ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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quatrieme, & cette derniere un peu moins prosende que celle du quatrieme au cinquieme. Il faut les dégager toutes, selon la douceur de la peau.

Vos enlevûres faites à une distance proportionnée pour placer le pouce, vous pratiquez vos arrierefentes; vous repliez votre étavillon; vous posez le pouce; vous donnez aux doigts leur longueur; vous les rafilez; vous posez les pieces aux rebras; vous pliez votre gant en deux; vous le garnissez de ses fourchettes, & vous l'envoyez à la couturiere.

Les gants se cousent avec de la soie, ou avec une sorte de fil très - fort qu'on appelle fil à gant.

Il ne faut perdre ni le pelun ni les retailles; le pelun se vend aux Tissiers; les retailles de peaux blanches, aux Blanchisseurs de murailles.

Les gants, au retour de chez la couturiere, sont vergettés paire par paire avec une brosse qui ne soit ni dure ni molle; dure, elle endommageroit la couture; molle, elle ne nettoyeroit pas. On prend ensuite du blanc d'Espagne, & non de la céruse, qui brûle la peau. On en répand avec la brosse sur toute la surface du gant. On fait prendre ce blanc à la peau. On ôte le superflu en battant les gants par un tems sec, sur une escabelle, six paires à six paires, jusqu'à ce qu'ils n'en rendent plus. On les brosse, & alors les gants sont prêts à être gommés.

Pour cet effet, ayez de la gomme adragant la plus blanche & la plus pure; deux ou trois jours avant le blanchissage, versez sur cette gomme un peu d'eau; que l'eau couvre à peine la gomme. A mesure que la gomme se dissout, ajoûtez de l'eau: quand votre gomme sera bien fluide, passez - la à - travers un linge blanc & serré; recevez la gomme passée dans un petit pot de fayence bien net; foüettez - la avec des verges; à - mesure que vous la foüettez, elle blanchit & s'épaissit: redélayez - la par une petite addition d'eau. Quand elle vous paroît avoir une consistence legere, étendez votre gant sur un marbre, trempez dans la gomme dissoute une éponge fine, & gommez votre gant à toute sa surface: c'est ainsi que vous y attacherez le blanc qu'il a reçû.

A mesure que vous gommez, vous jettez les gants, paire par paire, sur une petite ficelle tendue: quand ils sont à moitié secs, vous les pliez en deux; vous les dressez, vous veillez à ce qu'il ne s'y forme point d'écailles, c'est - à - dire qu'il n'y ait point d'endroits où la gomme paroisse: vous les renformez sur le large; vous lesdressez encore; vous les rérendez sur les cordeaux, d'où vous les portez au magasin.

La premiere fois qu'on les dresse au sortir de dessus le cordeau, il faut qu'ils soient encore humides. Si les gants gommés étoient trop secs, il seroit impossible de les bien dresset: alors il faudroit les tenir en presse pendant vingt quatre heures, avant que de les mettre en paquets.

Lorsqu'il s'agit de mettre des peaux de chamois en humide, on se contente de les exposer au brouillard pendant quelques heures. ou de les suspendre en un lieu frais; elles y prendrent assez d'eau.

Tout ce que nous venon, de dire des peaux d'agneaux ou de moutons, doit s'entendre des autres: seulement s'il arrivoit qu'on eût à en employer de trop épaisses, on se serviroit du couteau à doler, pour les rendre plus minces en tout ou en partie.

Il y a un grand nombre de sortes de gants; ceux de canepin sont faits de la superficie déliee qu'on enleve de la peau des agneaux & chevreaux passés en mégie: on en fait aisément tenir la paire dans une coque de noix.

Les gants de Blois sont de peaux de chevreaux bien choisies, & sont cousus à l'angloise; ils portent le nom de la ville d'où on les tire.

Les Parfumeurs appellent gants de castor des gants de peau de chamois ou de chevre, apprêtée d'une maniere si douce qu'on peut aisément s'y tromper.

Le gant de Fauconnier est un gros ouvrage fait de peau de cerf ou de bufle qui couvre la main & la moitié du bras; on le fait de peau forte, pour garantir de la serre de l'oiseau.

On appelle gants fournis ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé pour le dedans du gant le poil ou la laine de l'animal.

Les Parfumeurs préparent les gants glacés, de la maniere suivante: ils battent des jaunes d'oeuf avec de l'huile d'olive; ils arrosent ensuite le mélange d'esprit - de - vin & d'eau, & passent les gants dans ce mélange, du côté de la chair. Cela fait, ils reprennent du même mélange, mais sans eau, & ils foulent les gants pendant un quart - d'heure.

Les gants se parfument d'une maniere assez simple; en les tenant enfermés bien exactement dans des boîtes, avec les odeurs qu'on veut qu'ils prennent.

Gants

Gants, (Droit coûtumier.) droit seigneurial qui dans la plûpart de nos coûtumes, est dû à chaque mutation; ce droit est reglé à une petite somme, savoir deux sous en quelques lieux, & en d'autres, quatre deniers, qui suivant la coûtume de Dunois, art. 36. doivent être payés par l'acheteur, huit jours après le contrat de vente. Je n'en savois guere davantage sur ce terme de coûtume: mais M. Aubert, dans ses additions au Richelet, m'a éclairé completement & agréablement: je vais transcrire sa glose, pour n'y pas renvoyer le lecteur.

« Le droit de gants, dit - il, est ancien, selon Galant, dans son traité du franc - alleu: il est dit dans la coûtume de Lorris, art. 4. tit. des cens, &c. aucunes censives sort à droit de lods & ventes, les autres, à gants & ventes. Les coûtumes d'Orléans, art. 106. de Chartres, art. 47. & plusieurs autres, s'expliquent de même; & Boutillier, dans sa somme, ch. v. en fait mention en ces termes: gants blancs pour les deux livres de tenure».

Ces gants étoient une reconnoissance de l'investiture accordée par le seigneur au nouvel acquéreur. La tradition réelle se faisoit autrefois de différentes manieres, ou par un fétu de bois ou de paille, ou par un morceau de terre, ou par des gants, que le seigneur féodal recevoit comme une marque de la gratitude de son vassal, ou de son emphitéote: on en voit la formule dans Marculphe; & l'on seroit sans doute ennuyeux, si l'on rapportoit ic toutes les preuves que l'on trouve dans plusieurs auteurs de cet ancien usage. Je me contenterai, ajoûte M. Aubert, de ces endroit du loman de la Rose, où l'amante parle:

Vienne, dit - elle, à point aux gants. L'amant répond,

Aux gants, dame, ains vous dis sans lobe, Que vous aurez mantel & robe.

Le glossaire latin de Ducange est à consulter sur le fi équent usage de la delivrance d'un gant, pour marque de l'investiture. Si aliquam territorii partem, dit une loi anglo - saxonne, venundari contigerit, domini venditiones (les ventes) habebunt, scilicet tot denarios quot venditor indè habuerit solidos: major verò terroe illius, pro wantis (les gants) accipiet duos denarios. Il arriva de cette loi, que les gants devinrent un droit personnel au baili du fiet du seigneur: de - là s'établit encore la coûtume, dans la plûpart des marchés, de donner aux domestiques de l'argent pour une paire de gants. (D. J.)

Gants de Notre - Dame

Gants de Notre - Dame, digitalis, (Botan.) Voyez Digitale.

Gants de Notre - Dame

Gants de Notre - Dame, aquilegia, (Botan.) Voyez Ancolie.

Gant

Gant, (Géog.) bourg de France dans le Béarn, à deux lieues de la ville de Pau: nous n'en parlons que parce qu'il est la patrie de M. de Marca (Pierre),

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