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Venez faire aux cités éclater leurs merveilles; Aussi - bien en voyant les bois, Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois Parmi des demeures pareilles, Exerça sa sureur sur vos divins appas. Eh! c'est le sourvenir d'un si cruel outragé Qui fait, reprit sa socur, que jene vous suis pas; En voyant les hommes, helas! Ilm'en souvient bien davantage. (D. J.)
D'autres en qui la liberté de penser tient lieu de raisonnement, se regardent comme les seuls véritables philosophes, parce qu'ils ont osé renverser les bornes sacrées posées par la religion, & qu'ils ont brisé les entraves où la foi mettoit leur raison. Fiers de s'être défaits des préjugés de l'éducation, en matiere de religion, ils regardent avec mépris les autres comme des ames foibles, des génies serviles, des esprits pusillanimes qui se laissent effrayer par les conséquences où conduit l'irréligion, & qui n'osant sortir un instant du cercle des vérités établies, ni marcher dans des routes nouvelles, s'endorment sous le joug de la superitition.
Mais on doit avoir une idée plus juste du philosophe, & voici le caractere que nous lui donnons.
Les autres hommes sont determinés à agir sans sentir. ni connoître les causes qui les font mouvoir, sans même songer qu'il y en ait. Le philosophe au contraire deméle les causes autant qu'il est en lui, & souvent même les prévient, & se livre à elles avec connoissance: c'est une horloge qui se monte, pour ainsi dire, quelquefois elle - même. Ainsi il évite les objets qui peuvent lui causer des sentimens qui ne conviennent ni au bien - être, ni à l'être raisonnable, & cherche ceux qui peuvent exciter en lui des affections convenables à l'état où il se trouve. La raison est à l'égard du philosophe, ce que la grace est à l'égard du chretien. La grace détermine le chrétien à agir; la raison détermine le philosophe.
Les autres hommes sont emportés par leurs passions, sans que les actions qu'ils font soient précédées de la réflexion: ce sont des hommes qui marchent dans les ténebres; au lieu que le philosophe dans ses passions mêmes, n'agit qu'après la réflexion; il marche la nuit, mais il est précedé d'un flambeau.
Le philosophe forme ses principes sur une infinitê d'observations particulieres. Le peuple adopte le principe sans penser aux observations qui l'ont produit: il croit que la maxime existe pour ainsi dire par elle - même; mais le philosophe prend la maxime dès sa source; il en examine l'origine; il en connoît la propre valeur, & n'en fait que l'usage qui lui convient.
La vérité n'est pas pour le philosophe une maîtresse qui corrompe son imagination, & qu'il croie trouver par - tout; il se contente de la pouvoir démêler où il peut l'appercevoir, Il ne la confond point avec la vraissemblance; il prend pour vrai ce qui est vrai, pour faux ce qui est faux, pour douteux ce qui est douteux, & pour vraissemblable ce qui n'est que vraissemblable. Il fait plus, & c'est ici une grande perfection du philosophe, c'est que lorsqu'il n'a point de motif propre pour juger, il fait demeurer indéterminé.
Le monde est plein de personnes d'esprit & de
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