ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. (Page 23:2:3)

QUADRUPEDES. HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE PREMIERE. (Page 23:2:3)

PLANCHE PREMIERE.

L'Eléphant, fig. 1. est de tous les animaux le plus ai - sé à reconnoître, parce qu'il a plusieurs caracteres qui lui sont particuliers; c'est le plus grand des quadru - pedes connus. Il a pour caracteres génériques, à la mâchoire supérieure, deux très - longues dents canines, recourbées en - haut, nommées défenses, qui ont jusqu'à six piés de longueur, & dont on tire cette belle ma - tiere, connue sous le nom d'ivoire, & une longue trompe, qui est le prolongement du nez, située au bout de la mâchoire supérieure: il se sert avec une adresse singuliere de cette trompe, non seulement pour saisir, comme avec une main, les corps les plus min - ces, mais encore pour embrasser de gros arbres, & pour les arracher; il s'en sert aussi pour porter à sa bou - che ses alimens & sa boisson. Il n'a point de dents ca - nines.

Les plus grands Eléphans ont jusqu'à quatorze piés de hauteur, & plus de vingt - cinq piés de longueur, en y comprenant la trompe quand elle est étendue, la - quelle a environ huit à neuf piés; de sorte que la lon - gueur du corps de l'Eléphant n'excede que de quelques piés sa hauteur: ces grands Eléphans se trouvent en Asie; ceux de l'Afrique sont moins grands. Voyez au mot Eléphant, l'histoire de cet animal.

Le Rhinoceros, fig. 2. est beaucoup moins grand que l'Eléphant, quoiqu'il soit le plus gros des quadrupedes après cet animal, si on excepte l'Hippopotame, dont on ne connoît pas bien les dimensions, & qui est peut - être plus grand que l'Eléphant même. Le Rhinoceros a pour caracteres génériques, une corne sur le nez, trois doigts onglés à chaque pié, & deux dents incisives à chaque mâchoire, très - éloignées l'une de l'autre. Il a jusqu'à douze piés de longueur, depuis le bout du mu - seau jusqu'à l'origine de la queue, & environ six à sept piés de hauteur. La corne varie beaucoup pour la forme & pour la longueur, qui est quelquefois de quatre piés dans de certains individus, mais cela est rare; commu - nément cette corne n'a gueres que deux piés, & alors elle est plus grosse que celles qui en ont quatre. Il y a des Rhinoceros qui ont deux cornes au - lieu d'une; on ne fait pas de ces Rhinoceros une espece particuliere, on croit que ce n'est qu'une variété dans cette produ - ction: on trouve des Rhinoceros en Asie & en Afrique. Voyez le mot Rhinoceros dans le corps de cet ouvrage.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE II. (Page 23:2:3)

PLANCHE II.

Le Zebre, fig. 1. est du genre du Cheval, qui a pour caracteres génériques, le pié d'une seule piece, & six dents incisives à chaque mâchoire.

Le Zebre a beaucoup de rapport avec l'Ane & le Cheval, mais en général il ressemble plus à l'Ane; il a comme lui, la tête grosse, les oreilles longues, le dos tranchant, & les jambes bien faites, mais sa croupe au - lieu d'être pointue, est arrondie comme celle du Che - val. C'est de tous les quadrupedes celui dont les cou - leurs sont le plus agréablement distribuées, il a des bandes noires & blanches alternatives, & presque sym - métriques, qui font un très - bel effet, principalement sur le mâle, parce que le noir est foncé & le blanc est pur, au - lieu que dans la femelle le blanc est jaunâtre, & les bandes noires ne sont que brunes. Le Zebre qui a vécu quelque tems à la Ménagerie étoit mâle, & avoit des bandes d'un beau noir luisant, & les bandes blan - ches étoient pures & sans mélange de jaunâtre; peut - être que ces différences de couleurs, du noir au brun, & du blanc pur au blanc jaunâtre, ne sont qu'une variété de l'âge ou du climat, & non pas de sexe. On trouve le Zebre en Afrique, & principalement au cap de Bonne - Espérance.

Le Chameau a de grands rapports avec les rumi - nans, par la rumination & par la conformation de ses estomacs, qui est à - peu - près la même; mais il en differe principalement par - les piés, & en ce qu'il n'a point de cornes. On a fait un genre particulier du Chameau, dont on distingue quatre especes, savoir le Chameau, le Dromadaire, fig. 2. le Lama, & la Vigogne. Ces quatre animaux ont pour caracteres génériques, deux doigts onguiculés à chaque pié, six dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure.

On avoit toujours regardé le Chameau & le Droma - daire comme deux especes différentes; mais M. de Buf - fon n'en fait que deux races, qui se perpétuent toujours les mêmes depuis un tems immémorial; & la preuve que ce célebre Naturaliste en donne, c'est que ces deux ani - maux se mêlent dans l'accouplement, & produisent en - semble des métis qui sont féconds Ces métis ressemblent plus ou moins au pere ou a la mere, & font une race in - termédiaire entre celle du Chameau & celle du Droma - daire. Les principales différences entre le Chameau & le Dromadaire, consistent en ce que celui - ci est plus grand que le Chameau, & qu'il a deux bosses sur le dos, au - lieu que le Chameau n'en a qu'une. M. de Buf - fon attribue la cause de ces différences au climat & à la nourriture. Voyez le tom. XI. in - 4°. de l'Hist. Nat.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE III. (Page 23:2:3)

PLANCHE III.

Le Boeuf a pour caracteres génériques, huit dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure, le pié fourchu, les cornes simples, & tour - nées vers les côtés.

Le Boeuf représenté fig. 1. se nomme le Buffle; il est originaire d'Afrique, & se trouve domestique dans les provinces méridionales de l'Europe, comme l'Italie, le royaume de Naples, &c. M. de Buffon regarde comme des variétés toutes les especes de Boeufs que nous con - noissons, tels que le Bison, le Bonasus, le Zebu, l'Urus ou l'Aurochs, notre Boeuf, &c. & il les réduit toutes à une seule, qui est le Buffle. Les faits & les observations que ce célebre Auteur rapporte, sont présentés avec tant de netteté, qu'on ne peut s'empêcher de les regar - der comme des preuves incontestables de ce qu'il avance.

L'Aurochs n'est autre chose que notre Boeuf dans son état sauvage, il ne se trouve que dans quelques provin - ces du Nord; le Bison est beaucoup plus répandu, on en voit dans toutes les grandes rades en Asie, en Afri - que, & même en Amérique; il a une bosse sur le dos, & c'est en cela qu'il differe le plus de l'Aurochs. Si on fait accoupler des Bisons avec nos Boeufs, la bosse dis - paroît dans le produit de ce mélange dès la seconde ou troisieme génération. Le Zebu a aussi une bosse sur le dos, il se trouve en Afrique; il ne differe du Bison qu'en ce qu'il est beaucoup plus petit; mais les Boeufs en général varient beaucoup en grandeur, selon l'abon - dance des pâturages des pays qu'ils habitent, & si on transportoit des Zebus, qui sont les plus petits Boeufs que l'on connoisse, dans certaines contrées de l'Abys - sinie ou d'Ethiopie, où se trouvent les plus grands Boeufs, ces Zebus deviendroient d'une grandeur prodi - gieuse après un certain nombre de générations. Voyez l'Hist. Nat. gén. & part. avec la description du cabinet du Roi, tom. X. pag. 284.

Tous les ruminans se ressemblent par plusieurs cara - cteres génériques, comme le nombre des dents, la forme des piés, &c. & ils ne different entre eux que par la direction des cornes; le genre du Bélier & ce - lui du Bouc, sont les deux genres de ruminans qui se ressemblent le plus, & il est souvent difficile de décider si telle espece appartient au genre du Bélier ou à celui du Bouc. En général les Béliers ont les cornes dirigées en arriere, & les Boucs les ont tournées en haut; le plus grand nombre des Béliers ont de la laine, cepen - [p. 2:4] dant il y a des especes qui n'en ont pas; ceux qui habi - tent les pays très - froids ou très - chauds, n'ont que du poil plus ou moins dur; au contraire, plus un climat est tempéré, plus la laine des Béliers qu'on y éleve est belle: au reste on ne peut pas regarder la laine des Bé - liers comme une production de la nature, c'est plutôt un effet de l'art & du soin des hommes, on ne connoît point de Béliers sauvages qui portent de la laine. Le Moufflon, fig. 2. que M. de Buffon regarde avec tant de fondement, comme la souche primitive de tous les différens Béliers transportés dans tous les pays habités, est le seul Bélier sauvage que l'on connoisse, il n'a qu'un poil rude au - lieu de laine, & il est beaucoup plus fort & plus vigoureux que tous les Béliers domestiques, il se trouve dans les montagnes de Grece, dans les îles de Corse, de Chypre, de Sardaigne, sur les montagnes de la Sibérie méridionale; il est presque entierement d'un gris mêlé de brun; il a sur le dos une raie roussâ - tre; les fesses & le dedans des jambes sont de même couleur roussâtre, & le ventre est jaunâtre.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE IV. (Page 23:2:4)

PLANCHE IV.

Le Bouc a pour caracteres génériques le pié fourchu, les cornes simples & dirigées en haut, les cuisses des jambes de devant égales en longueur à celles des jam - bes de derriere, & point de dents à la mâchoire supé - rieure.

Tous ces caracteres sont communs à un grand nom - bre d'animaux, dont on n'a fait qu'un seul genre; mais M. de Buffon croit qu'on ne doit pas ranger les Gazelles avec les Chevres & les Boucs, & il ne regarde toutes les prétendues especes de Boucs ou de Chevres que comme des variétés du Bouc sauvage, c'est à dire le Bouquetin. Ces variétés sont devenues des races constantes, comme on en observe parmi les Chiens, & elles se mêlent toutes, & produisent ensemble, de façon qu'on pour - roit augmenter de beaucoup le nombre de ces races en faisant de nouvelles combinaisons, c'est - à - dire, en mêlant ensemble les races les plus éloignées, & en perpétuant le produit qui résulteroit de ce mélange.

M. de Buffon distingue dix races de Chevres; savoir, 1°. le Bouquetin, fig. 1. duquel toutes les autres races qui suivent ont tiré leur origine; 2°. le Chamois qui n'est qu'un Bouquetin dégénéré, & qui a plus participé du Bouquetin femelle que du Bouquetin mâle; 3°. le Capricorne, qui est aussi un Bouquetin dégénéré par le climat, mais qui semble plus tenir du Bouquetin mâle que du Bouquetin femelle; 4°. le Bouc domestique, 5°. la petite Chevre d'Amérique à cornes droites & recourbées à la pointe, qui tire son origine du Chamois; 6°. le Bouc d'Afrique; 7°. la Chevre Naine; 8°. le Bouc de Juda; 9°. la Chevre d'Angora: ces quatre dernieres races ne sont que des variétés de notre Chevre com - mune, dont elles sont différentes à raison de l'influence du climat, la Chevre d'Angora a donné une variété, connue sous le nom de Chevre Mambrine, qui fait la dixieme race. Voyez le tome XII. in - 4°. de l'Histoire Naturelle, pag. 136.

Les Chevres & les Gazelles different particulierement entre elles, en ce que les Chevres ont une barbe pen - dante, plus ou moins apparente, & la queue plus lon - gue que les Gazelles; d'ailleurs les Gazelles ont les cor - nes annelées & le ventre blanc, avec une bande brune ou noire sur les côtés du corps.

Le Guib, fig. 2. est un animal qui a tous les mêmes caracteres génériques des Chevres & des Gazelles que nous avons rapportés plus haut; mais elle n'est cepen - dant ni Chevre ni Gazelle, elle n'a point de barbe, & sa queue est courte, comme celle des Gazelles, mais ses cornes n'ont point d'anneaux comme celles des Gazel - les, elles ont au contraire deux arêtes longitudinales, & sont applaties à - peu - près comme celles des Chevres; cependant il a plus de rapport avec les Gazelles qu'avec les Chevres.

Le Guib est en grande partie d'une couleur fauve, à l'exception du ventre & de la poitrine qui sont d'un marron brun. Il a sur le dos & sur les côtés du corps des bandes blanches, disposées comme les courrois d'un harnois, ce qui le fait aisément distinguer. On trouve cet animal au Sénégal; il est à - peu - près de la grandeur du Daim.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE V. (Page 23:2:4)

PLANCHE V.

La Giraffe est de la classe des ruminans, dont elle forme un genre particulier; elle a pour caracteres géné - riques le pié fourchu, huit dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure, les cor - nes simples & dirigées en haut à leur origine, comme celles du Bouc.

On ne connoit que très - imparfaitement la Giraffe, quoique plusieurs auteurs en aient fait mention, parce qu'ils n'ont parlé que des caracteres qui lui sont com - muns avec tous les autres ruminans, & les figures qu'ils en ont données ont été très - mal dessinées. On ne sait seu - lement pas si la substance de ses cornes ressemble à celle des cornes du Boeuf ou à celle du bois du Cerf, c'est - à - dire, si leurs cornes sont solides comme celles du Boeuf, ou si elles tombent & se renouvellent comme les bois du Cerf.

J'ai cru devoir donner la figure de cet animal d'après une estampe qui a été faite d'après nature, sur une Giraffe qui appartenoit au grand Turc, parce que cette figure m'a paru moins mauvaise que les autres; on trouve cette figure dans l'Histoire générale du Serrail, &c. par Michel Baudier, à Paris 1631. Cette Giraffe avoit dix - huit piés de hauteur. Voyez la description au mot Giraffe.

Le Chevrotin, fig. 2. est le plus petit des animaux ruminans à pié fourchu, car il n'a gueres qu'un pié de longueur. M. Brisson lui donne pour caractere distinctif des autres animaux à pié fourchu, de n'avoir point de cornes, mais il y en a une espece qui a des cornes; elles sont simples & fort ressemblantes à celles des Gazelles, comme on peut le voir à la figure 3. de sorte que si on vouloit classer cet animal, il faudroit le mettre au rang des Gazelles, parce qu'il a plus de rapport avec ce genre d'animaux qu'avec aucun autre; mais cepen - dant comme il y a une seconde espece de Chevrotin qui ne porte point de cornes, il semble qu'il faut faire un genre à part de ces deux animaux.

Les deux especes de Chevrotins ressemblent au Cerf par la forme des jambes & par le museau, ce qui leur 2 fait donner le nom de Cerf de Guinée, ils sont d'une couleur rougeâtre, à l'exception du ventre & de la poitrine qui ont une couleur blanchâtre. Ces deux ani - maux ne se trouvent que dans les climats chauds de l'Afrique, & dans l'Asie méridionale.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE VI. (Page 23:2:4)

PLANCHE VI.

Il y a deux sortes d'animaux ruminans; le plus grand nombre a des cornes comme le Boeuf, le Cerf, le Daim, les Rennes, &c. D'autres n'en ont pas, comme le Cha - meau, le Dromadaire, &c. Parmi les ruminans de la premiere classe, les uns ont les cornes creuses, simples & solides comme le Boeuf, les Chevres, les Gazelles, &c. Les autres les ont pleines, branchues, & elles tom - bent & se renouvellent tous les ans; on a donné à ces cornes le nom de bois. De tous les ruminans dont les cornes se renouvellent, on ne connoît que le Renne, dont la femelle porte un bois; au contraire parmi la plûpart des ruminans dont les cornes sont solides, les femelles ont des cornes, mais moins longues que celles des mâles.

On a mis tous les ruminans dont les cornes tombent tous les ans dans le même genre des Cerfs; ils ont pour caracteres génériques le pié fourchu, des cornes bran - chues ou plutôt des bois, huit dents incisives à la mâ - choire inférieure, & point à la mâchoire supérieure.

L'Elan, fig. 1. est l'animal qui porte le plus gros & le plus pesant bois, dont le poids va quelquefois jusqu'à cinquante livres. On trouve de grandes variétés dans le nombre & la position des andouillers, comme dans les bois de tous les autres ruminans. L'Elan en général est beaucoup plus fort & plus grand que le Cerf, & ses piés sont beaucoup plus gros; on le trouve en Pologne, en Russie, en Sibérie, &c. [p. 2:5]

Le Renne, fig. 2. est moins gros que l'Elan, & plus fort que lé Cerf, il porte un bois qui a quelque rapport avec celui du Cerf, mais qui est beaucoup plus grand. Son poil est long, moins dur que celui de l'Elan, & d'un gris blanchâtre; la femelle porte, comme nous avons dit, un bois qui ne differe de celui du mâle qu'en ce qu'il est plus petit. Le Renne endure le froid beau - coup mieux que l'Elan, car on en trouve non - seule - ment dans tous les endroits où il y a des Elans, mais même jusqu'au fond du Nord où les Elans ne peuvent vivre. Les Lapons élevent des Rennes, & en forment des troupeaux qui font toutes leurs richesses; ils les nourrissent d'une espece de mousse qui les engraisse beaucoup. On trouve aussi des Elans & des Rennes au Canada, où ils sont connus, le premier sous le nom d'Orignal, & le second y est appellé Caribou.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE VII. (Page 23:2:5)

PLANCHE VII.

Le Babiroussa, fig. 1. ou Babiroesa, est du genre du Cochon, qui a pour caracteres génériques deux dents incisives aux deux mâchoires, & le pié fourchu. Le ca - ractere qui le fait le plus aisément distinguer des autres animaux de son genre, & même de tous les autres, c'est qu'il a deux défenses qui lui sortent de la mâchoire supérieure, & qui se recourbent en haut jusqu'auprès des yeux: ces défenses sont de la nature du plus bel ivoire: les deux dents canines de la mâchoire inférieure sont moins longues & ressemblent à celles du Sanglier. Le Babiroussa a le poil court, laineux, & d'un gris mêlé de noir & de roux, il est beaucoup plus grand que le Cochon, & même que le Sanglier. On le trouve en plusieurs endroits de l'Asie & de l'Afrique, cependant on ne le connoît que d'après les descriptions impar - faites & les mauvaises figures que les voyageurs en ont données; j'ai fait copier celle que Thomas Bartholin nous a laissée de cet animal. Hist. Anat. cent. 11.

Le Tapir, l'Anta ou Manipouris, fig. 2. a quatre doigts ongulés aux piés de devant, & trois aux piés de der - riere, comme le Cabiai, tous reunis les uns aux autres par une membrane, mais il differe de cet animal par les dents incisives qui sont au nombre de dix dans chaque mâchoire, ce qui a déterminé M. Brisson à faire deux genres particuliers de ces deux animaux.

Le Tapir est le plus grand des animaux de l'Améri - que, cependant il n'a que la grosseur d'une petite Va - che: on pourroit placer cet animal au rang des amphi - bies, car, selon Barrera, il se retire dans les rivieres, où il reste plus long tems que sur la terre. Les parties de son corps paroislent très - mal proportionnées; il a les jambes courtes & informes, la tête grosse, la queue très - courte & dégarnie de poils, la machoire superieure beaucoup plus longue que l'inférieure, de sorte qu'il semble avoir une trompe, son poil est court & d'une couleur brune, excepté quand cet animal est jeune, alors il a une couleur rougeâtre, avec des taches blan - ches comme le Chevreuil quand il porte la livrée: le Tapir est du nouveau continent, & se trouve particu - lierement dans la Guiane & au Brésil.

Le Cabiai, fig. 3. a pour caracteres génériques deux dents incisives à chaque mâchoire, & les doigts ongulés qui sont au nombre de quatre aux piés de devant, & seu - lement trois aux piés de derriere; le Cabiai étoit aussi peu connu que le Babiroussa & le Tapir avant qu'on eût la description & la figure de cet animal qui se trouve dans l'Hist. Nat. tom. XII. in - 4°. Il a une cou - leur rousse mêlée de noir & de brun; il est moins gros que le Cochon, avec qui il a quelque rapport par les soies dont son corps est couvert, mais il en differe principalement par les doigts qui sont réunis les uns aux autres par une membrane; il n'a point de queue; la levre supérieure est échancrée au - dessous du nez, & la levre inférieure est beaucoup moins avancée que la levre supérieure; ses soies sont moins rudes que celles du Cochon.

Le Cabiai nage très - aisément, & se plait à rester dans l'eau, où il cherche du poisson pour sa nourriture; il mange aussi des graines, des fruits, des herbes, &c. on le trouve comme le Tapir, dans la Guiane & au Brésil.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE VIII. (Page 23:2:5)

PLANCHE VIII.

Le Lion, fig. 1. a un caractere qui le fait distinguer, non - seulement des autres animaux de son genre, mais même de tous les autres; c'est une espece de criniere formée par de longs poils assez doux & lisses, qui cou - vre le cou & toute la partie antérieure de son corps. Il a beaucoup d'autres caracteres communs avec les Chats, le Tigre, le Léopard, la Panthere, l'Ours, le Couguar, le Linx, le Caracal, & le Chat - pard. Tous ces animaux ont cinq doigts aux piés de devant, & quatre aux piés de derriere, garnis chacun d'un ongle crochu, que l'animal peut cacher ou faire paroître au - dehors à son gré, la tête arrondie & le museau obtus, la langue garnie de pointes acérees qui la rendent fort rude au toucher, les yeux gros & ronds, & enfin la vue très - bonne, même dans l'obscurité; ils se ressem - blent encore tous par leurs inclinations meurtrieres, ils font tous la chasse aux autres animaux, & ils ne vivent que de leur proie. Ils vont toujours par sauts & par bonds, à moins qu'ils n'aillent très - lentement, enfin leur urine a une odeur très - forte & très - désagréable: le Lion a la verge courbée en - dessous, ce qui lui fait jetter son urine en arriere, mais il n'est point vrai, comme l'ont prétendu quelques auteurs, qu'ils s'accou - plent aussi en arriere, parce que la verge étant en ére - ction perd sa courbure & se trouve alors dirigée en avant. La femelle du Lion n'a point de criniere, elle differe encore du mâle en ce qu'elle est environ d'un quart plus petite; ils ont l'un & l'autre l'extrémité de la queue garnie de poils beaucoup plus longs que ceux du reste de la queue, ces poils sont plus longs dans le Lion que dans la Lionne. On ne trouve des Lions que dans les climats les plus chauds de l'ancien conti - nent. Il y a en Amérique un animal connu sous le nom de Puma, que quelques auteurs ont voulu faire passer pour un Lion, mais c'est une espece différente de celle du Lion, car il n'a point de criniere.

On a donné le nom de Tigre à différentes especes d'animaux, comme au Léopard, à la Panthere, au Ja - guar, &c. mais M. de Buffon vient de dissiper le nuage qui rendoit obscure la nomenclature de tous ces ani - maux. Les anciens naturalistes n'ont jamais confondu le Tigre avec la Panthere & le Léopard, ce sont les voya - geurs qui ont commencé à répandre de la confusion dans cette partie de l'Histoire Naturelle, en donnant le nom de Tigre aux animaux féroces, tels que le Léo - pard, la Panthere, &c. & les nomenclateurs ont aug - menté cette confusion en faisant un nom générique du mot Tigre. Je vais donner la nomenclature de tous ces animaux d'après M. de Buffon (a), & rapporter les caracteres qui sont particuliers à chaque espece.

Le Tigre, fig. 2. est très - aisé à distinguer de toutes les autres especes d'animaux de ce genre, par sa gros - seur & par sa couleur, c'est le plus grand de tous, car on dit qu'on en trouve qui ont jusqu'à quinze piés de longueur, y compris la longueur de la queue. Il a une couleur fauve, avec des taches longitudinales noires, en forme de bandes, sur les côtés du corps, sur le de - vant de la poitrine, & sur les côtés de la tête.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE IX. (Page 23:2:5)

PLANCHE IX.

La Panthere, fig. 1. est beaucoup plus petite que le Tigre, mais plus grande environ d'un tiers que le Léo - pard; elle a une couleur fauve plus ou moins foncée, avec des taches noires de différentes grandeurs sur les diverses parties du corps. Les taches de la tête sont très - petites, celles du cou & de la partie antérieure de la poitrine sont plus grandes; enfin les taches qui carac - térisent le mieux la Panthere, sont celles des côtés du corps; au lieu d'être pleines comme celles de la tête & des jambes, elles sont en forme d'anneau, les unes à - peu - près rondes, les autres approchant plus du quarré; la plûpart de ces anneaux ont à leur centre une petite

(a) Voyez l'Histoire Naturelle, générale & particuliere, avec la Des - cription du Cabinet du Roi, tom. IX.
[p. 2:6] tache noire, & semblent être composés de plusieurs pieces qui imitent le contour d'une rose.

Le Léopard, fig. 2. a tant de ressemblance avec la Pan - there, qu'on les croiroit au premier coup d'oeil de la même espece; c'est sans doute cette ressemblance qui a fait dire que la Panthere étoit la femelle du Léopard; mais ces deux animaux font deux especes particulieres. On distingue aisément le Léopard de la Panthere par les taches des côtés du corps; elles sont en forme d'anneau ou de rond comme dans la Panthere, & le centre est de la même couleur que le fond du poil, au lieu qu'il y a une tache noire dans la plûpart des anneaux de la Pan - there; d'ailleurs ces anneaux sont toujours plus petits & plus rapprochés dans le Léopard. On trouve ces deux especes d'animaux dans les climats chauds de l'ancien contient.

L'Once differe de la Panthere & du Léopard par sa couleur, par sa taille, & par ses moeurs, il est beaucoup plus petit que le Léopard, & guere plus grand qu'un gros chien; il a une couleur blanchâtre avec des taches en forme d'anneaux, mais d'une figure plus irréguliere que celles de la Panthere & du Léopard, & plus grandes & plus éloignées les unes des autres; son poil au lieu d'être court comme celui de la Panthere & du Léopard, est beaucoup plus long. L'Once a aussi le naturel plus doux; on l'apprivoise en Perse assez pour pouvoir s'en servir à la chasse. C'est encore un animal de l'ancien con - tinent.

Le Jaguar est à - peu - près de la grandeur de l'Once, il ressemble à la Panthere & au Léopard par la couleur fauve de son poil; mais il en differe par ses taches qui sont de différentes figures, & beaucoup plus grandes que dans ces deux animaux; mais ce qui le caracterise le mieux, ce sont des bandes irrégulieres & noires qu'il a sur le cou & sur les côtés de la tête, au lieu de petites taches rondes & isolées comme dans le Léopard & la Panthere. Le Jaguar a la queue moins longue que l'Once à proportion de sa grosseur. On trouve cet animal dans l'Amérique méridionale; il est beaucoup moins à crain - dre que la Panthere & le Léopard, il n'attaque même les hommes que rarement & lorsqu'ils sont endormis; un seul chien suffit pour le faire fuir, à moins qu'il ne soit pressé par la faim.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE X. (Page 23:2:6)

PLANCHE X.

Le Couguar, fig. 1. ne ressemble au Tigre, à la Pan - there, au Léopard, que par les caracteres génériques que j'ai rapportés plus haut. Il a beaucoup plus de rap - port avec le Chat sauvage par la forme du corps, il est en entier d'une couleur fauve mêlée d'une teinte de noir sans aucunes taches. Il a le corps fort alongé, la tête petite, la queue longue, & les jambes hautes; il est à - peu - près de la grandeur du Jaguar, ou même un peu plus grand. Ces deux animaux grimpent sur les arbres pour se mettre en embuscade; ils sont fort communs en Amérique, principalement dans la Guiane; il s'en faut de beaucoup qu'ils soient aussi féroces que les diverses especes de Tigres qui habitent les déserts de l'Afrique. Ils sont même peureux, & il suffit d'allumer du feu dans un endroit pour les empêcher d'en approcher,

Le Linx, fig. 2. a tous les caracteres & toutes les ha - bitudes du Chat, & même celle de couvrir de poussiere son urine; ses oreilles sont terminées par une espece de petit bouquet de poils, longs, droits & dirigés en haut. Ce caractere suffiroit pour le faire reconnoître, s'il ne lui étoit pas commun avec le Caracal. Le Linx a le poil long, fin, doux, & d'un gris blanchâtre, mêlé plus ou moins de fauve & de brun, avec de petites taches noi - res; ces taches sont plus ou moins apparentes; il y a même des individus dont la couleur detout le corps est uniforme & sans aucune tache. Son cri imite le hurle - ment du Loup.

Le Linx est un animal des pays froids. On en trouve dans presque toute la partie septentrionale de l'ancien & du nouveau continent; il y en a même quelques - uns sur les montagnes des Alpes & des Pyrenées; ceux de Sibérie sont les plus grands; ceux du Canada sont petits, mais plus blancs que ceux des autres pays. Il se fait un grand commerce des peaux de ces animaux, qui ne sont connus parmi les fourreurs que sous les noms de Loup - cervier & de Chat - cervier. On nomme Chat - cervier les Linx du Canada, sans doute parce qu'ils ne sont en ef - fet guere plus gros que le chat sauvage, au lieu que ceux de l'ancien continent sont appellés Loups - cerviers, par - ce qu'ils approchent de la taille du Loup. Comme cet animal varie non - seulement par la couleur, mais même par la grosseur, plusieurs Naturalistes en ont fait deux especes particulieres, mais M. de Buffon présume que cette différence de grandeur n'est qu'un effet du climat, puisqu'on trouve de ces variétés parmi les Linx de l'Eu - rope.

Le Caracal est plus petit que le Linx, & il a, comme cet animal, les oreilles terminées par un bouquet de longs poils noirs; mais il en differe à beaucoup d'autres égards; il ressemble au Chat sauvage par son poil qui est court & dur; sa queue est plus longue que celle du Linx, & plus courte que celle du Chat, & elle n'a pas l'extrémité noire, elle est en entier, comme le reste du corps d'une couleur brune mêlée de fauve plus ou moins foncé sur les différentes parties du corps. Le Caracal n'habite que des climats chauds de l'ancien continent, où se trouvent les Lions & les Tigres. Il suit ordinaire - ment le Lion, & il se nourrit souvent du reste de la proie de cet animal, & le précede aussi quelquefois; & c'est sans doute ce qui lui a fait donner le nom de Pour - voyeur du Lion. On se sert dans les Indes du Caracal pour la chasse du lievre, du lapin, & même des gros oiseaux; il grimpe sur les arbres avec la plus grande fa - cilité, de même que le Linx.

Le Chat - Pard a comme le Caracal, non - seulement les caracteres, mais même la figure du Chat. Il est à - peu - près de la taille du Caracal, il a la queue courte comme lui, mais ses oreilles ne sont pas terminées par de longs poils. Il est aisé à distinguer de tous les autres animaux de ce genre dont je viens de faire mention, en ce qu'il a une couleur rousse plus ou moins foncée, avec des taches noires isolées & pleines; il a deux bandes trans - versales de la même couleur que les taches sur la face interne du haut des jambes de devant, & deux autres moins longues & moins apparentes sur le haut de la face interne des jambes de derriere. On trouve aussi cet animal dans les climats chauds de l'ancien continent.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XI. (Page 23:2:6)

PLANCHE XI.

L'Hyaene, fig. 1. a beaucoup de rapport avec le Loup par la forme du corps & par le museau alongé; on pour - roit placer avec raison cet animal dans le genre du Loup & des Chiens, si on ne lui connoissoit un caractere très - différent, qui est de n'avoir que quatre doigts à chaque pié, tandis que les Chiens, les Loups, & les Renards en ont cinq aux piés de devant, & quatre aux piés de derriere: l'Hyaene a encore un autre caractere qui la distingue beaucoup du Loup, c'est une fente qui se trouve entre l'anus & la queue, comme dans le Blai - reau, & qui communique à deux poches dans lesquelles il y a un très - grand nombre de glandes, qui sont réu - nies pour la plûpart, & qui forment deux especes de grappes dans chaque poche, ces deux caracteres réu - nis & particuliers à cet animal, sont plus que suffisans pour en faire un genre à part.

Il y a des naturalistes & des voyageurs qui ont con - fondu l'Hyaene avec le Glouton, le Chacale, la Civette, & même avec le Babouin. M. de Buffon vient de nous donner, avec la plus grande précision, les différences qui sont entre ces cinq especes d'animaux, & d'établir les caracteres propres de chacune de ces especes.

L'Hyaene est de la grosseur du Loup, mais plus forte & plus féroce; elle vit de rapine, elle attaque même quelquefois les hommes, elle est fort avide de chair corrompue & de cadavres, qu'elle tire des sépultures; l'Hyaene ne vit point en société, elle se retire seule dans des rochers. Tout son corps est couvert de poils assez longs, plus durs que ceux du Loup, & d'une couleur grisâtre; elle a une criniere formée de longs poils pres - que entierement noirs, qui s'étend depuis la tête jusqu'à la queue, il y a sur les côtés du corps, les épaules & les [p. 2:7] cuisses, des bandes ondoyantes de couleur noirâtre: on trouve l'Hyaene dans les climats chauds de l'Afrique & de l'Asie.

Le Glouton habite au contraire les pays froids du Nord, tels que la Laponie, la Sibérie, &c. Il est beau - coup plus petit que l'Hyaene, & un peu plus gros que le Blaireau, son ventre touche presque jusqu'à terre, parce que ses jambes sont très - courtes, il n'a point de criniere, il est entierement noir, à l'exception des flancs qui sont quelquefois d'un fauve brun, enfin il a cinq doigts à chaque pié.

Le Chacal vit en société; il est plus petit que le Loup, d'un jaune vif & luisant, ce qui lui a fait donner le nom de Loup doré; il a cinq doigts aux piés de devant, & quatre seulement aux piés de derriere, comme les Chiens: le Chacal & le Glouton n'ont donc rien de commun, comme l'on voit, avec l'Hyaene, pour les caracteres extérieurs; mais ce qui les a fait prendre les uns pour les autres, c'est qu'ils recherchent & déter - rent les cadavres tous les trois avec la même avidité: on trouve le Chacal en Asie & en Afrique.

La criniere de la Civette a fait prendre cet animal pour l'Hyaene, c'est la seule partie par laquelle il a quel - que rapport avec l'Hyaene. Quant au Babouin que l'on a confondu aussi avec l'Hyaene, c'est une espece de Singe; il a les doigts & les ongles conformés à - peu - près comme l'homme, & si différemment de l'Hyaene, que ce seul caractere suffit pour le faire distinguer de cet animal. Voyez l'Hist. Nat. gén. & part. tom. IX. p. 268.

L'Ours a pour caracteres génériques six dents incisi - ves à chaque mâchoire, les doigts onguiculés & sépa - rés les uns des autres; il s'appuye sur le talon en mar - chant.

L'Ours de la fig. 2. est presque entierement d'une couleur brune mêlée de fauve, plus ou moins foncée, à l'exception des quatre jambes & du garot qui sont noirs. Cet Ours se trouve sur les Alpes; il y a aussi sur les mêmes montagnes quelques Ours noirs, en petite quantité, qui different de ceux - ci en ce qu'ils ne vivent que de vé gétaux, au - lieu que l'Ours brun est très - car - nacier & très - féroce, car il attaque même les hommes, quand il est pressé par la faim; on trouve les Ours noirs beaucoup plus communément dans les forêts des pays septentrionaux du Nord & de l'Amérique. La plûpart des Ours de Lithuanie, de Moscovie, & de la grande Tartarie sont blancs, mais les Ours de cette couleur ne font pas une espece particuliere, c'est seulement une variété de l'Ours noir ou de l'Ours brun, car on en trouve qui sont en partie noirs & en partie blancs. Il y a d'autres Ours blancs sur la mer Glaciale qu'il ne faut pas confondre avec ceux dont on vient de parler, ce sont d'autres animaux, & ils en different, non - seule - ment par le moeurs, mais encore par la forme & par la grandeur.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XII. (Page 23:2:7)

PLANCHE XII.

La Civette, fig. 1. & le Zibet, fig. 2. sont deux ani - maux qui ont été long - tems confondus ensemble; parce qu'ils donnent l'un & l'autre un parfum très - odorant, connu sous le nom de civette, on les croyoit de la même espece: cependant il y a entre eux des différen - ces assez grandes pour en faire deux especes particu - lieres, d'autant plus qu'ils n'habitent pas dans le même pays, car on trouve le premier en Afrique & l'autre en Asie. La Civette a tout le corps couvert de poils longs & durs, & une sorte de criniere qui s'étend depuis la tête jusqu'au milieu de la queue; le dessous du cou est noir, & il y a de chaque côté de cette couleur une large bande blanche, & un peu plus haut une plus petite bande noire: ces caracteres suffisent pour la faire distinguer du Zibet qui a le corps plus alongé & moins épais que la Civette, le poil court & doux, même sur le dos & sur la queue, dont la couleur est disposée par anneaux alternatifs noirs & blancs; enfin il a sous le cou de petites bandes irrégulieres, dont les unes sont blanches & les autres noires. La Civette & le Zibet ont chacun cinq doigts à chaque pié, & le pouce est réuni aux autres doigts. Ils ressemblent par le nombre & la position des doigts au Blaireau, mais ils ont plus de rapport avec le Renard & même avec la Fouine, par la forme alongée de leur corps, & par leur museau effilé & pointu; ils different du Renard, en ce que celui - ci n'a, comme les Chiens & le Loup, que quatre doigts aux piés de derriere; & de la Fouine, des Belettes, des Putois, de la Mangouste, de la Genette, de l'Hermine, de la Marte, &c. en ce que le pouce est séparé des au - tres doigts dans tous ces animaux, & placé plus haut.

Le parfum de la Civette & du Zibet se trouve dans deux vésicules assez grandes, dont l'ouverture est située entre l'anus & les parties de la génération. On nourrit de ces animaux en Hollande, & en divers autres pays de l'Europe, pour en avoir leur parfum; on les tient enfermés chacun dans une cage étroite, & deux ou trois fois par semaine on vuide le réservoir du parfum par le moyen d'une petite cuillere qu'on y introduit.

La Civette & le Zibet ont à - peu - près les mêmes in - clinations que la Fouine & le Renard; ils font la chasse aux oiseaux & aux petits animaux, cependant ils man - gent des fruits & des racines quand ils n'ont pas d'autre nourriture. On présume qu'ils voyent clair dans l'obs - curité, parce que leurs yeux brillent la nuit comme ceux des Chats, c'est peut - être ce qui leur a fait donner le nom de Chats musqués & de Chats Civettes. Voyez l'Hist. Nat. tom. IX. pag. 299. & suiv.

La Genette, fig. 3. a comme la Belette, l'Hermine, les Furets, les Putois, la Marte, la Fouine, le Vison, la Mangouste, &c. cinq doigts à chaque pié, garnis cha - cun d'un ongle, & tous séparés les uns des autres; le pouce est situé plus haut que les autres doigts: tous ces animaux ont sous la queue des glandes ou des vésicules, dans lesquelles se filtre une sorte de parfum, qui exhale une odeur plus ou moins forte; ils ne sont pas les seuls qui aient ce caractere, il leur est commun avec d'autres animaux de différens genres, comme la Civette, le Zibet, le Renard, le Blaireau, &c. La Genette a beaucoup de rapport avec la fouine par sa forme alon - gée, ses jambes sont cependant plus longues; elle res - semble au Zibet par sa couleur, & principalement par les anneaux noirs & blancs de la queue; elle a sur le cou & sur le dos des poils noirs & durs qui forment une sorte de criniere; le reste de son poil est court, doux, & d'un gris cendré mêlé de taches noires bien distin - ctes, principalement sur les côtés du corps. Cet animal a les mêmes inclinations que la Fouine; elle ne vit que de proie, elle fait la chasse aux petits animaux & aux oiseaux, & elle cause beaucoup de perte quand elle peut entrer dans un poulailler ou un colombier.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XIII. (Page 23:2:7)

PLANCHE XIII.

Le Castor, fig. 1. a comme l'Ecureuil, le Liévre, le Lapin, le Rat, &c. pour caracteres génériques deux dents incisives à chaque mâchoire, point de dents cani - nes, & les doigts onguiculés; mais le caractere qui le fait le plus aisément distinguer des autres animaux, consiste en ce qu'il a la queue plate & écailleuse. Le Castor a cinq doigts à chaque pié; ceux des piés de devant sont séparés les uns des autres, & il s'en sert très - adroitement pour saisir & porter à sa bouche sa nourriture; les doigts des piés de derriere sont réunis les uns aux autres par une membrane qui lui tient lieu de nageoires.

M. Brisson distingue trois especes de Castors; savoir le Castor proprement dit, l'Ondatra, & le Desman: ces trois animaux ont des rapports entre eux, non - seulement par les caracteres extérieurs dont on vient de parler, mais encore par les moeurs, principalement le Castor & l'Ondatra, ils vivent en société, & se con - struisent de petites cabanes sur les eaux. On distingue aisément ces trois especes les unes des autres; le Castor a, comme j'ai déjà dit, les doigts des piés de devant séparés, & la queue large & plate horisontalement. L'Ondrata a les doigts des piés de devant & ceux des piés de derriere réunis par une membrane, & la queue longue & plate verticalement. Le Desman a la queue plate verticalement comme l'Ondatra, mais il n'a point de membranes ni aux doigts des piés de devant, ni à [p. 2:8] ceux des piés de derriere; d'ailleurs l'Ondatra & le Des - man sont beaucoup plus petits que le Castor, & ils ont une forte odeur de musc. Voyez l'Histoire du Castor que M. de Buffon a donnée dans le vol. VIII. de l'Hist. Nat. &c. pag. 282.

Le Porc - épic, fig. 2. a comme le Castor, deux dents incisives à chaque mâchoire, & point de dents canines, les doigts onguiculés; mais ce qui le caractérise le plus, ce sont les piquans qu'il a sur le corps: le Hérisson a beaucoup de rapport avec le Porc - épic, mais il en dif - fere en ce qu'il a des dents canines au - lieu que le Porc - épic n'en a point, & c'est ce qui en a fait faire un genre particulier.

On distingue plusieurs especes de Porcs - épic qui ont tous les caracteres dont je viens de parler communs entre eux, mais ils different à tant d'autres égards, qu'on les prendroit pour des animaux de différens genres, principalement le Coendou & l'Urson, dont les piquans sont courts, en petit nombre, & presque entierement cachés par de longs poils, roides à - peu - près comme des soies de Cochon. Le Porc - épic qui est représenté, fig. 2. se trouve dans les grandes Indes, il differe peu de celui d'Italie, il a seulement les piquans plus longs & plus gros; dans tous les deux la levre supérieure est fendue comme celle du Liévre, & la queue est courte, au - lieu que le Coendou & l'Urson ont la queue alongée, & leur levre supérieure n'est pas fendue. Je crois qu'il est inutile de dire que ces ani - maux n'ont pas, comme plusieurs auteurs l'ont avancé, la propriété de lancer leurs piquans comme un dard pour se défendre de leurs ennemis. M. de Buffon a dé - truit cette erreur d'une façon à ne laisser aucun doute.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XIV. (Page 23:2:8)

PLANCHE XIV.

La Roussette, fig. 1. a beaucoup de rapport avec la Chauve - souris; ses caracteres génériques consistent en ce qu'elle a comme elle, les doigts onguiculés & joints ensemble par une membrane étendue en forme d'aîle dans les piés de devant, & séparés les uns des autres dans ceux de derriere; mais la Roussette differe de la Chauve - souris, en ce qu'elle a quatre dents incisives dans chaque mâchoire, au - lieu que la Chauve - souris en a six à la mâchoire inférieure, & quatre à la mâ - choire supérieure.

On distingue trois sortes de Roussettes, qui sont la Roussette proprement dite, la Rougette & le Vampire. La Roussette est la plus grosse des trois, elle a neuf pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus, & trois piés d'envergure. Elles sont toutes trois très - voraces & très - carnacieres, cependant elles man - gent des fruits & même des herbes quand elles ne trou - vent point de chair. On a donné à la Roussette le nom de Chien - volant, à cause de sa grosseur & de son mu - seau alongé, qui ressemble assez à celui du Chien. La Roussette & la Rougette ont beaucoup de rapport en - tre elles, & on ne distingue la premiere qu'en ce qu'elle est plus grosse, & qu'elle a sur le cou un demi - collier d'un rouge vif, qui n'est pas dans la Roussette.

Le Vampire a une couleur uniforme & à - peu - près sem - blable à celle de nos Chauves - souris, elle est plus petite que la Roussette & la Rougette, cependant beaucoup plus dangereuse, parce qu'on prétend qu'elle suce pen - dant la nuit le sang des hommes & des animaux sans les éveiller. On trouve le Vampire en Amérique, & la Roussette & la Rougette sont de l'ancien continent, principalement à l'île de Bourbon & à Madagascar.

Les fig. 2. & 3. représentent deux especes d'Ecureuils dont les caracteres consistent en ce qu'ils ont deux dents incisives à chaque mâchoire, & point de dents cani - nes, les doigts onguiculés, la queue longue & couverte de longs poils rangés de façon que la queue paroît plate. L'espece la plus singuliere des Ecureuils est le Polatouche, fig. 2. qu'on appelle aussi Ecureuil - volant, parce qu'il a la faculté en s'élançant d'un arbre à l'autre, de retarder sa chûte par le moyen d'une membrane qui s'étend depuis les jambes de devant jusqu'aux jambes de derriere, mais on ne peut pas dire que cet animal vole, car il ne frappe pas l'air de ces membranes comme les oiseaux font avec leurs aîles. La face supérieure du corps de cet Ecureuil est d'un cendré clair mêlé d'un peu de jaunâtre ou de brun, & la face inférieure est blanche; il a près de cinq pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus. On trouve le Polatouche en Russie & en Lithuanie, mais plus communément en Canada.

L'Ecureuil Suisse, fig. 3. se trouve en Russie, il est un peu plus petit que le Polatouche; on lui a donné le nom de Suisse, parce qu'il est bigarré de bandes noires, rousses & blanches comme l'habit d'un Suisse: il a neuf bandes qui s'étendent depuis la tête jusqu'à la queue, mais qui sont peu apparentes sur le cou; la bande du milieu - est noire, il y en a de chaque côté une rousse, ensuite une noire, puis après une blanchâtre & enfin une noire.

Cet Ecureuil a quelques ressemblances par ces ban - des avec le Palmiste & le Barbaresque, qui sont deux especes d'Ecureuils, mais le Barbaresque n'a que six bandes, & le Palmiste trois.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XV. (Page 23:2:8)

PLANCHE XV.

Les Tatous sont des animaux quadrupedes qui ont des caracteres qui les font aisément distinguer des au - tres. Ils n'ont point de dents incisives ni de dents cani - nes, mais seulement des dents molaires, & au - lieu de poils leur corps est couvert d'un test osseux qui occupe le dessus de la tête, le cou, le dos, les flancs, la croupe & la queue, il ne s'étend pas sur la gorge, la poitrine & le ventre, ces parties sont recouvertes par une peau grenue. Le test osseux est composé de plusieurs pieces, de façon que la partie antérieure & la partie postérieure du corps sont recouvertes chacune par une seule piece, & il y a sur le milieu du corps des ban - des mobiles attachées les unes aux autres par une peau qui permet à ces bandes de se replier les unes sur les autres: de façon que ces animaux quoique couverts d'un test solide, peuvent se mettre en boule à - peu - près comme le Hérisson. Le nombre de ces bandes va - rie dans les Tatous, & servent de caracteres pour di - stinguer les especes: les uns ont trois bandes, comme l'Aspar; d'autres six, comme l'Enconbert; d'autres huit, comme le Tatuette; d'autres neuf, comme le Cachi - came; d'autres douze, comme le Kabassou; & enfin il y en a qui ont dix - huit bandes, comme le Cirquinçon. Dans cette derniere espece les bandes mobiles au - lieu de n'occuper que le milieu du corps, comme nous avons dit, s'étendent au - delà, & recouvrent toute la partie postérieure du corps.

Le Kabassou, fig. 1. est le plus grand de tous les Tatous, il y a des individus de cette espece qui ont jusqu'à deux piés huit pouces de longueur, depuis le bout du mu - seau jusqu'à l'origine de la queue. Les Tatous en géné - ral se retirent dans des terriers qu'ils se creusent sous terre avec autant de facilité que la Taupe; ils y restent le jour & n'en sortent que la nuit pour aller chercher des fruits ou des racines dont ils font leur nourriture: on trouve toutes les especes ci - dessus en Amérique.

On a donné le nom de Paresseux à deux animaux d'Amérique, parce qu'ils ont la démarche difficile, mais cependant pas aussi lente que la plûpart des voya - geurs l'ont assuré; ces animaux ressemblent par leurs caracteres génériques aux Tatous, ils n'ont point de dents incisives ni de dents canines, ils ont seulement des dents molaires, & le corps couvert de poils.

L'Unau, fig. 2. & l'Ai, sont les deux seules especes que l'on connoisse; ils different entre eux par un cara - ctere très - sensible, c'est que l'Unau n'a que deux doigts aux piés de devant, & trois à ceux de derriere, au - lieu que l'Ai en a trois aux piés de devant comme à ceux de derriere; d'ailleurs l'Unau n'a point du tout de queue, & l'Ai en a une petite, ils se nourrissent tous les deux de feuilles d'arbres, sur lesquels ils grimpent avec beaucoup plus de facilité qu'ils ne marchent sur terre, parce que leurs ongles leur servent à saisir les branches, au - lieu qu'en marchant ils les tiennent cour - bés sous la paume du pié, ce qui les gêne beaucoup.

Le Sarigue ou l'Opossum, fig. 3. est du genre des [p. 2:9] Philanders, qui ont pour caracteres génériques dix dents incisives à la mâchoire supérieure, & huit à la mâchoire inférieure, quatre doigts à chaque pié, & un pouce séparé des autres doigts, comme dans les Singes, tous ces doigts garnis d'un ongle, à l'exception du pouce des piés de derriere qui n'a point d'ongle.

On distingue trois sortes de Philanders; savoir le Sarigue, fig. 3. la Marmose, & le Cayopolin. Ces trois animaux different beaucoup des autres par le tems de la gestation qui est très - court; à - peine leurs petits ont - ils vie quand ils naissent, ils restent ensuite collés cha - cun à une mamelle fort long - tems, & ils ne la quittent que quand ils peuvent marcher. Le Sarigue femelle a une poche sous le ventre dans laquelle sont les mamel - les, & qu'on pourroit regarder comme une seconde matrice, dans laquelle le foetus acheve de se dévelop - per & prend de l'accroissement. Les femelles des autres especes de Philanders n'ont point de poches, cependant leurs petits restent collés aux mamelles comme ceux du Sarigue pour achever de s'y former.

Les trois especes de Philanders ont quelques appa - rences du Rat par la couleur du poil & par la queue qui est longue, & qui n'est garnie de poils qu'à son origine, le reste est recouvert de petites écailles. Ils se creusent des terriers comme le Rat; le Sarigue est plus grand que la Marmose & que le Gayopolin, il a plus de quinze pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus: ces trois especes d'animaux se trouvent en Amérique, & on en a donné la figure & l'histoire dans le tom. X. de l'Hist. Nat. gén. & part. &c.

HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, |QUADRUPEDES. |PLANCHE XVI. (Page 23:2:9)

PLANCHE XVI.

Les trois animaux représentés sur cette Planche, ont un caractere particulier, qui est de n'avoir point de dents; on en fait cependant deux genres séparés. On a mis dans le premier ceux dont le corps est couvert de poil com - me le Fourmilier; & dans le second, ceux qui ont le corps couvert d'écailles comme le Pangolin & le Pha - tagin. On ne connoît que ces deux quadrupedes de ce second genre; mais on distingue plusieurs especes de Fourmilier.

Le Fourmilier de la fig. 1. appellé Tamanoir, est la plus grande espece de ce genre que l'on connoisse. Il a jusqu'à quatre piés de longueur depuis le bout du mu - seau jusqu'à l'anus, le museau est fort allongé & petit; il ne sert, pour ainsi dire, que d'étui à la langue qui est très - longue, & que l'animal plonge dans les fourmilieres pour en retirer les fourmis dont il fait sa nourriture quand il est à la campagne. On l'apprivoise aisément, alors on le nourrit avec de la viande hachée & des miettes de pain qu'il ramasse fort adroitement. Tout le corps du Tama - noir est couvert de longs poils en partie jaunâtres, & en partie noirs; celui du dos près de la queue a jusqu'à quatorze pouces de longueur. Tous ces longs poils ne sont pas cylindriques comme les poils des autres ani - maux, mais plats sur une partie de leur longueur depuis l'extrémité qui est fourchue. On trouve cet animal dans l'Amérique méridionale.

Le Pangolin, fig. 2. & le Phatagin, fig. 3. sont deux animaux qui se ressemblent beaucoup. On les trouve en Afrique, ils se nourrissent de fourmis comme le Ta - manoir; mais au lieu de poils, ils ont le corps couvert d'écailles qui leur servent de défenses contre leurs en - nemis. Quand ils se voient poursuivis, ils plient leur corps en deux, en portant la tête du côté de la queue; ensuite ils rabattent leur queue sur le corps, de sorte qu'ils présentent de tous les côtés des armes qui sont fort offensives quand on y touche. Le Pangolin, fig. 2. est beaucoup plus grand que le Phatagin, fig. 3. & il a jusqu'à huit piés de longueur quand il a pris son ac - croissement, mais sa queue fait environ la moitié de cette longueur; ses écailles n'ont point de pointes comme celles du Phatagin, & ses piés sont recouverts de petites écailles jusqu'à l'extrémité, au lieu que le Phatagin les a couverts de poils ainsi que le ventre. On distingue en - core ces deux animaux l'un de l'autre par la queue qui n'a que la longueur du corps dans le Pangolin, & qui est plus longue que le corps dans le Phatagin. Voyez l'Hist. nat. gén. & part. tom. X. in - 4. p. 180.

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