ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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rieure. Ces chaînes vont se réunir à une petite piece plate ou bombée qui sert comme de poignée à l'encensoir. Cette piece est percée dans son milieu, & traversée d'une chaîne qui se rend au sommet de la partie supérieure de l'encensoir. Cette chaîne y est attachée, & elle est retenue sur la piece plate de l'encensoir qu'elle traverse par un arrêt à anneau. En tirant cet anneau, on fait monter en glissant la partie supérieure de l'encensoir entre les autres chaînes; cette partie cesse de couvrir la partie inférieure, & l'on peut mettre dans celle - ci du feu & de l'encens. Quand on y a mis du feu & de l'encens, on lâche l'anneau; la partie supérieure retombe sur la partie inférieure, & la couvre; alors l'ecclésiastique qui doit se servir de l'encensoir, embrasse dans sa main droite toutes les chaînes; la piece à laquelle elles aboutissent est appliquée ou sur son pouce & son index, & les chaînes sortent par la partie opposée de la main, ou contre cette partie opposée; & les chaînes sortent entre le pouce & l'index, & se recourbent sur l'index. Le prêtre en faisant osciller par le mouvement du bras & du poignet le corps de l'encensoir, la fumée de l'encens est portée par - tout où il lui plaît de la diriger. Les Juifs avoient dans leur temple un grand nombre de ces encensoirs. On dit que Salomon en avoit fait fondre 20000 d'or, & 50000 d'argent. Cela est presque incroyable: il est rare qu'il y en ait plus d'une douzaine dans nos plus riches Eglises; ils sont tous d'argent, & je ne crois pas qu'on en ait jamais fait aucun d'or. On prétend que les encensoirs des Juifs différoient des nôtres, en ce qu'ils étoient sans chaînes, & qu'ils se portoient à la main comme des réchaux ou grandes cassolettes à piés.

ENCEPHALE

ENCEPHALE, adj. m. & f. (Medecine.) ce mot est grec; il est composé de E)N, dans, & de KE*FALH/, tête; il peut donc convenir à tout ce qui est renfermé dans la tête: mais l'usage que l'on en fait, est particulierement pour désigner différentes especes de vers qui naissent en différentes parties de la tête.

Ethmuller fait mention, en traitant de la cephalalgie, de plusieurs observations par lesquelies il compte qu'elle peut être causée par des vers engendrés dans le cerveau, ou plus vraissemblablement dans les sinus frontaux, ou dans les cellules de l'os ethmoïde, puisque l'on en a vû sortir par les narines, au grand soulagement des malades; c'est ce que Schenkius, de febre hicugaritâ, dit avoir observé plusieurs fois dans une fievre qui regnoit en Hongrie, que l'on appelloit cephalalgie vermiculaire; parce que la douleur de tête qui étoit le symptome dominant & le plus violent de cette fievre, étoit causé par des vers. Bartholin, cent. 6. obs. 3. fait aussi mention d'une douleur de tête très - opiniâtre guérie par l'excrétion de quelques vers par les narines: on trouve une semblable observation dans Forestus, lib. XXI, obs. 28.

Il compte cependant qu'il y a eu des maladies pestilentielles, dans lesquelles il s'engendroit des vers dans le cerveau même, lorsqu'elles n'avoient pas d'autre cause que la disposition à cette production. Voyez ce qui est dit à ce sujet dans le Dict. de Trevoux, article Encephale. Voyez aussi sur le même sujet plusieurs choses très - singulieres & très - utiles, dans le traité de la génération des vers dans le corps humain, par M. Andry; & dans ce Dictionnaire, l'article Vers. (d)

ENCHAINEMENT, ENCHAINURE

ENCHAINEMENT, ENCHAINURE (Synon.) Le premier ne se dit bien qu'au figuré; on commence à employer le second en parlant des ouvrages de l'art, & il faut encourager ces sortes d'usages tant qu'il est possible. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

ENCHANTELER

ENCHANTELER, v. act. (Commerce de Vin.) c'est mettre en chantier.

ENCHANTEMENT

ENCHANTEMENT, s. m. (Sortilege & Divinat.) paroles & cérémonies dont usent les magiciens pour évoquer les démons, faire des maléfices, ou tromper la simplicité du peuple. Voyez Magie, Fascination, Maléfice, Sorcellerie

Ce mot est dérivé du latin in, & canto, je chante; soit que dans l'antiquité les magiciens eussent coûtume de chanter leurs conjurations & exorcismes magiques, soit que les formules de leurs enchantemens fussent conçûes en vers, & l'on sait que les vers étoient faits pour être chantés. Cette derniere conjecture paroît d'autant plus vraissemblable, qu'on donnoit aussi aux enchantemens le nom de carmina, vers, d'où nous avons fait charme. Voyez Charme.

Rien, selon M. Pluche, n'est plus simple que l'origine des enchantemens. Les feuillages ou les herbes dont on couronna dans les premiers tems la tête d'Isis, d'Osiris, & des autres symboles, n'étoient eux - mêmes que des symboles de la récolte abondante, & les paroles que prononçoient les prêtres, que des formules de remerciement pour les dons de la divinité. Peu - à - peu ces idées s'affoiblirent dans l'esprit des peuples, s'effacerent & se perdirent entierement, « & ils prirent l'idée de l'union de certaines plantes & de quelques paroles devenues surannées & inintelligibles, pour des pratiques mystérieuses éprouvées par leurs peres. Ils en firent une collection, & un art par lequel ils prétendoient pourvoir presque infailliblement à tous leurs besoins. L'union qu'on faisoit de telle ou telle formule antique avec tel ou tel feuillage arrangé sur la tête d'Isis autour d'un croissant de lune ou d'une étoile, introduisit cette opinion insensée, qu'avec certaines herbes & certaines paroles on pouvoit faire descendre du ciel en terre la lune & les étoiles:

Carmina vel coelo possunt deducere lunam.
Ils avoient des formules pour tous les cas, même pour nuire à leurs ennemis; on en voit du moins la preuve dans les poëtes. La connoissance de plusieurs simples, bien ou mal - faisans, vint au secours de ces invocations & imprécations assûrément très - impuissantes; & les succès de la medecine ou de la science des poisons aiderent à mettre en vogue les chimeres de la magie.» Hist. du Ciel, t. I. p. 450. & 451.

Il s'ensuit de ce sentiment, 1°. que l'enchantement est composé de deux choses; savoir, d'herbes ou autres instrumens magiques, comme des cadavres humains, du sang ou des membres d'animaux, tels qu'on en employoit dans la Nécromancie, mais ce n'est - là que l'appareil, le matériel, & pour ainsi dire le corps de l'enchantement. 2°. Que ce qui en faisoit la force, & déterminoit cet appareil à l'utilité ou au détriment de l'objet pour ou contre lequel étoit destinée l'opération magique, c'étoient les paroles & les formules que prononçoient les enchanteurs. C'est sur ce fondement que les démonographes, dans les récits qu'ils donnent des sortileges, font toûjours mention de certaines paroles, certains mots, que les sorciers & sorcieres prononcent tout - bas & grommelant entre leurs dents. 3°. Qu'il y avoit deux sortes d'enchantemens, les uns favorables ou utiles, & les autres contraires & pernicieux.

« Quant à ces derniers, l'humanité, poursuit le même auteur, inspirant naturellement de l'horreur pour les pratiques qui tendent à la destruction de nos semblables, les incantations magiques qu'on croyoit meurtrieres furent abhorrées & punies chez tous les peuples policés ». Mais cette sévérité n'a pas empêché que dans tous les tems & chez tous les peuples il n'y ait eu des imposteurs qui n'ayent fait le

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