ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Accord (Page 1:78)

Accord, en Musique, est l'union de deux ou plusieurs sons entendus à la fois, formant ensemble une harmonie réguliere.

L'harmonie naturelle produite par la résonance d'un corps sonore, est composée de trois sons différens, sans compter leurs octaves, lesquels forment entr'eux l'accord le plus agréable & le plus parfait que l'on puisse entendre, d'où on l'appelle par excellence accord parfait. Ainsi, pour rendre l'harmonie complete, il faut que l'accord soit composé de trois sons; aussi les Musiciens trouvent - ils dans le trio la perfection harmonique, soit parce qu'ils y employent les accords en entier; soit parce que dans les occasions où ils ne les employent pas en entier, ils ont du moins l'art de faire croire le contraire à l'oreille, en lui présentant les sons principaux des accords: comme dans les consonans, la tierce avec l'octave sousentendant la quinte, la sixte avec l'octave sousentendant la tierce, &c & dans les dissonans, la septieme avec la tierce sousentendant la quinte, de même la neuvieme, &c... dans la grande sixte, la sixte avec la quinte sousentendant la tierce, la quarte avec la seconde sousentendant la sixte, &c. Cependant l'octave du son principal produisant de nouveaux rapports & de nouvelles consonances par les complémens des intervalles, (V. Complement.) on ajoûte ordinairement cette octave pour avoir l'ensemble de toutes les consonances dans un même accord. De plus, l'addition de la dissonance (Voyez Dissonance) produisant un quatrieme son ajoûté à l'accord parfait, c'est une nécessité, si l'on veut remplir l'accord, d'avoir une quatrieme partie pour exprimer cette dissonance. Ainsi quand on veut faire entendre l'harmonie complete, ce ne peut être que par le moyen de quatre parties réunies ensemble.

On divise les accords en parfaits & imparfaits. L'accord parfait est celui dont nous venons de parler, qui est composé du son fondamental au grave, de sa tierce, de sa quinte, & de son octave; & en général on appelle quelquefois parfait tout accord, même dissonant, dont le fondamental est au grave. Les accords imparfaits sont ceux où regne la sixte au lieu de la quinte, & en général tous ceux où le son grave n'est pas le fondamental. Ces dénominations qui ont été données avant qu'on connût la basse fondamentale, sont fort mal appliquées. Celles d'accords directs, ou renversés, sont beaucoup plus convenables dans le même sens. V. Renversement.

Les accords se distinguent encore en consonans & dissonans. Les accords consonans sont l'accord parfait & ses dérivés; tout autre accord est dissonant.

Table de tous les Accords reçûs dans l'Harmonie.

ACCORDS FONDAMENTAUX.

Accord parfait & ses dérivés.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Cet accord constitue le ton, & ne se fait que sur la tonique. Sa tierce peut être majeure ou mineure, & c'est ce qui constitue le mode.

Accord sensible ou dominant, & ses dérivés.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Aucun des sons de cet accord ne peut s'altérer.

Accord de sixte ajoûtée avec la tierce mineure, & ses dérivés.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Accord de septieme diminué.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Aucun des sons de cet accord ne peut s'altérer.

Accord de sixte ajoûtée avec tierce majeure & ses dérivés.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Je joins ici partout le mot ajoûté, pour distinguer cet accord & ses renversés des productions semblables de l'accord de septieme.

Accord de sixte superflue.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

Cet accord ne se renverse point, & aucun de ses sons ne peut s'altérer. Ce n'est proprement qu'un accord de petite sixte majeure, diésée par accident.

ACCORDS PAR SUPPOSITION.

(Voyez Supposition.)

Accord de neuvieme & ses dérivés.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

C'est un accord de septieme, auquel on ajoûte un cinquieme son d'une tierce au - dessous du fondamental.

On en retranche ordinairement la septieme, c'est - à - dire la quinte du son fondamental, qui est ici la note mi; & dans cet état l'accord de neuvieme peut se renverser, en retranchant encore de l'accompagnement l'octave de la note qu'on porte à la basse. [p. 79]

Accord de quinte superflue.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

C'est l'accord dominant d'un ton mineur, au - dessous duquel on fait entendre la médiante; ainsi c'est un véritable accord de neuvieme: mais il ne se renverse point, à cause de la quarte diminuée que donneroit avec la note sensible le son supposé porté à l'aigu, laquelle quarte est un intervalle banni de l'harmonie.

Accord de onzieme ou quarte.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

C'est un accord de septieme, au - dessous duquel on ajoûte un cinquieme son à la quinte du fondamental. On ne frappe gueres cet accord plein à cause de sa dureté, & pour le renverser on en retranche la neuvieme & la septieme.

Accord de septieme superflue.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

C'est l'accord dominant sous lequel la basse fait la tonique.

Accord de septieme superflue & sixte mineure.
[omission: musical score; to see, consult fac-similé version]

C'est l'accord de septieme diminuée, sous lequel la basse fait la tonique.

Ces deux derniers accords ne se renversent point, parce que la note sensible & la tonique s'entendroient ensemble dans les parties supérieures, ce qui ne peut se tolérer.

Nous parlerons aux mots Harmonie, Basse fondamentale, Modulation, Composition, Dissonance , de la maniere d'employer tous ces accords pour en former une harmonie réguliere. Nous ajoûterons seulement ici les observations suivantes.

1. C'est une grande erreur de penser que le choix des divers renversemens d'un même accord soit indifférent pour l'harmonie ou pour l'expression; il n'y a pas un de ces renversemens qui n'ait son caractere propre. Tout le monde sent l'opposition qui se trouve entre la douceur de la fausse quinte & l'aigreur du triton; & cependant l'un de ces intervalles est renversé de l'autre: il en est de même de la septieme diminuée & de la seconde superflue, de la seconde ordinaire, & de la septieme. Qui ne sait combien la quinte est plus sonore que la quarte? L'accord de grande sixte & celui de sixte mineure sont deux faces du même accord: mais de combien l'une n'est - elle pas plus harmonieuse que l'autre? L'accord de petite sixte majeure au contraire n'est - il pas plus brillant que celui de fausse quinte? & pour ne parler que du plus simple de tous les accords, considérez la majesté de l'accord parfait, la douceur de la sixte, & la fadeur de la sixte quarte, tous accords composés des mêmes sons. En général les intervalles superflus, les dièses dans le haut, sont propres par leur dureté à exprimer l'emportement & la colere; au contraire les bémols, les intervalles diminués, forment une harmonie plaintive qui attendrit le coeur. C'est une multitude d'observations semblables, lorsqu'on sait s'en prévaloir, qui rend un Musicien intelligent, maître des dispositions de ceux qui l'écoutent.

2. Le choix des intervalles n'est gueres moins important que celui des accords, pour la place où l'on veut les employer. C'est par exemple, dans le bas qu'il faut placer les quintes & les octaves; dans le haut, les tierces & les sixtes: transposez cet ordre, vous gâterez l'harmonie en laissant les mêmes accords.

3. Enfin on rend encore les accords plus harmonieux, en les rapprochant dans de petits intervalles plus convenables à la capacité de l'oreille; c'est ce qu'on appelle resserrer l'harmonie, & ce que si peu de Musiciens savent pratiquer dans la composition de leurs choeurs, où souvent l'on entend des parties si éloignées les unes des autres, qu'elles semblent n'avoir plus de rapport entr'elles. (S)

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