ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Arbre (Page 1:590)

Arbre, se dit figurément en Mécanique, pour la partie principale d'une machine, qui sert à soûtenir tout le reste: on s'en sert aussi pour désigner le fuseau ou l'axe sur lequel une machine tourne. (O)

Dans l'art de bâtir, & dans la Charpenterie, l'arbre est la partie la plus forte des machines qui servent à élever les pierres; celle du milieu, qu'on voit posée à plomb, & sur laquelle tournent les autres pieces qu'elle porte, comme l'arbre d'une grue, d'un gruau, ou engin. Voyez Grue, Gruau, Engin

Chez les Cardeurs, c'est une partie du rouet à laquelle est suspendue la roue par le moyen d'une cheville de fer qui y entre dans un trou assez large, pour qu'elle puisse tourner aisément. Voyez Rouet.

Chez les Cartonniers, c'est une des principales pieces du moulin dont ils se servent pour broyer & délayer leur pâte. Il consiste en un cylindre tournant sur un pivot par en - bas, & sur une crapaudine placée dans le fond de la cuve ou pierre, & par en - haut dans une solive; la partie d'en - bas de ce cylindre qui entre dans la cuve ou pierre est armée de couteaux: à la hauteur d'environ six piés, est une piece de bois de quatre ou cinq piés de longueur, qui traverse par un bout l'axe de l'arbre, & qui de l'autre a deux mortoises à environ deux ou trois piés de distance, dans lesquelles sont assujetties deux barres de bois de trois piés de longueur qui descendent & forment une espece de brancart; on conduit ce brancart à bras, ou par le moyen d'un cheval, qui en tournant autour de la cuve, donne le mouvement à l'arbre, & par conséquent facilite l'action des couteaux. Voyez les figures premiere & 4. Planche du Cartonnier.

Chez les friseurs d'étoffes; c'est une piece AB, qui est couchée le long de la machine à friser, sur laquelle est montée la plus grande partie de la machine. Voyez AB fig. prem. de la machine à friser, Planche 10. de la Draperie. L'ensuple est aussi montée sur un arbre de couche. Voyez Ensuple.

Chez les Fileurs d'or; c'est un bouton de fer, qui traversant le sabot & la grande roue, donne en les faisant tourner, le mouvement à toutes les autres par le moyen de la manivelle qu'on emmanche à une de ses extrémités. Voyez Moulinafiler l'or. [p. 591]

Chez les Horlogers; c'est une piece ronde ou quarrée, qui a des pivots, & sur laquelle est ordinairement adaptée une roue. Les arbres sont en général d'acier; quelquefois la roue tourne sur l'arbre, comme le barillet sur le sien; mais le plus communément ils ne font l'un & l'autre qu'un seul corps. Lorsqu'il devient fort petit, il prend le nom de tige. Voyez Essieu, Axe, Tige, Barillet, Fusée , &c. (T)

Chez les mêmes ouvriers, c'est un essieu qui est au milieu du barillet d'une montre ou d'une pendule. Voyez la figure 49. Planche 10. d'Horlogerie. Cet arbre a sur sa circonférence un petit crochet auquel l'oeil du ressort s'arrêtant, il se trouve comme attaché à cet arbre par une de ses extrémités: c'est autour de cet essieu, que le ressort s'enveloppe lorsqu'on le bande en montant la montre. Voyez Barillet, Ressort, Crochet , &c.

C'est encore chez les Horlogers, un outil qui sert à monter des oues & autres pieces, pour pouvoir les tourner entre deux pointes.

Il est ordinairement composé d'une espece de poulie A, qu'on appelle cuivrot. Voyez la figure 26. Planche 13. de l'Horlogerie, & d'un morceau d'acier trempé & revenu bleu, quarré dans sa partie B, & rond dans l'autre C, ayant deux pointes à ses deux extrémités B & C. La perfection de cet outil dépend de la justesse avec laquelle on a tourné rond toute la partie C, pour que les pieces que l'on tourne dessus le soient aussi; & de sa dureté, qui doit être telle qu'il ne cede & ne se fausse point par les différens efforts que l'on fait en tournant les pieces qui sont montées dessus.

Les Horlogers se servent de diffentes sortes d'arbres; comme d'arbres à cire, à vis, &c. Ces arbres représenté, figure 18. & 20. de la meme Planche, servent à tourner différentes choses, comme des platines, des fausses plaques, & d'autres pieces dont le trou a peu d'épaisseur, & qui ne pourroient que difficilement être fixées sur un arbre, & y rester droites. Pour se servir de l'arbre à vis (figure 20.) on fait entrer la piece à tourner sur le pivot A fort juste; & par le moyen de l'écroue 21, on la serre fortement contre l'assiette CC; par ce moyen on remédie aux inconvéniens dont nous avons parlé

Les Horlogers se servent encore d'un arbre qu'ils appellent un excentrique. Voyez la figure 64. Planthe 16. de l'Horlogerie. Il est composé de deux pieces, l'une AQ, & l'autre CD. La premiere s'ajuste dans la seconde; & au moyen des vis VVV, qui pressent la plaque Q, elles font corps ensemble, mais de maniere cependant qu'en frappant sur la partie Q, on la fait mouvoir; ensorte que le même point de cette piece ne répond plus au centre du cuivrot A. On se sert de cet outil pour tourner les pieces qui n'ayant qu'une seule pointe, ne peuvent pas se mettre sur le tour: par exemple, une fusée qui n'a point de pointe à l'extrémité de son quarré, & qu'on veut tourner, on en fait entre le quarré dans l'espece de pince P, & au moyen de la vis S, on l'y assûre; ensuite ayant mis le tout dans le tour, supposé que la fusée ne tourne pas rond, on frappe sur l'une des extrémités Q de la piece QA, qui par - là changeant de situation par rapport à la pointe E, fait tourner la fusée plus ou moins rond, selon que son axe prolongé passe plus ou moins près de l'extrémité de la pointe E. On réitere cette opération jusqu'à ce que la piece tourne parfaitement rond.

On appelle encore arbre, un outil (figure 93.) qui a un crochet C, & qui sert à mettre les ressorts dans les barillets, & à les en ôter; il se met dans une tenaille à vis par sa partie A, qui est quarrée. (T)

Chez les Imprimeurs, on nomme arbre de presse, la piece d'entre la vis & le pivot: ces trois parties distinctes par leur dénomination seulement, ne font essentiellement qu'une même piece de serrurerie travaillée de trois formes différentes. La partie supérieure est une vis; le milieu ou l'arbre, de figure quarrée, quelquefois sphérique, est celle où passe la tête du barreau; son extrémité est un pivot, qui eu égard à la construction générale, & aux proportions de la presse, a toute la force qui est convenable à sa destination, & aux pieces dont il fait la troisieme & derniere partie; laquelle trois ou quatre doigts au - dessus de son extrémité, est percée & reçoit une double clavette qui soûtient la boîte dans laquelle passe la plus grande partie de l'arbre, dimension prise depuis l'entrée du barreau jusqu'à la clavette qui soûtient la boîte. Voyez Vis, Pivot, Barreau, Boiste , Planche 4. figure 2. BE, F, est le pivot qui après avoir traversé la boîte, va s'appuyer sur la crapaudine de la platine.

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