ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Comme la came est ordinairement dans un fond vaseux, elle ne tend qu'à s'ensevelir & à se cacher dans la vase; elle tâte d'abord le terrein à droite & à gauche, & à force de mouvement elle s'y enfonce, en repliant sa jambe sous la valve qui touche à la terre.

Si cette opération qui la fait pénétrer un peu avant dans la petite fosse qu'elle a creusée, ne suffit pas, elle sait incliner le côté de sa coquille qui lui répond, & la dresse sur le tranchant des valves; la jambe n'y peut parvenir qu'à force de s'enfoncer & de tirer à soi sa maison. Un quart - d'heure suffit à peine à cette opération; il lui faut ensuite peu de tems par son pròpre poids pour se cacher entiérement. Voyez Dargenville, Conchyl. & les Mem. de l'acad. des Scienc. année 1710. (D. J.)

PALPABLE

PALPABLE, adj. ce qui se peut appercevoit par le sens du toucher. Voyez Sens, & Toucher.

Ce mot se dit aussi dans le sens métaphorique. Ainsi on dit: tel raisonnement est palpable, pour dire qu'il est facile à l'esprit de le saisir.

PALPITATION

PALPITATION, s. f. (Médec.) Toute action qui produit un mouvement déréglé involontaire, un peu plus fort que le tremblement, dans une organe animal, vital & particulier, s'appelle palpitation.

Il faut chercher les causes de ce phénomene, ou dans les parties solides, ou dans les fluides, ou dans l'action unanime des uns & des autres.

Les causes organiques qui empèchent le sang de circuler librement dans le coeur, comme l'ossification de ce viscere, la callosité, le calcul, l'excroislance, la tumeur, l'induration, le grumeau, l'ulcere, la concrétion avec le péricarde. Les mêmes maladies des arteres aorte & pulmonaire, les anévrismes & les varices causent aussi une palpitation de longue durée, qui augmente fortement en même proportion que le mouvement musculaire avec un pouls inégal, & une respiration suffoquante. Souvent il est facile d'entendre le mouvement du coeur, & de le sentir extérieurement à la faveur du toucher. Il n'y a guere de reméde qui puissent guérir cette espece de palpitation; ceux qui y sont sajets, doivent éviter tout ce qui peut augmenter le mouvement musculaire, de crainte qu'ils ne soient suffoqués par une trop grande quantité de sang amassé dans le coeur.

Mais si dans les fievres aiguës, inflammatoires, érésipélateuses, ou rhumatismales, soit que les parties en question soient attaquées de ces maladies, soit que la fievre y produise une métastase, la palpitation qui y survient est dangereuse, & doit être traitée comme une maladie aiguë.

Les corps trop mobiles, comme ceux des hystériques & des hypochondriaques, pour peu qu'ils s'abandonnent à une seule passion de l'ame, qu'on trouble leur sommeil dans le tems des regles, dans leur suppression & dans les pâles couleurs, tombent dans la palpitation, qui cesse dès qu'on a remédié à leur excessive mobilité.

Les vers qui se trouvent attachés à quelque endroit du corps, sur - tout au péricarde, produisent par leur mouvement déréglé & leur picotement, une palpitation qu'il faut, suivant les auteurs, traiter par le secours des amers.

Le trop grand épaississement d'une humeur qui l'empêche de circuler librement, & qui tend à acquérir un caractere de lenteur, qu'on connoît par la présence d'une fievre aiguë, ou par les marques de celle qui a précédé, cause une très - dangereuse palpitation, dont le traitement consiste dans l'usage des antiphlogistiques.

A l'égard de l'épaississement crud, visqueux, cacochyme, il produit de la même maniere la palpi - tation par sa trop grande difficulté à circuler; mais on le connoît aisément aux autres marques dont on a fait mention, & il se dissipe en même tems que ces maladies se trouvent guéries.

Souvent les parties picotées par quelqu'acrimonie, comme dans le scorbut, la goutte, le cathare erratique ou repoussé à l'intérieur du corps, tombent dans la palpitation, qu'on doit traiter conséquemment à la connoissance de l'acrimonie.

La palpitation qui suit l'ordre des fievres intermittentes, demande l'usage des fébrifuges; mais celle qui dure après la guérison de la fievre, & qui provient de foiblesse, ou d'un grumeau laissé dans quelque partie (à quoi il faut avoir égard dans la curation), ne cede point aux sébrifuges; il faut donc découvrir sa cause, & y appliquer les remedes convenables.

Dans l'affoiblissement des forces, & les évacuations trop abondantes, on a vû naître des palpitations qui ont trouvé leur guérison dans les alimens de facile digestion, & les corroborans.

Souvent aussi la palpitation du coeur & des autres parties, est causée par une sérosité ou une pituite amassée dans la tête; elle se guérit, dès qu'il se fait quelqu'évacuation par les oreilles ou par le nez.

Presque toutes les évacuations naturelles ou morbifiques supprimées, font naître une palpitation qui se dissipe aussi - tôt par le relâchement du ventre, par la saignée, ou quelqu'autre evacuation artificielle.

La plus dangereuse de toutes les palpitations, est celle qui arrive dans ces sortes de fievres aigues, qui après l'épuisement des forces, tendent au sphacele. (D. J.)

PALPLANCHES

PALPLANCHES, s. f. Voyez Pal - a - planche. On lit, Science des Ing. liv. III. p. 57, que quand on veut garnir les devans des fondemens par des pilots de bordage, on y fait quelquefois des rainures qui se répondent diamétralement, & l'on introduit des palplanches. La largeur des rainures se proportionne à l'épaisseur des palplanches.

PALSEY

PALSEY, (Géog. mod.) ville d'Ecosse dans la province de Cleydsdale; elle étoit autrefois renommée par une abbaye de l'ordre de Clugny. Elle est sur le Carl, à 15 lieues d'Edimbourg, 133 de Londres. Long. 12. 40. lat. 56. 30.

PALTA

PALTA, s. f. (Hist. nat. Bot.) fruit qui croît au Pérou. Les Espagnols l'appellent poire, les Sauvages palta, de la province où il croît. Il est plus gros que notre poire. Il a la peau mince & unie, & la chair épaisse d'un travers de doigt. Au centre il y a un noyau de la même force que le fruit. La chair est saine & de bon goût. On la permet aux malades avec du sucre. L'arbre qui porte la palta, est désigné par les Botanistes sous le nom de palsifera arbor. Fresus dit que la palta est également grosse par les deux bouts; que la chair & la peau en sont verdâtres; & qu'on la mange avec du sel & du sucre. Au reste c'est la même chose que l'aguacates. Le noyau rond ou un peu pointu, est de la grosseur d'une châtaigne. La pulpe est molle comme le beurre, & elle en a un goût mélé de celui de noisette. On l'abat pour la manger avec le sucre & le jus de citron: c'est la meilleure maniere de l'apprêter.

PALUDAMENTUM

PALUDAMENTUM, s. f. (Antiq. Rom.) C'étoit l'habit militaire du général des armées romaines. Il ne prenoit cet habit qu'en partant de la ville, lorsqu'il avoit reçu la qualité de général d'armée; & pendant deux siecles & demi les empereurs n'oserent point le porter dans Rome. Gallien est le premier qui l'ait porté dans la ville.

Les uns font de cet habillement une cote d'armes,

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