes réglés qui ont leur retour après de grands intervalles. Mais parce que les hommes n'ont ni assez d'habileté ni assez de curiosité pour les observer, & qu'ils ne vivent pas assez longtems pour faire un assez grand nombre d'observations sur ces phénomenes rares, ils en concluent trop promptement que ce sont des irrégularités, qui ne doivent leur origine à aucune cause fixe & durable. Tout cela paroît fort censé. (D. J.)

Qualité (Page 13:652)

Qualité, (Jurisprud.) est un titre personnel qui rend habile à exercer quelque droit.

Pour intenter une action, il faut avoir qualité, c'est - à - dire avoir droit de le faire.

On prend qualité dans une succession en se portant héritier ou légataire, ou donataire ou douairier.

Il y a des qualités qui sont incompatibles entre elles, comme celles d'héritier & de légataire dans la coutume de Paris. Voyez Héritier.

Qualités d'une sentence ou d'un arrêt, sont les noms des parties plaidantes avec leurs demandes & défenses que l'on énonce avant le vû & le dispositif du jugement.

Le procureur qui veut lever un jugement d'audience, fait signifier à son confrere des qualités; si celui auquel il les signifie y trouve quelque chose à réformer, il peut former opposition aux qualités, & alors on plaide sur cet incident avant que le greffier expédie le jugement. Voyez Arrêt, Sentence, Greffier, Dispositif . (A)

Qualité (Page 13:652)

Qualité, en terme de Commerce; se dit de la nature bonne ou mauvaise d'une marchandise, ou de la perfection ou du défaut d'une étoffe. Ce vin, cette étoffe, ce drap sont d'une excellente qualité, ou ne sont pas d'une bonne qualité. Dict. de commerce.

Qualité (Page 13:652)

Qualité, signifie encore ce qui distingue une chose d'avec une autre, parce qu'elles ne sont pas de même nature, ou qu'elles ont quelque apprêt qui les différencie; comme l'or, l'argent, ou les autres métaux en lingots ne sont pas réputés de même qualité, ni entre eux, ni avec les mêmes métaux ouvrés. Id. ibid.

QUAM (Page 13:652)

QUAM, s. m. (Hist. nat.) oiseau du Mexique & de la nouvelle Espagne; il est de la grosseur d'un coq d'Inde, dont il a le bec. Son plumage est d'un brun noirâtre; il vit dans les bois, & sa chair est très - bonne à manger.

QUAMDIU se bene gesserit (Page 13:652)

QUAMDIU se bene gesserit, terme de Jurisprudence angloise; clause ordinaire dans les lettres patentes, ou les concessions d'offices, qui en assure la possession à l'impétrant, tant qu'il ne s'en rendra pas indigne par quelque prévarication. Voy. Office.

Cette clause, par exemple, est exprimée dans les lettres que le roi d'Angleterre donne aux barons de l'échiquier: elles portent expressément qu'ils jouiront de leur office aussi long - tems qu'ils se conduiront bien, ce qui s'entend simplement des devoirs de leur charge, & ne signifie autre chose, sinon qu'elle leur est donnée pour la vie, s'ils continuent jusqu'à la fin de s'en bien acquitter.

Ainsi pour l'ordinaire, une concession où se trouve cette clause est une concession à vie.

QUAMOCLIT (Page 13:652)

QUAMOCLIT, s. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante à fleur monopétale, en forme d'entonnoir & profondément découpée; le pistil sort du calice; il est attaché comme un clou à la partie inférieure de la fleur, & il devient dans la suite un fruit arrondi qui renferme des semences le plus souvent oblongues. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Tournefort compte sept especes de ce genre de plantes, qui sont toutes américaines, & qui ne diffe<cb-> rent du liseron que par la figure de la fleur, qui est un tuyau évasé en entonnoir à pavillon découpé en plusieurs quartiers; quand cette fleur est passée il lui succede un fruit oblong, qui renferme quatre semences oblongues, dures, noires, & du goût du poivre. Cette plante monte, & se soutient comme le liseron autour des perches ou des autres plantes voisines, jettant des rameaux d'un rouge obscur; ses feuilles sont assez larges, découpées, menues & disposées en ailes. On cultive cette plante dans les jardins pour l'ornement; elle rend du lait, & n'a point d'usage en médecine. (D. J.)

QUAND, LORSQUE (Page 13:652)

QUAND, LORSQUE, (Synonymes.) ce sont deux mots de l'ordre de ceux que la Grammaire nomme conjonctions, établis pour marquer de certaines dépendances & circonstances dans les événemens qu'ils joignent. Mais quand paroît plus propre pour marquer la circonstance du tems, & lorsque semble mieux convenir pour marquer celle de l'occasion. Ainsi, M. l'abbé Girard estime qu'on devroit dire, il faut travailler quand on est jeune; il faut être docile lorsqu'on nous reprend à propos. On ne fait jamais tant de folies que quand on aime; on se fait aimer d'ordinaire lorsqu'on cherche véritablement à plaire. Le chanoine va à l'église quand la cloche l'avertit d'y aller; il fait son devoir lorsqu'il assiste aux offices. (D. J.)

QUANDROS (Page 13:652)

QUANDROS, s. m. (Hist. nat.) nom donné par quelques auteurs à une pierre qui se trouve, dit - on, dans la tête du vautour, & à laquelle on attribue un grand nombre de vertus fabuleuses & absurdes.

QUANG - CHEU (Page 13:652)

QUANG - CHEU, (Géogr. mod.) quelques missionnaires jésuites écrivent Canton, d'autres Quanton, & d'autres Quangtung; grande ville de la Chine, capitale de la province de Quanton, avec un port. Elle est dans un pays fertile, sur la riviere de Ta, & compte quinze autres villes dans son département. Les lettres édifiantes vous en donneront de grands détails. Je n'ose vous assurer qu'ils soient vrais. Long. 130. 43. lat. 23. 8.

QUANG - SI (Page 13:652)

QUANG - SI, (Géogr. mod.) province de la Chine dans sa partie méridionale. Elle est bornée au nord par la province de Quiechen & d'Huquiang; est par la province d'Huquiang & celle de Quanton; sud par la même & par le Tonquin; ouest par la province d'Iunnan. Elle est arrosée d'un grand nombre de rivieres qui la rendent fertile. Elle appartient en partie au Tunquin, & comprend onze cités. Longit. de Quiechu, capitale de cette province, 127. 16. lat. 25. 54. (D. J.)

QUANIE (Page 13:652)

QUANIE, s. f. (Lang. franç.) vieux mot qui veut dire chemise, habit de chambre.

Femme est plus couste, & plus mignote, En sa quanie qu'en sa cotte; La quanie qui est blanche Senefie que douce & franche Etoit celle qui la vestoit. Roman de la Rose. Borel. (D. J.)

QUANO ou KUWANA (Page 13:652)

QUANO ou KUWANA, (Géogr. mod.) grande ville du Japon, & la premiere de la province d'Owari. Elle est située sur une baie spacieuse de la mer du Midi, & est composée de trois différentes parties, qui sont comme autant de villes. Kaempfer, Histoire du Japon, liv. V. ch. x.

QUANT, POUR (Page 13:652)

QUANT, POUR, (Synonymes.) ces deux mots sont très - synonymes. Pour paroit cependant avoir meilleure grace dans le discours lorsqu'il s'agit de la personne ou de la chose qui régit le verbe suivant. Quant semble y mieux figurer, lorsqu'il s'agit de ce qui est régi par le verbe. On peut donc dire: pour moi je ne me mêle d'aucune affaire étrangere; quant à moi tout m'est indifférent.

La religion des personnes éclairées consiste dans [p. 653] une morale pure, & dans une conduite vertueuie. Pour celle du peuple, elle consiste dans une crédulité aveugle, & dans les pratiques extérieures, autorisées par l'éducation & affermie par l'habitude. Quant à celle des gens d'église, on ne la connoîtra bien que quand on en aura séparé les intérêts temporels. L'abbé Girard. (D. J.)

QUANTIEME (Page 13:653)

QUANTIEME, s. m. (Gramm.) il se dit du mois, de la lune; c'en est le jour. Ainsi demander le quantieme du mois, c'est demander à quel jour on en est; ainsi de la lune.

QUANTITE (Page 13:653)

QUANTITE, s. f. (Philosophie.) se dit de tout ce qui est susceptible de mesure, ou qui comparé avec chose de même espece peut être dit ou plus grand ou plus petit, ou égal ou inégal. Voyez Mesure & Grandeur.

Les Mathématiques sont la science de la quantité. Voyez Mathematiques & Grandeurs.

La quantité est un attribut général qui s'applique à différentes choses dans des sens tout - à - fait différens; ce qui fait qu'il est très - difficile d'en donner une définition exacte.

La quantité s'applique également & aux choses & aux modes; & cela au singulier, quand elle ne s'applique qu'à un, ou au pluriel, quand elle s'applique à plusieurs. Dans le premier cas elle s'appelle grandeur, dans l'autre multitude. Voyez Grandeur, &c.

Plusieurs philosophes définissent en général la quantité la différence interne des choses semblables, ou ce en quoi les semblables peuvent différer, sans que leur ressemblance en souffre.

Les anciens faisoient de la quantité un genre, sous lequel ils renfermoient deux especes, le nombre & la grandeur. Ils nommoient le nombre quantité discrete, parce que ses parties sont actuellement discretes ou séparées, & qu'en prenant une de ces parties pour une unité, elle est actuellement déterminée. La grandeur au contraire portoit le nom de quantité continue, parce que ses parties ne sont pas actuellement séparées, & qu'on peut diviser en différentes manieres le tout qu'elle compose. Les mathématiciens modernes, en adoptant ces notions, ont remarqué de plus que le nombre & les grandeurs avoient une propriété commune, savoir de souffuir augmentation ou diminution; ainsi ils ont défini en général la quantité, ce qui peut être augmenté ou diminué.

La quantité existe dans tout être fini, & s'exprime par un nombre indéterminé, mais elle ne peut être connue & comprise que par voie de comparaison, & en la rapportant à une autre quantité homogene.

Nous nous représentons, par une notion abstraite, la quantité comme une substance, & les accroissemens ou diminutions comme des modifications, mais il n'y a rien de réel dans cette notion. La quantité n'est point un sujet susceptible de diverses déterminations, les unes constantes, les autres variables, ce qui caractérise les substances. Il faut à la quantité un sujet dans lequel elle réside, & hors duquel elle n'est qu'une pure abstraction.

Toute quantité qui ne sauroit être assignée, passe pour zéro dans la pratique commune; & dans celle des Mathématiciens, les nombres servent à faire comprendre distinctement les quantités. Elles peuvent aussi être représentées par des lignes droites, & leurs relations mutuelles se représentent par les relations de ces lignes droites.

Nous venons de dire que toute quantité inassignable passe pour zéro dans l'usage commun. Ainsi la division des poids, des mesures, des monnoies, va jusqu'à certaines bornes, au - delà desquelles on néglige ce qui reste, comme s'il n'étoit point; c'est ainsi que le gros va jusqu'aux grains, le pié jusqu'aux lignes ou aux points, &c.

Pour les Mathématiciens, sans parler des pratiques du toisé, de l'arpentage, de l'architecture, &c. qui sont analogues aux mesures communes, il suffit de faire attention aux opérations des Astronomes. Non - seulement ils divisent les instrumens dont ils se servent pour leurs observations jusqu'à un terme fixe, ne tenant point compte de ce qui est au - dessous, mais encere leur calcul est rempli de pareilles suppositions; dans l'astronomie sphérique, par exemple, ils comptent le demi - diametre de la terre, comparé à la différence des étoiles fixes, pour zéro, & supposent l'oeil de l'observateur placé au centre de la terre quoiqu'il soit à la superficie. Le même demi - diametre de la terre ne se compte pas non - plus en Gnomonique, eu égard à la distance du soleil, & il ne résulte de cette omission aucune erreur sensible dans la construction des cadrans solaires. M. Formey.

La quantité peut être réduite à quatre classes, savoir;

La quantité morale qui dépend d'usages & de déterminations arbitraires, comme le poids & la valeur des choses, les degrés de dignité & de pouvoir, les récompenses & les châtimens, &c.

La quantité intellectuelle, qui a sa source & sa détermination dans l'entendement seul; comme le plus ou le moins d'etendue dans l'esprit ou dans ses conceptions; en logique les universaux, les prédicamens, &c.

La quantité physique ou naturelle est de deux sortes; 1°. celle de la matiere même & de son étendue, voyez Corps, Matiere, Etendue ; 2°. celle des facultés & des propriétés des corps naturels, comme la pesanteur, le mouvement, la lumiere, la chaleur, le froid, la rareté, la densité, &c. Voyez Mouvement, Pesanteur, &c.

On distingue aussi communément la quantité en continue & discrete.

La quantité continue est de deux sortes, la successive & impropre qui est le tems. Voyez Tems.

Et la permanente ou propre qui est l'espace. Voyez Espace.

Quelques philosophes veulent que l'idée de la quantité continue & la distinction qu'on en fait d'avec la quantité directe ne sont fondees sur rien. M. Machin regarde cette quantité mathématique, ou ce qui est la même chose, toute quantité qui s'exprime par un symbole, comme n'étant autre chose que le nombre par rapport à quelque mesure considérée comme unité; car ce n'est que par le nombre que nous pouvons concevoir la mesure d'une chose. La notion d'une quantité, sans égard à aucune mesure, n'est qu'une idée confuse & indéterminée; & quoiqu'il y ait quelques - unes de ces quantités, qui considérées physiquement, peuvent être décrites par le mouvement, comme les lignes par le mouvement des points, & les surfaces par les mouvemens des lignes; cependant, dit M. Machin, les grandeurs ou quantités mathématiques ne se déterminent point par le mouvement, mais par le nombre relatif à quelque mesure. Voyez philos. Trans. n°. 447. pag. 228.

La quantité permanente se distingue encore en longueur, largeur, & profondeur. Voyez Ligne, Surface & Solide.

M. Wolf nous donne une autre notion des quantités mathématiques & de la division qu'on en fait en discrete & continue. Tout ce qui se rapporte, ditil, à l'unité, comme une ligne droite ou une autre ligne, est ce que nous appellons quantité ou nombre en général. Voyez Nombre.

Ce qui se rapporte à une unité donnée, comme 2 ou 3, &c. s'appelle nombre determiné; ce qui se rapporte à l'unité en général s'appelle quantité, laquelle n'est en ce cas autre chose qu'un nombre.

Ainsi, par exemple, la largeur d'une riviere est une quantité: mais veut - on savoir combien elle est large pour se former une idée distincte de cette quan -

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