ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Pont

Pont, on donne ce nom dans la guerre des siéges, aux différens endroits de la tranchée, lors de son ouverture, où le travail se trouve interrompu, parce que les soldats placés dans ces endroits sont tués ou blessés par le feu de l'assiégé.

Les officiers chargés de veiller à la conduite des travailleurs dans la tranchée, doivent dans tous les endroits où ils trouvent des ponts, y faire travailler les soldats des environs, si - tôt que leur ouvrage peut les couvrir suffisamment. (Q)

Pont de jonc

Pont de jonc, (Architect. milit.) c'est un pont fait avec des bottes ou des fagots de ces grands joncs, qui croissent dans des lieux marécageux; ces bottes étant liées ensemble, on attache des planches par - dessus, & cet assemblage se met dans des endroits marécageux & pleins de bourbe, pour le passage de la cavalerie & de l'infanterie. (D. J.)

Pont - aqueduc

Pont - aqueduc, (Architect. hydraul.) pont qui porte un canal.

Pont - levis

Pont - levis, (Architect.) c'est un pont fait en maniere de plancher, qui se hausse & se baisse devant la porte d'une ville, par le moyen de fleches, de chaînes, & d'une bascule. Voy. l'art. cap. Pont. (D. J.)

Ponts - volans

Ponts - volans, en termes de Fortification, sont ceux que l'on fait de deux ponts petits mis l'un sur l'autre, de maniere que le supérieur, à force de cordes & de poulies, est poussé en avant, jusqu'à ce qu'il soit placé à l'endroit qu'on se propose. Voyez Pont.

Il faut prendre garde que leur longueur n'excede pas cinq toises, car le poids des hommes qui doivent passer dessus ne manqueroit pas de les rompre.

Pont de communication

Pont de communication, c'est dans la Fortification, des ponts à fleur d'eau, qui communiquent de la courtine ou de la tenaille à la demi - lune, & de la gorge de cet ouvrage aux places d'armes rentrantes du chemin couvert. On donne aussi le nom de pont de communication aux différens ponts que l'on fait sur les rivieres & les ruisseaux dans la guerre des siéges & celle de campagne, pour la communication des troupes. Voyez Pont a fleur d'eau

Les ponts de communication qu'on fait dans les camps, dans les marches pour le passage des troupes, soit sur des ruisseaux ou des endroits aquatiques où le fond n'a point de consistance, se font de cette maniere.

On pose plusieurs grosses poutres, ou des arbres qu'on trouve sur le lieu, sur la largeur du ruisseau ou du mauvais pas. On les prend assez grands pour qu'ils s'appuient sur les deux bords opposés du passage. On pose d'autres poutres perpendiculairement sur les premiers. On fixe la situation des uns & des autres par de longs piquets bien enfoncés dans la terre. On pose ensuite un lit de terre & de fascines sur l'espece de chassis précédent, après avoir bien rempli de terre les intervalles des poutres, & l'on a ainsi un pont sur lequel les troupes & l'artillerie peuvent passer. Il est à propos, pour le rendre plus solide, de bien battre & fouler la terre que l'on jette dessus, & de larder les fascines de longs piquets qui les joignent ensemble & qui les fixent sur l'aire ou le plancher du pont, afin que le mouvement des voitures qui passe dessus ne les dérange point. (Q)

Ponts de bateaux

Ponts de bateaux, c'est dans l'Artillerie, des ponts qui se forment sur les rivieres avec des bateaux ou des pontons pour le passage des armées. Voyez Pontons & Passage de riviere.

Ces ponts se font avec les bateaux qu'on trouve sur les rivieres, ou avec des pontons qui font toujours partie de l'équipage de l'artillerie de l'armée. On place les bateaux ou les pontons à la distance d'environ neuf piés les uns des autres, de maniere que leurs bords soient paralleles aux deux côtés de la riviere. Ils sont bien amarrés ou attachés ensemble par un gros cable qui traverse la riviere, qui se nomme cinquenelle, lequel est solidement attaché sur les bords opposés, & bien tendu par le moyen d'un cabestan. Pour contenir les pontons dans une situation fixe, on amarre deux cordages en sautoir d'un ponton à l'autre; on attache de même les pontons au rivage avec de forts & solides piquets. Lorsqu'on ne contient point les pontons de cette maniere, on les arrête par deux cinquenelles qui traversent la riviere: ils y sont attachés par l'avant & l'arriere.

On pose des poutrelles ou de petites solives de sapin sur les bateaux ou pontons; elles font une espece de chassis sur toute l'étendue de la largeur de la riviere: on couvre ces poutrelles d'un assemblage de fortes planches de sapin qui forment l'aire ou le plancher du pont.

Le nombre des bateaux ou des pontons nécessaires pour la construction d'un pont, dépend de la largeur de la riviere. Un ponton doit en couvrrir environ dix piés, ou ce qui est la même chose, soutenir environ dix piés de la longueur du pont. Voyez sur ce sujet les Mémoires d'artillerie de Saint - Remy, troisieme édition, t. II. p. 366. le premier volume des Mémoires de la guerre des fiéges, seconde édition, &c. (Q)

Pont a fleur d'eau

Pont a fleur d'eau, est dans l'Art militaire, un pont qui se fait pour la communication des ouvrages lorsque les fossés de la place sont pleins d'eau: on appelle ces sortes de ponts, ponts à fleur d'eau, parce que la surface ou l'aire du pont n'est pas plus élevée que le niveau de l'eau; ensorte que l'ennemi ne peut les découvrir pour les détruire. Ils sont composés d'especes de chevalets qui soutiennent les planches qui forment le passage: on ne leur fait point de garde - fou. Ces ponts vont des poternes du corps de la place à la demi - lune, ou à quelque autre ouvrage: on en fait aussi le long des gorges, pour aller de la demi - lune dans le chemin couvert ou les contregardes, &c. Voyez Ponts de communication. (Q)

PONT - LEVIS

PONT - LEVIS, dans la Fortification, est une partie du pont par lequel on entre dans la place ou dans quelques - uns de ses dehors, laquelle partie touche immédiatement la partie extérieure du rempart, & qui se leve & se baisse ainsi qu'on le veut pour boucher ou fermer le passage de la porte.

La partie du pont dont est retranchée le pont - levis se nomme pont - dormant, à cause de sa situation fixe & immobile.

Il y a des pont - levis à bascule & à fleches.

Les ponts - levis à bascules sont composés d'une espece de chassis, dont une partie est dessous la porte, & l'autre en - dehors. Cette partie qui est en - dehors se nomme le tablier du pont: c'est elle qui forme proprement le pont - levis. Ce pont se meut sur une espece d'axe ou essieu, ensorte qu'en baissant sa partie qui est sous la porte, celle qui joint le pont dormant s'éleve & bouche la porte, & qu'en élevant ensuite cette partie, l'autre s'abaisse pour se réunir avec le pont dormant & former le passage ou l'entrée de la place ou de l'ouvrage auquel le pont appartient.

La partie du pont qui est sous la porte se baisse dans une espece de cage ou d'enfoncement, pratiquée à cet effet, qu'on nomme par cette raison la cage de la bascule.

Les ponts - levis à fleches sont ceux qui se meuvent par le moyen de deux pieces de bois suspendues en bascule au haut de la porte, & auxquelles le pont est attaché avec des chaînes de fer par sa partie qui tombe sur le pont dormant. Ces pieces de bois se meuvent sur une espece d'essieu placé sur le bord extérieur de la porte; elles sont appellées fleches, ce qui a fait donner ce nom aux ponts - levis, où elles sont employées. A la partie extérieure des fleches, c'est - à - dire à leur extrémité sous la porte, il y a des chaînes

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