ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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"241B"> quelques onces de cuivre, jettées sans addition dans un creuset rougi, seront fondues au bout d'une minute, bouilliront, & seront beaucoup plus embrasées qu'il n'est nécessaire, pour lui faire prendre dans un moule la figure qu'on veut. On met les vaisseaux par ces petites portes, & on les place sur le lut servant à assujettir les barres de fer faisant l'office de grille. On place autant de vaisseaux dans le pourtour de la chambre, qu'il y a de portes. Les vaisseaux qu'on y introduit, avant que le fourneau soit parfaitement chaud, peuvent se poser sur une tourte épaisse d'un pouce, & difficile à vitrifier. On peut voir & examiner la matiere contenue dans les vaisseaux par le petit trou pratiqué dans cette porte. Comme le sol de la troisieme chambre est beaucoup plus large que celui de la précédente, il est capable de tenir un double rang de douze vaisseaux chaque, ou plus s'ils sont de médiocre grandeur. Le feu n'est pas si fort dans celle - ci que dans la précédente, & son degré n'est que celui d'une fonte médiocre. Enfin dans la quatrieme & derniere le feu est beaucoup plus doux. Il y est très - propre aux calcinations & grillages, qu'on doit faire à un feu leger; car les vaisseaux ne font qu'y prendre un commencement de rougeur. Si l'on veut les placer dans le fourneau déjà embrasé, on les chauffera bien d'abord; ensuite on les mettra dans la quatrieme chambre, après quoi ils seront en état, par le rouge médiocre qu'ils auront pris, de passer dans la troisieme ou seconde.

Avant que d'allumer le feu, il faut avoir des appareils pour plusieurs opérations On fait ainsi quantité d'expériences avec très peu de peine, en peu de tems, & à peu de frais. Enfin M. Cramer assûre qu'il n'en a jamais fait qui lui ayent procuré autant de plaisir que celles qu'il a faites dans le fourneau en question, quoiqu'elles soient d'ailleurs tres - ennuyeuses, parce que le feu doit y être très - fort & très long - tems soûtenu dans le même état; & il affirme qu'il avance peu, en disant que tout en est dix fois plus aisé, si on en sait tirer parti.

Les vaisseaux qu'il employe pour son fourneau, sont des creusets & des tutes qu'on y place avec ou sans couvercle. Mais si l'on est obligé d'examiner ou d'agiter souvent la matiere qu'ils contiennent, & de les garantir en même tems de la chûte des cendres qui voltigent, il faut faire une échancrure à leur bord supérieur, puis y appliquerune fermeture qu'on assujettira avec du lut. On peut encore construire exprès des vaisseaux cylindriques fermés par le haut, n'ayant qu'une ouverture par le côté, qu'on aura soin de tourner vers la porte, enfin ce qu'on appelle des creusets de Verrerie. Si l'on se sert de creusets triangulaires, il faut que l'un des angles soit dirigé vers le centre du fourneau, & le côté opposé tourné du côté des portes. Faute de ces précautions, les vaisseaux sont sujets à se fendre.

Au défaut de ce fourneau, M. Cramer s'est servi autrefois, avec assez de succès, de son athanor que nous avons matqué fig. 56. & que nous décrirons plus bas. Il ajustoit une trompe à son cendrier comme au précédent; il plaçoit les vaisseaux sur des tourtes dans la chambre voisine de la tour; il levoit tout - à - fait la plaque de fer destinée à empêcher l'accès du feu de la tour dans la premiere chambre; il maçonnoit la porte de cette chambre avec des briques & du mortier, laissant pour introduire les vaisseaux deux petites portes qu'il fermoit avec des pistons; il plaçoit les vaisseaux qui demandoient le plus grand feu tout près de la fenêtre biaise, au moyen de laquelle le feu passe du foyer dans la premiere chambre; ceux à qui un feu plus doux suffisoit, au milieu de la chambre, & vis - à - vis la même fenêtre. Mais comme les pierres n'étoient pas des meilleures, & qu'il y avoit soûtenu pendant deux jours un feu de la derniere violence, le fourneau s'étoit tout détruit, & les tourtes s'étoient confondues avec les pierres vitrifiées, quoiqu'il ne se fût pas répandu de verre des vaisseaux; inconvénient qu'on doit prévenir avec tous les soins imaginables; car s'il arrive un certain nombre de fois, le fourneau est hors d'état de servir davantage.

Des fourneaux d'essai. Ce sont ceux dont nous avons donné la description à l'article Essai, & qui dans nos Planch. de Chimie sont marqués fig. 45 - 48. 49 - 50 - 53. 54 & 55. leur place natuielle eût été celle - ci. Après les fourneaux de calcination & de fusion, doivent venir ceux qui sont cela tout - à - la - fois; mais nous nous contenterons d'y faire quelques additions. Voici les proportions que les fournalistes de Paris donnent à ceux qu'ils font en terre, fig. 54. Ils font un sol de 18 ou 20 lignes d'épaisseur, de 12 ou 13 pouces de large, ou d'un côté à l'autre, & de 13 ou 14 pouces de devant en - arriere; quelquefois ils le font tout - à - fait quarré, & le fourneau en est tout aussi bon. Tantôt il est plus grand, & tantôt il l'est moins; cela dépend du nombre d'essais qu'on y veut faire à - la - fois, & de la quantité de matiere qu'on a à y traiter. Ils élevent ensuite des murailles à la hauteur de trois pouces ou trois pouces & demi; & c'est pour lors qu'ils pratiquent le petit rebord qui soûtient les barres faisant l'office de grille. Ces murailles ont aussi 18 ou 20 lignes d'épais. Ils pratiquent trois ouvertures ou soupiraux au cendrier, une endevant & une de chaque côté. Toutes trois ont en largeur quatre pouces & demi d'embrasure réduits à quatre pouces en - dedans sur trois de hauteur. Audessus des barres - grilles qui sont posées en losange, & qui, ayant huit lignes d'équarrissage, occupent environ un pouce d'épaisseur horisontale, ce qui fait quatre pouces & demi de haut, ils élevent en ore les murailles de deux pouces, & quelquefois de trois ou quatre, avant que de faire les trous pour placer les barres soûtenant la moufle. Ces trous sont au nombre de quatre, deux devant & deux derriere. Ils ont huit ou neuf lignes de diametre pour recevoir des barres rondes de même grosseur à - peu - près. Comme ces barres terminent la couche de charbon placée entre la grille & la moufle, & que cette couche ne suffit pas à beaucoup près pour la plûpart des essais, nous avons déjà remarqué à leur article que c'étoit un inconvénient à corriger, & qu'il falloit quatre ou cinq pouces, au lieu de deux, entre la moufle & les barres - grilles. Cet espace doit même être plus considérable, quand on veut employer ce fourneau à l'émail, soit tel qu'il est, soit modifié de la façon particuliere qui convient à ce genre de travail. Voyez Email. Du - dessus des barres au haut du fourneau, il y a cinq ou six pouces d'espace. Deux ou trois lignes au - dessus de ces mêmes barres, on fait une ouverture demi - circulaire de cinq ou six pouces de large en - bas sur trois ou quatre de haut dans son milieu. C'est la porte de la moufle. Quand celle - ci est un peu longue, & qu'on y place des vaisseaux un tant - soit - peu grands, il manque de l'élévation à sa porte. Ainsi on ne risque rien de la faire d'un pouce ou d'un demi - pouce plus haute. Au - dessus de ce corps qui est en tout haut de quinze pouces, est le dôme en pyramide quarrée haute en tout de cinq pouces, & se terminant par une ouverture de quatre pouces aussi quarrée. Cette ouverture doit se terminer de façon qu'on y puisse ajuster la buse i ou naissance de tuyau qu'on voit au - dessus de la fig. 54. pour augmenter le feu, & avoir la facilité de continuer cette cheminée. Ainsi la hauteur totale du fourneau est de vingt pouces sans sa cheminée.

On fait encore des fourneaux d'essai sur le champ avec des briques & des barres de fer, ou bien une grille d'une seule piece. On leur laisse en côté une [p. 242] fenêtre pour observer si le charbon s'affaisse bien fous la moufle & à ses côtés: cette fenêtre est aussi nécessaire dans les autres especes de fourneaux d'essai.

Le fourneau d'essai sans grille qu'on voit représenté Planche I. tome I. de Schlutter, & fig. 55. de nos Planches, est celui de Fachs. Ercker en a senti les inconvéniens, & préfere celui qui a un cendrier. Le fourneau de Fachs se trouve dans Libavius & Glaser. Celui de Cramer est pris d'Ercker. Il est précisément le même, si on en excepte peut - être que les deux portes en coulisse du cendrier ont chacune, de même que celles de la bouche du foyer, un trou qui n'y est pas fort nécessaire. Celui qu'on voit dans Rhenanus est aussi le même que celui d'Ercker.

Fachs a fait beaucoup de corrections aux fourneaux d'essai d'Agricola; mais il les a laissés sans grille. Ceux d'Agricola sont tres - défectueux; ils ressemblent assez à certains fourneaux d'émail qui sont cncore aujourd'hui en usage.

Stahl me paroit être le premier qui ait demandé pour les fourneaux d'essai, comme pour ceux de reverbere, un tuyau ajusté à leur dôme, fund. chem. p. 44. Il avance p. 157. que l'espece de fourneau en question ne demande pas, pour être construit, autant de précision qu'on l'a cru, & que c'est s'amuser à des inutilités & à des minuties; que les qualités que doit avoir un fourneau d'essai se réduisent à ce qu'il pompe bien l'air, & puisse fondre de l'argent. Ces vûes sont remplies par des regîtres placés à la partie supérieure du fourneau, un cendrier garni de sa porte, & un couvercle pour donner froid, par une juste proportion de la moufle & une distance de deux doigts entr'elle & les parois du fourneau. On verra par la lecture de cet article, si Stahl n'a pas pu se tromper.

Le fourneau d'essai à l'angloise (fig. 45 - 49.) en brique, & celui qui est en terre, dont nous avons donné la description, ne se trouvent, que je sache, qu'une fois chacun à Paris.

Le fourneau d'émail qu'on voit dans Haudicquer de Blancourt, est sans grille comme tous les autres. Il est plus que probable que l'émail qui doit son origine à la chimie, lui doit aussi le fourneau qui y est employé. C'est le fourneau d'essai qu'on a pris, mais le fourneau d'essai sans grille. Depuis ce tems les Chimistes ont corrigé ce defaut de grille; mais les Emailleurs qui en ont été séparés n'ont point profité de cette correction; & cela n'est point étonnant. La plûpart des essayeurs eux - mêmes ne l'ont pas cncore admise; & l'on fait même encore des essais avec une moufle sans sol, comme celle des émailleurs ordinaires: construction qui peut avoir ses avantages pour les essais, mais qui me paroît n'avoir que des inconvéniens pour l'émail. Voyez Moufle.

On n'a mis à l'article Essai que ce qui regardoit la construction du fourneau de la fig. 50 - 53. au - moins s'est - on peu étendu sur son usage général. Le voici. Pour faire usage de ce fourneau, l'artiste l'élevera de deux ou trois piés, de quelque façon qu'il le fasse, afin qu'il puisse voir commodément par l'embouchure de la moufle les progrès de l'opération, sans être obligé de se baisser. Il passera dans les quatre trous inférieurs qui répondent les uns aux autres, deux barres de fer épaisses d'un pouce, & de telle longueur que leurs extrémités débordent un peu les parois du fourneau de chaque côté. Ces barres sont destinées à soûtenir la moufle qu'on introduit par l'ouverture supérieure du fourneau, avant que d'y mettre le dôme pyramidal; on la place de façon que son embouchure ne semble faire qu'une seule & même piece avec le bord de la porte qu'on appelle de son nom: après quoi on la lute avec ce même bord, parce qu'il faut l'assujettir. La substance qui doit servir d'aliment au seu & la grille se mettent par le haut du fourneau, dont le dôme doit être conséquemment mobile encore pour cette raison, & assez leger. Les charbons faits de bois dur, & surtout ceux de hêtre, sont les plus propres pour ces sortes de circonstances. On les met par morceaux de la grosseur d'une noix, & l'on en couvre la moufle d'une couche de plusieurs pouces. Nous donnons l'exclusion aux charbons qui sont plus longs ou plus gros, parce qu'ils ne se rangent pas bien autour de la moufle, & ne remplissent pas exactement l'espace étroit qui est entr'elle & les parois du fourneau: d'où il arrive que le feu est, ou inégal, ou trop foible, à cause des vuides qui se rencontrent nécessairement pour lors. C'est pour cela que nous avons conseillé de faire une petite porte à côté du fourneau. Il est cependant un juste milieu duquel on ne peut s'écarter; car si l'on cassoit le charbon trop petit, la plus grande partie passeroit à - travers la grille, & tomberoit dans le cendrier; ou bien se réduisant trop promptement en cendres, elle boucheroit bien - tôt la grille par la quantité en laquelle elle s'y amasseroit, & empêcheroit le libre passage de l'air, qui est si nécessaire en pareille occasion.

Comme les opérations qu'on fait avec ce fourneau exigent pour l'ordinaire un feu conduit avec exactitude, on fera attention aux circonstances suivantes. 1°. Le fourneau étant plein de charbons allumés, si l'on ouvre entierement la porte du cendrier, & qu'on approche l'une de l'autre les coulisses de la porte de la moufle, on augmente le feu. Son action deviendra plus forte, si on met le dôme, & qu'on lui adapte le tuyau de deux piés (fig. 49.). 2°. Mais on aura un feu extrème, si, laissant le fourneau dans l'état dont neus venons de parler, excepté la bouche de la mousle qu'on ouvrira, on lui applique le canal de tôle rempli de charbons ardens. On est rarement obligé d'en venir à cet expédient pendant l'opération; on n'y a recours que quand on commence à allumer le feu, parce que ce seroit en pure perte qu'on attendroit patiemment pendant quelques heures qu'il eût acquis le degré d'activité convenable. On est encore obligé de recourir à cette disposition, quand on a à faire une opération qui exige un feu violent pendant un tems chaud & humide, l'air étant en stagnation, & n'étant plus capable par la diminution qu'il souffre de son ressort, de donner au feu l'activité nécessaire au succès de l'entreprise. On peut déduire de ce que nous avons dit, quels doivent être les moyens de diminuer le feu.

Lorsqu'il a été poussé à la violence qu'il peut avoir dans le fourneau en question, elle devient moindre si l'on retire les charbons du canal de tôle, & si l'on ferme la porte de la moufle; on lui ôtera encore un degré d'activité en retranchant le tuyau du dôme; l'action du feu se ralentira encore, si on ne laisse la porte de la moufle fermée que par la coulisse qui a la plus petite ouverture: sa diminution sera plus considérable, si on lui substitue la seconde coulisse dont l'ouverture est plus grande. Le feu enfin sera encore assoibli si l'on ôte le dôme, & s'éteindra ensuite tout - à - fait, si l'on ferme en tout ou en partie la porte du cendrier, puisqu'on interdit par - là le passage à l'air, dont le jeu est nécessaire à l'entretien & à l'augmentation du feu. On a encore un moyen de diminuer l'ardeur du feu presque tout - d'un - coup si l'on veut, c'est d'ouvrir tout - à - fait la bouche du foyer; car l'air froid qui y entre pour lors avec impétuosité, raffraîchit tellement les matieres qui sont placées sous la moufle, qu'il n'est point d'opération qui demande un degré de feu si foible, puisque l'ébullition du plomb cesse même entierement. Si l'on voit que le teu commence à manquer, ou même à devenir inégal dans quelque endroit de la mousle, c'est une preuve que le charbon ne s'est pas affaissé à - mesure

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