ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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nistes, les Armuriers, les Sculpteurs, les Carrossiers, les Luthiers, les Tourneurs, les Boisseliers, les Relieurs, les Maroquiniers, &c. enfin il peut servir au chaussage lorsqu'il est bien sec, il fait un feu doux, mais point de charbons.

Il y a plusieurs sortes de noyers, entre lesquels il faut principalement distinguer les noyers d'Europe de ceux d'Amérique. Ceux - ci sont très - différens des premiers, & ont entr'eux encore plus de différence. Les productions de cette derniere partie du monde sont d'une variété infinie, qui l'emporte pour la beauté, l'agrément & la singularité. Il est vrai que les fraits ne sont pas là généralement de si bonne qualité que les nôtres. On n'étoit guere plus avancé pour les fruits en Europe du tems des Romains; les especes de fruits que l'on connoissoit alors étoient en petit nombre & de médiocre qualité. Il y a donc lieu de présumer que quand on aura semé les graines d'Amérique dans différens terreins & pendant autant de tems, on obtiendra des fruits tout aussi variés & d'aussi bonne qualité.

Noyers d'Europe. 1. Le noyer ordinaire, c'est l'espece qui se trouve le plus communément.

2. Le noyer à gros fruit ou la grosse noix a les feuilles plus grandes que les autres noyers, sa noix est beaucoup plus grosse, son accroissement est plus prompt, & il fait un plus grand arbre; mais son bois n'est pas si veiné, ni si coloré, & sa noix n'est bonne qu'on cerneaux & à confire: elle est si mollaste qu'elle se ride & diminue de moitié en se dessechant, ce qui en altere aussi la qualité.

3. Le noyer à fruit tendre, cette espece est la meilleure pour la qualité de la noix; sa coquille est blanche, & elle se casse très - aisément; c'est celle qu'il faut semer par préférence.

4. Le noyer à fruit dur ou la noix féroce; cette noix est petite & si dure qu'on a peine à la casser, & encore plus à en retirer l'amande; elle n'est propre qu'à faire de l'huile. Mais le bois de cette espece de noyer est d'excellente qualité; il est plus dur, plus sort, plus veiné, & plus beau que le bois de toutes les autres sortes de noyers.

5. Le noyer à feuilles dentelées; cette espece ne s'éleve qu'à une médiocre hauteur, sa feuile est plus petite que celle du noyer commun, & sa noix plus longue.

6. Le noyer de la S. Jean; cette espece est ainsi nommée, parce qu'elle ne commence à pousser des feuilles qu'au commencement du mois de Juin, & que sa verdure n'est complette qu'à la S. Jean. Cette singularité ne fait pas le seul mérite de ce noyer, c'est une espece précieuse. Dans plusieurs provinces du royaume, en Bourgogne sur - tout, les autres noyers qui commencent à pousser dès le commencement de Mai sont sujettes à être endommagés par les gelées de printems qui perdent en même tems le fruit, au lieu que le noyer de la S. Jean ne commençant à pousser que quand la saison est assûrée, n'est jamais sujet à cet inconvénient. Cet avantage devroit bien engager à multiplier cet arbre, dont la noix qui est très - bonne mûrit presque aussitôt que les autres.

Il y a encore le noyer à petit fruit, le noyer à feuilles découpées, le noyer à grappes, & le noyer qui donne du fruit deux fois l'an. Ce sont des especes si rares qu'on ne les voit nulle part, & qu'on ne les trouve que dans les nomenclatures de Botanique.

Noyers d'Amérique. 1. Le noyer noir de Virginie à fruit long, cet arbre se trouve aussi dans le Canada & sur toutes les côtes maritimes de l'Amérique septentrionale. Il fait de lui - même une tige droite, & s'éleve à une grande hauteur; sonécorce est un peu brune & fort unie, ses racines sont noires, abondantes & garnies de chevelu; elles font rarement le pivot: sa feuille, dans les jeunes arbres, a souvent deux piés de longueur, elle est composée de différentes quantirés de follioles qui sont quelquefois jusqu'au nombre de vingt un, & communément de treize; celles du milieu de la côte sont les plus longues, & celles de l'extrémité les plus petites; elles sont d'un verd tendre, un peu jaunâtre, & en tout d'une belle apparence; leur odeur n'est ni forte, ni désagréable; elles commencent à pousser quinze jours plutôt que celles du noyer ordinaire. Les noix paroissent aussi plutôt, elles sont bonnes à manger en cerneaux des les premiers jours de Juillet, & leur chûte fur la fin d'Août annonce leur maturité: elles ont communément deux pouces & demi de longueur, avec leur brou, sur quatre pouces de cir conférence. Ce brou, lorsqu'il est frais, a une assez forte odeur de térébenthine; & au lieu d'être lisse en - dessus, il est vélouté & poissé de façon à tenir aux doigts. La coquille de cette noix est sans césure, profondement sillonnée, & si dure, qu'il faut un marteau pour la casser: en frappant sur la pointe de la noix, on vient mieux à bout de conserver l'amande; mais il faut de l'adresse pour la tirer, parce que le zeste qui la sépare est aussi ligneux que la coquille. Cette amande est seulement divisée en deux parties jusqu'au milieu, ensorte qu'en son entier elle ne représente que la moitié de nos noix. Ce noyer est plus robuste que ceux d'Europe, & rarement les gelées de printems lui causent du dommage, mais il est plus tardif à donner du fruit, & il en rapporte beaucoup moins. Il lui saut une terre franche & grasse; il se plaît dans le fond des vallées, & dans les lieux un peu humide; mais il craint les lieux secs & élevés, & il dépérit bientôt dans les terreins sablonneux, ou trop superficiels. Il y quitte ses feuilles de bonne heure; & quand la sailon est seche, elles commencent à tomber dès le mois de Septembre. On le multiplie comme nos noyers, & sans qu'il soit besoin de précaution pour le disposer à la transplantation: il y réussit, on ne peur plus aisement, parce qu'il est toujours bien sourni de racines, & qu'il fait rarement un pivot. Souvent il arrive que les noix ne levent que la deuxieme ou troisieme année, à cause de la dureté de leur coquille. Il ne faut aucune culture à cet arbre: il est plus sauvage, plus agreste que les noyers ordina res, & il y a lieu de présumer qu'il réussiroit dans les bois, parce qu'il est naturellement disposé a s'élever. M. Lepage, dans sa relation sur la Louisianne, fait mention qu'il avoit dans sa concession un bois de haute futaye de ces arbres d'environ 150 arpens.

Les noix de Virginie sont très - bonnes à manger en cerneaux, elles sont moëlleuses, moins cassantes, d'un goût plus fin, & de plus facile digestion que les noix ordinaires: elles sont si bien enveloppées de leur coquille, qu'elles se conservent dans leur fraîcheur jusqu'à la fin de l'hiver. Cette noix est qualifiée noire, parce que le brou qui est d'une substance un peu seche & résineuse s'applique à la coquille à la faveur des llons, & se noircit en se flétrissant: d'autres prétendent que c'est à cause de la couleur noirâtre du bois. Suivant le rapport des voyageurs, sur - tout de M. Lepage que j'ai déja cité, cette noix rend beaucoup d'huile, & les naturels de la Louisianne en font du pain.

Le bois de ce noyer est noirâtre, veiné, très poreux & cassant; il a cependant du soutien, & il est de très - longue durée dans la terre & dans l'eau: il paroît très - propre à la Menuiserie & aux ouvrages des Ebenistes & des Tourneurs.

Il y a déja en Bourgogne beaucoup de ces arbres qui commencent à rapporter du fruit, & il y a lieu de croire qu'il y sera bientôt répandu.

2. Le noyer noir de Virginie à fruit rond. La forme

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