ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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TRAGACANTHA (Page 16:512)

TRAGACANTHA, s. m. (Hist. nat. Bot.) genre de plante dont Tournefort compte trois especes, la plus commune est nommée tragacantha altera, Poterium fortè, I. R. H. on l'appelle vulgairement en françois barbe - renard. C'est un sous - arbrisseau qui ressemble à la plante d'où sort la gomme adraganth, & qui en est une espece. Il pousse beaucoup de rameaux longs environ d'un pié, flexibles, grêles, se répandant au large, blanchâtres pendant qu'ils sont encore tendres, lanugineux, garnis de plusieurs épines longues, qui sont les côtés des anciennes feuilles. Ses feuilles sont fort petites, rondes, blanches & velues; elles naissent par paires, sur une côte terminée par un piquant. Ses fleurs sont légumineuses, blanches, soutenues chacune par son calice fait en cornet dentelé. Quand cette fleur est passée, il lui succede une gousse, divisée selon sa longueur en deux loges remplies de quelques semences, qui ont ordinairement la figure d'un petit rein. Sa racine est longue, branchue, pliante, couverte d'une écorce noire; blanche en - dedans, fongueuse, gommeuse, douçâtre au goût. Cette plante naît en Candie & en Espagne, aux lieux montagneux, arides & incultes. (D. J.)

Tragacantha (Page 16:512)

Tragacantha, (Hist. nat. Botaniq. exot.) le tragacantha d'où la gomme adraganth découle, s'appelle tragachanta Cretica, incana, flore parvo, lineis purpureis sticato, corol. I. R. H. 29.

Ses racines sont brunes, plongées profondément dans la terre, & partagées en plusieurs branches; elles donnent naissance à des tiges épaisses d'un pouce, longues de deux ou trois piés, couchées en rond sur la terre: elles sont fermes, d'une substance spongieuse, remplies d'un suc gommeux, & entrelacées de différentes fibres, les unes circulaires, les autres longitudinales, & d'autres qui s'étendent en forme de rayons du centre à la circonférence.

Ces tiges sont couvertes d'une écorce ridée, brune, épaisse d'une ligne, & se partagent en un nombre infini de rameaux hérissés d'épines, & dénués de feuilles à leur partie inférieure qui paroît seche & comme morte, mais la partie supérieure est chargée de beaucoup de feuilles composées de 7 ou 8 paires de petites feuilles, attachées sur une côte d'un pouce de longueur; ces petites feuilles sont longues de deux ou trois lignes, larges d'une demi - ligne, arrondies, terminées en pointe mousse, blanches & molles: la côte qui les porte, se termine en une epine longue, roide, aiguë & jaunâtre, sa base est large, membraneuse, garnie de deux aîlerons, par le moyen desquels elle embrasse les tiges.

Les fleurs sortent à l'extrémité des rameaux, de l'aisselle des côtes feuillées: elles sont légumineuses, longues de quatre lignes, légerement purpurines, avec un étendart arrondi plus long que les autres parties, un peu échancrée, & panachée de lignes blanches.

Les etamines sont au nombre de dix filets, dont neuf sont réunis ensemble dans presque toute leur longueur: ils sont égaux, droits, chargés de sommets arrondis, & forment une gaine membraneuse qui enveloppe l'embryon. Le pistil est un embryon dont la base creusée en - dessus, répand une liqueur miellée; cet embryon se termine en un stile grêle un peu redressé, chargé d'un petit stigma obtus. Le calice a la forme d'un coqueluchon; il est long de trois lignes, découpé en cinq parties & couvert d'un duvet blanchâtre. Quand les fleurs sont tombées, il leur succede des gousses velues, renflées, & partagées en deux loges, remplies de petites graines, de la figure d'un rein.

Cet arbrisseau croît dans l'île de Crete, & dans plusieurs endroits de l'Asie. M. de Tournefort a eu le plaisir d'observer à son aise la gomme adraganth découler naturellement de cet arbrisseau sur le mont Jon, sur la fin de Juin, & dans les mois suivans; le suc nourricier de cette plante épaissi par la chaleur, fait crever la plûpart des vaisseaux où il est renfermé, non seulement il s'amasse du coeur des tiges & des branches, mais dans l'intérieur des fibres, lesquelles sont disposées en rayons. Ce suc se coagule en filets, de même que dans les porosités de l'écorce; & ces filets passant au - travers de cette partie, sortent peu - à - peu, à mesure qu'ils sont poussés par le nouveau suc que les rameaux fournissent.

Cette matiere exposée à l'air, s'endurcit, & forme ou des grumeaux, ou des lames tortues, semblables à des vermisseaux, plus ou moins longs, suivant la matiere qui se présente: il semble même que la contraction des fibres de cette plante, contribue à l'expression de la gomme adraganth: ces fibres déliées comme de la filasse, découvertes & foulées par les piés des bergers & des chevaux, se raccour cissent par [p. 513] la chaleur, & facilitent la sortie du suc extravasé.

Il faut maintenant parler du genre de plante ordinaire nommé tragacantha par plusieurs botanistes, & en françois barbe - renard, mais nous en ferons, pour éviter la confusion, une article à - part. (D. J.)

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