ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Vielle (Page 17:260)

Vielle, s. f. (Luth.) est un instrument à cordes, composé de deux parties principales; la table & le manche, sur lequel sont les chevilles qui tendent les cordes. Ces chevilles ont été primitivement au [p. 261] nombre de quatre seulement; deux d'un des côtés du manche, deux de l'autre côté. Il n'y avoit que quatre cordes non plus, deux desquelles s'appelloient les bourdons, qu'on mettoit à l'unisson ou à l'octave. Les deux autres cordes s'étendent tout le long du manche, & sont la fonction de monochorde, rendant toutes sortes de sons par le moyen des marches. On peut multiplier à la vielle le nombre des cordes, des touches, & des marches, tant que l'on voudra. Si l'on a six bourdons qui sassent l'octave, la douzieme, la quinzieme, la dix - septieme, & la dix - neuvieme, on variera l'harmonie à l'infini, en appliquant ou approchant ceux qu'on voudra de la rode qui sert d'archet aux bourdons & aux autres cordes. Il faut que cette roue - archet soit bien polie, & frottée de colophane. Chaque marche du clavier de la vielle a deux petits morceaux de bois perpendiculaires; on les nomme touches: les touches servent à toucher deux cordes à - la - fois; ces deux cordes sont à l'unisson; les touches sont pressées en - dessous du claviet par les doigts de la main gauche, & appliquées ou à l'archer ou à la roue; la main droite conduit la manivelle. Lorsque les doigts cessent de pousser les touches, elles s'eloignent d'elles - mêmes des cordes,'retombent & ne les pressent plus. Le clavier dans son entier ressemble à une petite caisse clevée sur la table; c'est dans cette caisse que sont lées les branches des marches & leurs touches est antée & collée sur la table sous laquelle est le torps concave; un couvercle la couvre & cache le clavier; la roue a aussi le sien; il y a un chevalet, proche de la roue; il a ses coches un peu plus basses que la surface supérieure de la roue; deux autres chevalets placés de côté servent à limiter la longueur des cordes de bourdon; cet instrument a son ouie placée à l'extrémité inférieure à l'un des angles; les cordes portent de petits flocons de coton à l'endroit où elles touchent la roue; c'est un moyen d'adoucir le frottement & le son; la manivelle de la roue est à l'extrémité de l'instrument opposée au chevalet; la roue est suspendue partie dans le corps concave de l'instrument, partie hors de ce corps.

Les instrumens à vent ont leur coup de langue; les instrumens à archet leur p d'archet; la vielle son coup de poignet, qui nne la premiere croche de'denx en deux; le notes d agrement s'exécutent sur le même tour de roue, de la valeur de la note avec laquelle elles sont liées.

Dans les cas où la ronde forme la mesure, il y a deux tours de roue pour la ronde, ou quatre tours; les tours de roue varient selon la mesure, le mouvement, le caractere de l'air, & la nature des notes qui se trouvent dans le courant de la piece.

Il y a des vielles faites en corps de luth, & d'autres en corps de guitarre; les premieres ont plus de force; les secondes ont plus de douceur.

Le clavier est composé de treize touches noires, & de dix blanches; son étendue ordinaire est de deux octaves, du sol à vuide, au sol d'en - haut.

L'instrument s'accorde en C sol ut & en G ré sol; les deux seuls tons dans lesquels il joue.

Pour l'accorder en C sol ut, majeur ou mineur, on met les deux chanterelles à l unisson, & leur son est un sol; la trompette s'accorde à la quinte au - dessus des chanterelles, & le son qu'elle rend est ut; la mouche s'accorde à l'octave au - dessus des chanterelles, & à la quarte au - dessous de la trompette, & donne sol; le petit bourdon s'accorde à l'octave au - dessous de la trompette, & à la quinte au - desious de la mouche, & sonne ut: on ne se sert pas gres bourdon en C sol ut.

Pour l'accorder en G ré sol, majeur ou mineur; les deux chanterelles sonneront sol; la trompette sonnera ré, quinte de sol; la mouche comme en C sol ut; le gros bourdon, le seul dont on se sert, sonne l'octave sol au - dessous de la mouche, & la double octave au - dessous des chanterelles.

On appelle chanterelies, les deux seules cordes qui pasient dans le clavier; les autres cordes ne sont que pour l'accord; la trompette est la corde posée sur un petit chevalet, à laquelle est attachée une autre petite corde très - fine, répondante à une petite cheville que l'on tourne plus ou moins, selon qu'on veut faire battre la trompette; la mouche est la corde au - dessus de la trompette; le petit bourdon, la corde silée en laiton la plus fine; le gros bourdon ou la grosse mouche, la corde filée en laiton la plus grosse.

On donne six cordes filées en laiton aux vielles en corps de luth, & quatre aux vielle; en corps de guitarre.

Pour l'accord des six cordes de laiton, les deux premieres, ou les plus fines, sonneront l'unision des chanterelles; les deux moyennes, la tierce au - dessous des sines; & les deux grosses, la quinte au - dessous des fines, & la tierce au - dessous des moyennes.

Pour l'accord des quatre cordes de laiton, les deux fines fournissent l'unisson des chanterelles; la moyenne, la tierce au - dessous des fines; & la grousse, la quinte au - dessous des fines, & la tierce au dessous de la moyenne.

La vielle a son doigter, sur lequel on peut consulter l'ouvrage de M. Bouin, imprime chez Ballard.

Le mouvement de la roue se divile en un tour entier, en deux demi - tours, en deux quarts & un demi - tour; en un demi - tour & deux quarts; en trois quarts liés; en trois quarts détachés; en quatre quarts; en huit huitiemes; en trois tiers égaux, & en deux quarts & un demi; division qui a rapport aux valeurs des notes.

Les coups de poignet dépendent souvent du caractere de la piece & du goût du musicien.

Les cadences se font toutes du prenner doigt qui bat la note au - dessus de celle sur laquelle la cadence est marquée, & qui est touchee par le second doigt.

Les autres agrémens suivent les lois ordinaires des autres instrumens. Voyez nos Planches de Lucherie.

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