ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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cenaux. Cependant plusieurs auteurs militaires prétendent qu'on pourroit encore s'en servir utilement.

Le pierrier est aussi une maniere de mortier avec lequel on jette des pierres dans un retranchement ou autre ouvrage. Il se charge comme le mortier ordinaire, & les pierres ou cailloux se mettent dans un panier à la place de la bombe.

On voit dans la Pl. VIII. de fortification, figure 3, un pierrier, dont les principales parties sont: A, les tourillons; B, le mufle avec la lumiere sur la culasse; C, le renfort avec ses moulures; D, le ventre; E, plate - bande du renfort de volée avec les moulures; FF, les cercles ou renforts sur la volée; G, le bourlet; H, la bouche ou l'embouchure; I, l'anse.

L'anse de ce mortier est ce qui est ponctué depuis le bourlet jusqu'au bas du ventre, & la chambre est l'espace ponctué entre le ventre de la lumiere. Voyez Ame & chambre.

Le pierrier ou mortier pierrier (car on lui donne aussi ce nom) pese ordinairement 1000 livres; sa portée la plus longue est de 150 toises, chargé de deux livres de poudre: il a 15 pouces de diametre à sa bouche, & 2 piés 7 pouces de hauteur.

La profondeur de sa chambre, évasée par le haut, sans y comprendre l'entrée où se met le tampon, est de 8 pouces.

Les tourillons ont 5 pouces de diametre. La chambre doit entrer d'un pouce dans les tourillons. L'épaisseur du métal au droit de la chambre a 3 pouces; l'épaisseur du ventre 2; & le long de la volée un pouce & demi. L'angle se place au ventre. Le mufle ou masque sert de bassinet à la lumiere.

On charge le pierrier de la même maniere que le motier, c'est - à - dire, qu'on y met d'abord la quantité de poudre dont la chambre doit être remplie. On recouvre cette poudre de foin & de terre qu'on refoule avec la demoiselle; après quoi on jette ou on pose dessus une quantité de pierres & de cailloux. L'effet du pierrier est très - grand. L'espece de grèle de cailloux qu'il produit fait beaucoup de desordre & de ravages. Pour qu'il réussisse parfaitement, il faut qu'il ne soit éloigné que d'environ 150 pas de l'endroit où l'on veut faire tomber les pierres dor t il est chargé. On mêle quelquefois des bombes & des grenades avec ces pierres, & l'effet en est encore plus grand. (Q)

PIERROT

PIERROT, voyez Moineau.

PIERUS

PIERUS, (Géog. anc.) 1°. montagne de la Thessalie, selon Pline, l. IV. c. viij. Pausanias, l. IX. c. xxix. la place dans la Macédoine, & dit qu'elle tiroit son nom de Pierus, qui y établit le culte des muses sous le nom de Piérides.

2°. Pierus est aussi le nom d'un fleuve de l'Achaïe propre; il traversoit, dit Pausanias, l. VII. c. xxij. le territoire de la ville Phar. Strabon, l. VIII. p. 342. qui écrit Peirus, dit qu'on nommoit aussi ce fleuve Theuthéas, & qu'il se jettoit dans l'Achéloüs. (D. J.)

PIESMA

PIESMA, s, m. (Mat. méd. des anciens.) PIESMA, de PIE/ZW, je presse; ce terme grec désigne le marc ou le résidu qui reste après qu'on a exprimé la partie fluide de quelque substance solide, comme des fruits, des amandes, &c. Ainsi, dans l'expression des huiles, le tourteau, ou ce qui reste dans le sac est appellé piesma, & c'est dans ce sens qu'Hippocrate l'emploie; cependant Dioscoride, parlant des baies de laurier, appelle leur suc exprimé, piesma laurinum; & c'est aussi dans le même sens que Galien emploie ce mot.

PIÉTÉ

PIÉTÉ, DÉVOTION, RELIGION, (Synon.) le mot de religion dans un sens, en tant qu'il marque une disposition de coeur à l'égard de nos devoirs envers Dieu, est seulement synonyme avec les deux autres mots; la piété fait qu'on s'en acquitte avec plus de respect & plus de zèle; la dévotion y porte un extériur plus composé.

C'est assez pour une personne du monde d'avoir de la religion; la piété convient aux personnes qui se piquent de vertu; la dévotion est le partage des gens entierement retirés.

La religion est plus dans le coeur qu'elle ne paroît au - dehors. La piété est dans le coeur, & paroît au dehors. La dévotion paroît quelquefois au - dehors sans être dansle coeur. Girard.

Piété

Piété, promesse faite à la, (Théologie.) S. Paul dit en termes exprès I. Thimoth. iv. 8. « que la piété a les promesses de la vie présente, comme de celle qui est à venir »: Pour avoir des justes idées de ce que cet apôtre a voulu dire, il convient de 1. déterminer quelles sont les promesses dont il parle. 2. concilier son assertion avec l'expérience.

I. Sur le premier article, il faut observer d'abord qu'il s'agit de promesses proprement dites, de déclarations formelles émanées de Dieu. Le tour des expressions de S. Paul ne permet guere d'en douter. Il parle des promesses de la vie à venir, & l'on ne peut contester qu'il n'entende paslà l'engagement que Dieu a pris par des promesses expresses de rendre les gens de bien heureux dans la vie à venir. On doit par les promesses de la vie présente, entendre aussi des déclarations précises en forme d'engagement, qui regardent la vie présente, & qui promettent des avantages dans l'économie du tems.

Ce n'est pas tout - à - fait prouver la thèse de S. Paul, que de faire valoir les avantages que la piété est capable de procurer, à la considerer en elle - même & dans sa nature; il semble que l'apôtre parle encore de promesses temporelles, différentes même des biens de la grace. Seroit - il ici question de tout ce qui peut rendre l'homme heureux dans ce monde? mais l'expérience démentiroit la décision de S. Paul, à la prendre en ce sens. On pourroit dire, pour mieux expliquer les paroles de l'apôtre, qu'il portoit ses vues: 1°. Sur les promesses faites à la piété dans l'ancien Testament, non sur toutes, mais sur celles qui regardent les fideles, en tant que tels en particulier. 2°. Sur les promesses faites dans l'évangile, par lesquelles celles de l'ancienne économie ont été confirmées.

Il ne s'agit pas, dans ces promesses, de grandeurs, de richesses, & d'autres biens de cet ordre; c'est ce que Dieu n'a promis ni sous la loi, ni sous l'Evangile. Les promesses dont il s'agit sont celles par lesquelles Dieu se propose de protéger les fideles, de pourvoir à leurs besoins, & de les soutenir dans les traverses de la vie. C'est ce que S. Paul indique lui - même dans le v. 10. où il dit que Dieu est le conservateur de tous les hommes, mais principalement des fideles. Ce qui prouve encore que sa pensée ne porte que sur cette protection spéciale, sur laquelle les gens de bien peuvent compter, c'est qu'on voit regner le même principe en d'autres endroits de ses écrits. Philipp. c. iv. v. 6. « Ne soyez en inquiétude de rien; mais en toutes choses, présentez à Dieu vos demandes par des prieres & des supplications, avec action de grace. Hebr. c. xiij. v. 5. 6. Que vos moeurs soient sans avarice, étant contens de ce que vous possédez présentement; car Dieu lui - même a dit: je ne te délaisserai point, & ne t'abandonnerai point: tellement que nous pouvons dire avec assurance: le seigneur est mon aide, ainsi je ne craindrai point ce que l'homme me pourroit faire ». Il est évident que dans ce dernier passage S. Paul veut que les chrétiens envisagent les promesses de l'ancien Testament, qu'il cite comme des promesses qui le regardent directement. Le Sauveur lui - même (S. Matth. c. vj. v. 25. 34.) veut que ses disciples n'attendent de Dieu que sa protection, & les choses

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