ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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AIGUILLES (Page 1:207)

AIGUILLES d'ensuple. Les aiguilles d'ensuple ne sont autre chose que des pointes d'aiguilles ordinaires qu'en casse pour l'usage qui suit. Dans les Manufactures d'ouvrages en soie, si vous appuyez votre main sur l'ensuple de devant des métiers à velours ciselés & à petits velours, vous vous sentirez piqué d'une multitude de petites pointes. Ce sont des bouts d'aiguilles cassées qui sont fichés dans l'ensuple, la partie aiguë en haut. Ils sont placés sur quae bandes différentes, & il y en a trois rangées sur chaque bande. Ils debordent au - dessus de la surface de l'ensuple d'une ligne ou environ. Leur usage est d'arrêter les velours ciselés & les petits velours à mesure qu'on les fabrique, & de contribuer en même tems à la tension qui convient à la chaîne. Les ensuples des velours unis ont été très - longtéms garnies de bouts d'aiguilles, ainsi que les ensuples des velours ciselés, & celles des petits velours qu'on appelle communément velours de Hollande. Mais on conçoit facilement que ces petites pointes passant à travers l'étoffe, la percent d'une infinité de trous, & que l'étoffe étant tendue & tirée, ces petits trous sont encore aggrandis par cette action. Aussi l'ouvrage regardé au jour au sortir de dessus l'ensuple, en paroît - il criblé: on conçoit encore que ce doit être un inconvénient considérable pour des fabriquans qui se piquent de mettre dans leurs ouvrages la derniere perfection. On a beaucoup cherché le moyen d'y remédier, & l'on désespéroit presque de le découvrir, lorsqu'on inventa l'entaage. Il n'y a point d'embarra pour les étoffes qui peuvent être roulées fortement sur elles - mêmes sans se gâter. Mais il n'en est pas ainsi des velours. Si on les rouloit fortement; dès le commencement du second tour, l'envers se trouveroit appliqué & serré sur le poil qui en seroit écrasé. Voilà ce qui a fait imaginer les aiguilles. Elles tiennent l'ouvrage également tendu dans toute sa largeur; mais élles le piquent, & ne satisfont qu'à la moitié de ce qu'on souhaite. De quoi s'agissoit - il donc, quand on cherchoit l'entacage? Dé trouver une machine qui se placât & se déplaçât en peu de tems, & qui tint l'ouvrage tendu également dans sa longueur & sa largeur, sans le pi<pb-> [p. 208] quer en dessous & sans le froisser en dessus. Il n'y a que la seconde partie de ce probleme qui soit résolue par l'entacage, car il faut trop de tems pour entaquer & desantaquer. C'est par cette raison principalement qu'on ne s'en sert point dans les ouvrages où la fassure, c'est - à - dire la plus grande quantité d'étoffe que l'ouvrier puisse fabriquer sans tourner l'ensuple & sans enrouler, est très - petite; c'est le cas des velours ciselés & des petits velours. La tire fatigueroit trop la chaîne, si la fassure étoit longue dans les velours ciselés; d'ailleurs comme ce genre d'étoffe est très - fourni, les piquûres des aiguilles n'y font pas grand dommage. Dans les petits velours la chaine est trop fine, pour que la fassure puisse être longue. Il faut donc dans ces deux sortes de velours, tourner fréquemment, & par conséquent s'en tenir aux aiguilles, quoiqu'elles doivent rendre le travail des petits velours fort délicat. L'entacage n'a donc chassé les pointes que de l'ensuple des velours unis, dont l'ouvrier ne fabriquant qu'environ deux fassures par jour, ne desantaque qu'une fois ou deux. Reste donc un beau problème à proposer aux Méchaniciens, & surtout à l'habile Académicien M. de Vaucanson, à qui ces objets sont si connus, & qui s'est déja immortalisé par tant de machines délicates. Ce problème consiste à trouver une machine appliquable à tout genre d'étoffe en général, qui ne la pique point en dessous, qui ne la froisse point en dessus, & qui soit telle encore que l'ouvrie puisse changer souvent de fassure sans perdre beaucoup de tems. Ceux qui chercheront cette machine, trouveront plus de difficulté à la trouver qu'elle n'en présente d'abord.

Aiguilles (Page 1:208)

Aiguilles à Brodeur. Les Brodeurs ont trois sortes d'aiguilles au moins; les aiguilles à passer, les aiguilles à soie, & les aiguilles à frisure, L'aiguille à passer l'or & l'argent differe de l'aiguille à coudre en ce qu'elle a le trou oblong, au lieu que celle à Tailleur ou à coudre l'a quarré. Comme il faut effiler l'or pour enfiler cette aiguille, & que quand l'or est effile il ne reste plus qu une soie plate, il etoit nécessaire que l'aiguille à passer eût l'oeil oblong. L'aiguille à soie est plus menue que l'aiguille à passer, & son oeil est aussi très - oblong. L'aiguille à frisure s'enfilant d'une soie extremement fine, est encore plus petite que l'aiguille à soie, & a l'oeil encore plus oblong: son oeil estune petite fente imperceptible. L'aiguille à enlever s'enfile de ficelle ou de fil, & a le cul rond comme celle du Tailleur. Outre les noms que nous venons de donner à ces aiguilles, celle à enlever s'appelle encore aiguille à lisiere; & celle à frisure, aiguille à bouillon.

Les aiguilles à faire le point sont comme les aiguilles à passer, mais extrèmement menues.

Les aiguilles à tapisserie sont grosses, fortes, & ont l'oeil extrèmement large & long, sur - tout quand elles sont à tapisserie en laine.

Aiguilles (Page 1:208)

Aiguilles de métier à bas ou de Bonnetier. Ces aiguilles sont plates par un bout, aiguës & recourbées par l'autre. La partie recourbée & aigue trouve, quand on la presse, une petite chasse pratiquée dans le corps de l'aiguille où elle peut se cacher. Voyez Planches d'Aiguillier - Bonnetier, fig. 7. 1. ost la queue de l'aiguille, 2. sa tête, 3. son bec, 4. 5. sa chasse. Voici la maniere dont on fabrique cette aiguille. On a du fil d'acier fort élastique & fort doux: comme le fil d'acier nous vient des trifileries en paquets roulés, il s'agit d'abord de le redresser: pour cet effet, on le fait passer à plusieurs reprises entre des clous d'épingles plantés perpendiculairement & à la distance convenable sur une planche où on les voit par rangées. La fig. 1. Plan. de l'Aiguiller - Bonnetier est l'engin. La planche est percée de deux trous, 1. 2. à ses extrémités, pour pouvoir être fixée par des vis, 34. 34. 34. sont les clous d'épingles fichés sur la planche. 56. est le fil d'acier passé entre ces clous d'épingles. Quand le fil d'acier est redressé, on le coupe par morceaux de la longueur que doit avoir l'aiguille. On prend chacun de ces morceaux & on les aiguise en pointe avec une lime rude; ce qui s'appelle ébaucher. On n'a que faire de dire que cette pointe formera le bec de l'aiguille. On prend l'aiguille ébauchée; on a une espece de gaufrier chaud; on insere dans ce gaufrier le bec de l'aiguille: cette manoeuvre, qu'on appelle donner le recuit, détrempe l'aiguille & la rend moins cassante. Quand elle est recuite, elle se perce à l'étau. L'étau dont on se sert pour percer l'aiguille est une machine très - ingénieuse: sa queue A, en forme de pyramide, fig. 3. s'enfonce comme celle d'un tas d'Orfevre dans un billot de bois: son corps B a un rebord a, a, a, qui empêche l'étau d'enfoncer dans le billot. Ses deux mâchoires laissent entr'elles une ouverture quarrée F, dans laquelle on place une piece quarrée G. On doit remarquer à cette piece quarrée G, qui s'appelle bille, une rainure 1. 2. assez profonde. C'est dans cette rainure qu'est reçûe l'aiguille dont on veut faire la chasse ou qu'on veut percer. Imaginez la bille G placée dans le quarré F, sa rainure tournée versl'ouverture n. Tournez la vis E; l'extrémité de cette vis appuiera sur la bille, la pressera latéralement, & l'empêchera de sortir par le côté qu'elle est entrée. La bille ne pourra pas non plus sortir par le côté du quarré F opposé à son entrée, parce qu'on l'a fait un peu plus étroit; en sorte que cette bille G entre en façon de coin dans ce quarré F. On a pratiqué l'ouverture n à la mâchoire courbe de l'étau, perpendiculairement au - dessus de la rainure 1. 2. de la bille G, & par conséquent de l'aiguille qu'il faut y supposer placée. Tournez la piece c, afin que l'aiguille qui s'insere dans la rainure par le côté opposé de la bille, ne s'y insere que d'une certaine quantité déterminée, & que toutes les aiguilles soient percées à la même distance du bec. Assemblez maintenant avec le corps de l'étau la piece H, au moyen des trois vis 1. 2. 3. qui fixent cette piece sur les deux mâchoires. Vous voyez dans le plan supérieur de cette piece H une ouverture m; que cette ouverture corresponde encore perpendiculairement à l'ouverture n & à la rainure 1. 2. de la bille G: cela supposé il est évident qu'un poinçon l, qui passeroit juste par l'ouverture m, par l'ouverture n, rencontreroit la rainure 1. 2. de la bille G, & par conséquent l'aiguille qui y est logée. Soit l'extrémité tranchante de ce poinçon, correspondante à la rainure & au milieu de l'aiguille; frappez un coup de marteau sur la tête k de ce poinçon, il est évident que son extrémité 4. tranchante, ouvrira ou plûtôt s'imprimera dans l'aiguille. C'est cette empreinte qu'on appelle chasse; & l'aiguille au sortir de cet instrument ou étau, est dite aiguille percée, quoique dans le vrai elle ne soit que creusée, & non ouverte d'outre en outre.

Cet étau est très - bon: mais il y en a un plus simple de l'invention du sieur Barat, le premier faiseur de métier à bas qu'il y ait à Paris, & qu'il y aura peut - être jamais. Voyez Planche 8. du métier à bas, fig. 1. ABCD est un étau fixé sur un établi: E est l'extrémité du poinçon. 1. 2. 3. 4. 5. 6. fig. 2. est sa partie inférieure. K, fig. 3. est la bille à laquelle on voit plusieurs rainures, afin qu'elle puisse servir à percer plusieurs sortes d'aiguilles. Fig. 4. L, est une plaque qui s'ajuste par le moyen des vis m n, dans l'endroit de la partie inférieure de l'étau chifré 5. 6. 4. 7. Imaginez donc la partie inferieure 1. 2. 3. 4. fig. 2. couverte de sa supérieure, comme on voit en A B C D, fig. 1. Imaginez la bille K, fig. 3. placée dans le quarré 8. 3. 6. 4. Imaginez la plaque L, figure 4 fixée en 5. & 7. fig. 2. par les vis m n. Ima<pb-> [p. 209] ginez la grande vis à écrou à oreille, fig. 5 passée dans l'ouverture S de la plaque, fig. 4 & dans le trou 6. du dessous de l'étau fig. 2 l'écrou de la grande vis fig. 5 se trouvera appliqué sur le milieu de la plaque qui fixera la bille dans le quarré 8. 3. 6. 4. fig. 2 l'aiguille à percer fig. 6. s'inserera en G fig. 1. dans la rainure de la bille, & ne pourra s'avancer dans cette rainure qu'autant que le lui permettra l'extrémité de la grande vis qui est percée d'un petit trou dans lequel l'extrémité de l'aiguille est reçûe. Le poinçon fig. 7. entrant exactement par l'ouverture 1. 2. recontrera avec son tranchant l'aiguille; & s'il est frappé il y formera une chasse.

On n'a qu'à choisir de ces deux machines celle qu'on voudra; elles percent les aiguilles également bien: mais la derniere est la plus simple. Quand l'aiguille est percée, on l'adoucit à la lime, & on l'applatit un peu à l'endroit de la chasse: quand elle est adoucie on la polit. Pour la polir, on l'enferme avec un grand nombre d'autres dans un morceau de treillis, & l'on procede comme pour polir l'aiguille à coudre ou à Tailleur. Voyez Aiguille à coudre ou à Tailleur. On la savonne de même; on la seche: pour la sécher, on en prend un grand nombre qu'on met avec du son & de la mie de pain dans le moulin. Le moulin est une boite ronde & cylindrique, traversée par un arbre, qui est la seule piece de cette machine qui mérite d'être considérée. Voyez fig. 8. le moulin, & fig. 6. son arbre. Cet arbre est traversé de bâtons qui servent à sasser & vanner les aiguilles, pendant que le corps du moulin tourne sur lui - même. On plie les aiguilles au sortir du moulin: on a pour cet erfet un outil appellé plioir, qu'on voit fig. 5. c'est une plaque de fer pliée en double, de maniere que les côtes AB, CD, soient bien paralleles. On insere dans le pli la pointe d'une aiguille IKL on tourne le plioir qu'on tient par la partie EFGH, qui lui sert de manche: on tient l'aiguille ferme; par ce moyen sa pointe se plie en K; & il est évident qu'une autre aiguille se pliera de la même quantité. On fait le bec ou le crochet, en saisissant avec une tenaille l'extrémité de l'aiguille, & en la contouruant comme on voit figure 7. de maniere que l'extrémité aigue puisse se cacher dans la chasse. Après que le bec est fait, on palme: palmer, c'est applati dans le plan du corps du bec sur un tas l'extrémité de l'aiguille qui doit être prite dans le plomb à aiguille. Voyez Plomb à aiguille. Enfin on les jauge, & c'est la derniere façon. On voit fig. 4. la jauge. C'est une plaque mince d'acier ou de ter, percée de trous ronds, & sendué par les bords de fentes de différentes largeurs, mais qui vont toutes jusqu'au trou. On place la tête d'une aiguille dans un de ces trous, & on la fait ensuite fortir par une des fentes: il est évident que si l'aiguille a plus de diametre que la fente, elle ne passera pas. On présente successivement la même aiguille à différentes sentes, en allant de la plus étroite à la plus large, & la fente par laquelle elle sort marque son numero ou sa grosseur.

Ces numeros commencent à 22. & continuent jusqu'à 26. inclusivement: ils reprennent à 28. il n'y a point d'aiguilles du 29. il y en a du 30. du 40. point des numeros intermédiaires: il y en a quelquefois du 25. mais rarement. Voyez à l'article Bas au métier la taison de ces numeros & de leurs sauts. Il est ordonné par le Reglement du 30. Mars 1700. que pour les ouvrages de soie chaque plomb portera trois aiguilles; & que pour les ouvrages de laine, de fil, de coton, de poil de castor, chaque plomb en portera deux: quant à l'usage de ces aiguilles, Voyez aussi l'article Bas au Métier & les planches.

Aiguilles (Page 1:209)

Aiguilles à Perruquier; ce sont des aiguilles très - fortes, aiguës par un bout, percées par l'autre, & beaucoup plus longues que les aiguilles or<cb-> dinaires. Les Perruquiers s'en servent pour monter les perruques.

Les Aiguilles (Page 1:209)

Les Aiguilles passe - grosses ou passe - très - grosses, n'ont rien de particuirer que ce nom qu'on leur a donné parce qu'elles ne sont point comprises dans les numeros qui désignent les différentes grosseurs des autres aiguilles.

Les Aiguilles (Page 1:209)

Les Aiguilles à ficelle sont encore plus grosses que les précédentes; elles portent trois pouces de long: leur nom indique leur usage.

On donne aussi le nom d'aiguille à cette partie du fléau d'une balance, qui s'eleve perpendiculairement sur son milieu, & qui par son inclinaison de l'un ou de l'autre côté de la fourchette, indique l'inégalité de pesanteur des choses mises sur les plateaux, ou qui par son repos & son parallélisme aux branches de la fourchette, indique équilibre ou égalité de poids entre les choses pesées. La romaine a deux aiguilles qui ont la même fonction; l'une en dessus de la broche qui porte la garde forte, & l'autre au - dessus de celle qui porte la garde foible.

Aiguilles (Page 1:209)

Aiguilles de l'éperon. C'est la partie de l'éperon d'un vaisseau, qui est comprise entre la gorgere & les portes - vergues, c'est - à - dire la partie qui fait une grande saillie en mer. Voyez Fleche, & la fig. marine, Planche IV. n°. 184. & Planche V. fig. 2.

Les aiguilles sont deux pieces de bois qu'on proportionne au relevement qu'ont les préceintes, pour les y joindre bien juste, & leur donner en même tems une belle rondeur, afin que l'éperon ne baisse pas, & ne paroisse pas comme se détacher du bâtiment, ce qui est extrèmement laid. On place la frise entre les deux aiguilles. L'aiguille inférieure d'un vaisseau de 134 piés de long de l'étrave à l'étambord, doit avoir 22 piés de long, 17 pouces de large, & 14 pouces d'épaisseur à son arriere, c'est - à - dire au bout qui joint l'avant du vaisseau. Sa courbure doit être de plus de 20 pouces pour donner plus de grace. A 5 piés de son arriere l'aiguille doit avoir 12 pouces de large; à 9 piés, elle doit avoir 11 pouces; & à 2 piés de son extrèmité, au bout de devant, elle n'a que 5 pouces, c'est - à - dire en son dessus. L'aiguille supérieure est moins forte que l'inferieure, elle doit avoir un pié de large à son arriere, & 5 pouces en avant; son épaisseur doit être de 12 pouces à son arriere, & 9 en devart. (Z)

Aiguilles (Page 1:209)

Aiguilles de tré ou de trévier. Ce sont les aiguilles dont on se sert pour coudre les voiles. Il y en a de trois sortes; aiguilles de couture: aiguilles à oeillets, c'est pour faire des boucles de certaines cordes qu'on appelle bagues, & les appliquer sur des trous qu'on appelle oeillets, où l'on passe des garcettes; aiguilles de ralingue doubles & simples, c'est - à - dire pour coudre & appliquer ces cordes qu'on emploie pour servir d'ourlet aux voiles. (Z)

Aiguilles (Page 1:209)

Aiguilles. Ce sont, dans les Manufactures en soie, des filets de plomb de 10 à 11 pouces de longueur, du poids de deux onces, attachés aux mailles de corps pour tenir les cordes de sample & de rame tendues, & la soie de la chaîne baissée. Il y a des aiguilles de demi - once, plus ou moins, dans les métiers à la petite tire. Quand au nombre qu'il en faut pour chaque métier, Voyez l'article Vei ours cïselé, auquei nous avons rapporté la plûpart des autres étoffes. Voyez Planche VI. soierie, n°. 14. les aiguilles.

Aiguilles (Page 1:209)

* Aiguilles, (Hist. anc.) acus diseriminales & crinales. Les premieres ou les diseriminales servoient aux femmes mariées à séparer en deux leurs cheveux sur le devant, & cette raie pratiquée entre leurs cheveux ainsi séparés, les distinguoit des filles. En effet presque toutes les têtes antiques de femmes qu'on trouve dans le P. Montfaucon, ont les cheveux séparés: les autres les ont frisés sur le de<pb-> [p. 210] vant du front, à l'exception de quelques - unes: mais il n'y a rien d'étonnant en cela, les modes varioient chez les Romains ainsi que parmi nous, & les coëffures ont rechangé à Rome jusqu'à quatre fois en vingt ans. Les aiguilles crinales servoient seulement à tenir les boucles des cheveux frisés.

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