LE DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
5ème Edition, 1798

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Page 642

Tendresse

Tendresse, se prend quelquefois pour La passion même de l'amour. Il a beaucoup de tendresse pour elle. Elle a le coeur plein de tendresse pour lui.

TENDRETÉ

TENDRETÉ. s. fém. Qualité de ce qui est tendre. Il ne se dit que Des viandes, des fruits, des légumes. La tendreté d'un gigot, d'un lièvre, de ces légumes, de ces fruits.

TENDRON

TENDRON. s. masc. Bourgeon, rejeton tendre de quelques arbres, de quelques plantes. Les chèvres broutent les tendrons des arbres et des plantes.

Figurément, en parlant d'Une jeune fille, on dit, que C'est un jeunetendron. Il est familier.

On appelle encore Tendrons, Les cartilages qui sont à l'extrémité des os de la poitrine de quelques animaux. Une fricassée de tendrons de veau.

TÉNÈBRES

TÉNÈBRES. sub. f. plur. Privation de lumière, obscurité. Les ténèbres de la nuit. Épaisses ténèbres. Dissiper les ténèbres.

Il se dit figurément dans le Moral. Les ténèbres de l'Idolâtrie, du péché, de l'ignorance. Marcher dans les ténèbres. Une doctrine de ténèbres. Des oeuvres de ténèbres. Des écrivains de ténèbres.

Il se dit de même pour Obscurité. Toute cette matière est pleine de ténèbres. L'histoire de la Grèce avant les Olympiades n'offre que des ténèbres. Percer les ténèbres des anciens temps. C'est un homme qui répand les ténèbres sur toutes les matières qu'il traite.

En parlant De l'Office de la Semaine sainte, on appelle Ténèbres, Les Matines qui se chantent l'après--dînée du Mercredi, du Jeudi et du Vendredi. Aller à Ténèbres. Entendre les Ténèbres. Chanter une leçon de Ténèbres.

TÉNÉBREUX, EUSE

TÉNÉBREUX, EUSE. adj. Sombre, obscur. Les voiles ténébreux de la nuit.

On appelle en Poésie, l'Enfer, Le séjour ténébreux.

On dit figurément, Les temps ténébreux de l'Histoire, pour dire, Les temps où l'Histoire est obscure et incertaine.

On dit aussi figurém. d'Un homme mélancolique, qu'Il est sombre et ténébreux, qu'il a l'air sombre et ténébreux.

Ténébreux

Ténébreux, s'emploie figurément pour signifier, Celui qui se plaît dans les ténèbres, qui cache des intentions criminelles. Un coquin ténébreux. Conspirateur ténébreux.

TÉNEMENT

TÉNEMENT. sub. mas. Terme de Pratique. Métairie dépendante d'une Seigneurie. Ténement roturier.

Il se dit aussi d'Une sorte de prescription admise dans quelques Coutumes. Ténement de cinq ans.

TENESME

TENESME. s. masc. Épreinte fort douloureuse qu'on sent au fondement, avec des envies continuelles et presque inutiles d'aller à la selle.

TENETTE

TENETTE. s. fém. Instrument de Chirurgie, qui sert à saisir et à tirer la pierre de la vessie, dans l'opération de la taille.

TENEUR

TENEUR. s. f. Terme de Pratique. Ce qui est contenu mot à mot dans un écrit. Une Sentence dont voici la teneur, dont la teneur s ensuit. Il faut avoir la teneur de cet Arrêt. L'Arrêt sera exécuté selon sa forme et teneur.

TENEUR

TENEUR. s. m. Terme de Négoce. Il n'est en usage que dans cette phrase, Teneur de livres, qui signifie, Celui qui chez un Négociant porte sur un registre en parties doubles, tout ce qui entre dans la caisse et ce qui en sort, ce qui est acheté et ce qui est vendu, ce qui est payé et ce qui est dû. Il est important pour un Négociant, pour un Marchand, d'avoir un bon Teneur de livres.

TÉNIA

TÉNIA. s. m. Mot emprunté du Latin, dont on se sert en François pour signifier, Le ver solitaire. Voyez Ver.

TENIR

TENIR. v. a. Je tiens, tu tiens, il tient; nous tenons, vous tenez, ils tiennent, Je tenois. Je tins. J'ai tenu. Je tiendrai. Tiens, tenez. Que je tienne. Que je tinsse. Je tiendrois. Avoir à la main, avoir entre les mains. Tenir un livre. Tenir une épée. Tenez bien cela, tenezle ferme, tenez--le serré. Je le tiens bien, il ne m'échappera pas. Tenir quelqu'un par le bras, par le corps. Tenir les rénes des chevaux. Tenir des chiens en laisse. Tenir des enfans par les cordons. Tenir le gouvernail d'un vaisseau. Tenir le timon d'un navire.

On dit familièrem. Se tenir les côtés de rire, pour, Rire démesurément.

On dit proverbialement, Tenir le loup par les oreilles, pour dire, Être dans une situation embarrassante, ne savoir quel parti prendre, parce qu'il y a du péril ou de l'embarras de tous côtés.

Tenir quelqu'un à la gorge, tenir le pied sur la gorge, cela tient à la gorge. Voyez Gorge.

On dit figurém. et populairement, Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, pour dire, Le tenir, le serrer de si près, qu'il ne peut échapper, qu'il ne peut s'empêcher de faire ce qu'on veut.

On dit figurément et familièrement, Tenir quelqu'un dans sa manche, pour, Disposer souverainement de quelqu'un, être en état d'en exiger ce qu'on voudra. On dit de même, Tenir quelque chose dans sa manche, pour, En être assuré.

Dans le style familier, en parlant De quelqu'un à qui il arrive quelque grand sujet de joie, on dit, qu'Il croit tenir le bon Dieu par les pieds.

On dit dans le style familier, Tenir quelqu'un le bec dans l'eau, le bec à l'eau, pour dire, Le tenir toujours dans l'attente de quelque chose qu'on lui fait espérer.

On dit, Tenir des chevaux au filet, pour dire, Les attacher avec un filet dans la bouche, afin de les empêcher de manger; et figurément, Tenir quelqu'un au filet, pour, Lui faire long--temps espérer quelque chose, sans jamais lui rien donner.

On dit figurément, Tenir quelqu'un par les lisieres, pour dire, Le mener comme un enfant.

On dit figurément et proverbialement, qu'Un homme tient le bon bout pardevers lui, pour, qu'Il est nanti, qu'il a ses sûretés.

On dit au jeu de dés, Tenir les dés, pour dire, Tenir le cornet, avoir la main pour jeter les dés. Et figurément on dit, qu'Un homme veut toujours tenir le dé dans la conversation, pour, qu'Il veut s'en rendre le maître et ne pas laisser parler les autres.

On dit d'Un fou, d'un furieux, qu'Il faut le tenir à quatre, pour dire, qu'Il faut être plusieurs à le tenir; et figurément d'Un homme difficile et emporté, qu'Il faut le tenir à quatre, pour, qu'On a de la peine à le contenir, à l'empêcher de se porter à des violences.

On dit de même d'Un homme qui fait le difficile dans un accommodement, qu'Il se fait tenir à quatre.

On dit absolument, Tenez, pour dire, Prenez ce que je vous présente. Et dans le discours familier on dit, Tenez, pour s'attirer l'attention. Tenez, tout ce que vous dites là ne me touche pas. Il se dit aussi, pour avertir de prendre garde à quelque chose, et dans le même sens qu'on a coutume de dire, Voyez. Tenez, le voilà qui passe.

On dit proverbialement, Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, pour, La possession d'un bien présent, quelque modique qu'il soit, vaut mieux que l'espérance d'un plus grand bien à venir et incertain.

On dit proverbialement et populairement à un homme de qui on veut se moquer, en faisant semblant de lui vouloir donner une chose qu'on ne lui donne pas, Serrez la main, et dites que vous ne tenez rien.

On dit aussi proverbialement et par plaisanterie, d'Un homme qui manque à réussir dans quelque chose, Il ne tient rien. Il pensoit toucher cet argent, avoir cette charge, mais il ne tient rien. Il crovoit vous attraper, mais il ne tient rien.

On dit encore proverbialement, figurément, et avec une espèce de joie maligne, d'Un homme à qui il arrive par sa faute quelque chose de facheux, de désagréable, d'embarrassant, de honteux, Il en tient. Il a perdu son procès, il en tient. Il n'a rien à répliquer à cela, il en tient.

On dit aussi d'Un homme qui devient amoureux, Cette femme lui a donné dans la vue, il en tient; et d'Un homme ivre, il a bu plus que de raison, il en tient.

On dit proverbialem. qu'Un homme tient bien ce qu'il tient, soit pour dire, qu'Il n'est pas aisé de lui faire quitter prise sur quelque chose, soit pour faire entendre, qu'Il est avare.

On dit proverbialement et figurément, qu'On tient un homme, pour, qu'On l'a réduit en tel état qu'il ne peut plus trouver d'échappatoire, qu'il ne peut plus éluder comme auparavant. Il a beau faire à présent, je le tiens.

On dit, Tenir un enfant sur les fonts de Baptême, ou simplement, Tenir un enfant, pour dire, En être le parrain ou la marraine. On dit aussi figurément et familièrement, Tenir quelqu'un sur les fonts, pour, S'entretenir de lui avec d'autres personnes. Il se dit plus ordinairement en mal. Vous avez bien fait de venir, on vous tenoit

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