ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

RECHERCHE Accueil Mises en garde Documentation ATILF ARTFL Courriel

Previous page

VERTABIET (Page 17:168)

VERTABIET, s. m. (Religion armén.) c'est ainsi que l'on nomme les docteurs de la religion chez les Arméniens. Ces vertabiets, dit M. de Tournefort, qui font tant de bruit parmi les Arméniens, ne sont pas véritablement de grands docteurs; mais ce sont les plus habiles gens du pays, ou du moins ils passent pour tels.

Pour être reçu à ce degré éminent, il ne faut pas avoir étudié la théologie pendant de longues années, il suffit de savoir la langue aménienne littérale, & d'apprendre par coeur quelque sermon de leur grand maître Grégoire Athenasi, dont toute l'éloquence brilloit dans les blasphêmes qu'il vomissoit contre l'église romaine. La langue littérale est chez eux la langue des savans, & l'on prétend qu'elle n'a aucun rapport avec les autres langues orientales; c'est ce qui la rend difficile. C'est un grand mérite chez eux d'entendre cette langue; elle ne se trouve que dans leurs meilleurs manuscrits.

Les vertabiets sont sacrés, mais ils disent rarement la messe, & sont proprement destinés pour la prédication; leurs sermons roulent sur des paraboles mal imaginées, sur des passages de l'Ecriture mal entendus & mal expliqués, & sur quelques histoires, vraies ou fausses, qu'ils savent par tradition. Cependant ils les prononcent avec beaucoup de gravité, & ces discours leur donnent presque áutant d'autorité qu'aupatriarche: ils usurpent sur - tout celle d'excommunier. Après s'etré exercés dans quélques villages, un ancien vertabice les reçoit docteurs avec beaucoup de cérémonies, & leur met entre les mains le bâton pastoral. La cérémonie ne se passe pas sans simonie, car le degré de docteur étant regardé parmi eux comme un ordre sacré, ils ne ucun scrupule de le vendre, de même que les antres ordres. Ces docteurs ont le privilege d'être assis en prêchant, & de tenir le bâton p au lieu que les évêques qui ne sont pas vertabets prchent debout.

Les vertabets vivent de la quête que l'on fait pour eux après le sermon & quête est considérable, sur - tout dans les ou les caravanes se reposent. Ces prédicateurs gadent le célibat, & jeûnent fort rigoureusement les trois quarts de l'année; car ils ne mangent alors ni ni poisson, ni laitage.

Quoiqu'ils parlent dans leurs sermons moitié langue littérale, & moit langue vulgaire, ils ne laissent pas souvent de prècher en langue vulgaire, pour mieux se faire entendre mais la messe, le chant de l'église, la vie des saints, les paroles dont on se sert pour l'administration des acremens, sont en langue littérale. (D. J.)

Next page


The Project for American and French Research on the Treasury of the French Language (ARTFL) is a cooperative enterprise of Analyse et Traitement Informatique de la Langue Franšaise (ATILF) of the Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), the Division of the Humanities, the Division of the Social Sciences, and Electronic Text Services (ETS) of the University of Chicago.

PhiloLogic Software, Copyright © 2001 The University of Chicago.