ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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quelles ont quarante mille noeuds, & comprennent quarante journées de chemin d'un noeud à l'autre. Les autres Anges ont 70000 bouches, chaque bouche 70000 langues, & chaque langue loue Dieu 70000 fois le jour en 70000 sortes d'idiomes différens. Devant le throne de Dieu sont quatorze cierges allumés qui contiennent cinquante journées de chemin d'un bout à l'autre. Tous les appartemens de ces Cieux imaginaires seront ornés de ce qu'on peut concevoir de plus brillant; les Croyans y seront servis des mets les plus rares & les plus délicieux, & épouseront des Houris ou jeunes filles, qui, malgré le commerce continuel que les Musulmans auront avec elles, seront toûjours vierges. Par où l'on voit que Mahomet fait consister toute la béatitude de ses prédestinés dans les voluptés des sens.

L'Enfer consiste dans des peines qui finiront un jour par la bonté de Mahomet, qui lavera les réprouvés dans une fontaine, & les admettra à un festin composé des restes de celui qu'il aura fait aux Bienheureux. Il admet aussi un Jugement après la mort, & une espece de Purgatoire; c'est - à - dire, des peines dans le tombeau & dans le sein de la terre pour les corps de ceux qui n'auront pas parfaitement accompli sa loi. Voyez Munkir & Nekir.

Les deux points fondamentaux de l'alcoran suffiroient pour en démontrer la fausseté: le premier est la prédestination, qui consiste à croire que tout ce qui arrive est tellement déterminé dans les idées éternelles, que rien n'est capable d'en empêcher les effets; & l'on sait à quel point les Musulmans sont infatués de cette opinion. Le second est que la Religion Mahométane doit être établie sans miracle, sans dispute, sans contradiction, de sorte que tous ceux qui y répugnent doivent être mis à mort; & que les Musulmans qui tuent ces incrédules, méritent le Paradis: aussi l'histoire fait - elle foi qu'elle s'est encore moins établie & répandue par la séduction, que par la violence & la force des armes.

Il est bon d'observer que l'alcoran, tant que véçut Mahomet, ne fut conservé que sur des feuilles volantes; & que ce fut Aboubekre son successeur, qui le premier fit de ces feuilles volantes un volume, dont il confia la garde à Hapsha ou Aiicha, veuve de Mahomet, comme l'original auquel on pût avoir recours en cas de dispute; & comme il y avoit déja un nombre infini de copies de l'alcoran répandues dans l'Asic, Othman successeur d'Aboubekre, en fit faire plusieurs conformes à l'original qui étoit entre les mains d'Hapsha, & supprima toutes les autres. Quelques Auteurs prétendent que Mohavia Calife de Babylone, ayant fait recueillir les différentes copies de l'alcoran, confia à six Docteurs des plus habiles le soin de recuéillir tout ce qui étoit véritablement du fondateur de la Secte, & fit jetter le reste dans la riviere. Mais malgré l'attention de ces Docteurs à établir un seul & même fondement de leur doctrine, ils devinrent néanmoins les chefs de quatre Sectes différentes. La premiere & la plus superstitieuse, est celle du Docteur Melik, suivie par les Maures & par les Arabes. La seconde, qu'on nomme l'Imeniane, conforme à la tradition d'Ali, est suivie par les Persans. Les Turcs ont embrassé celle d'Omar, qui est la plus libre; & celle d'Odman, qu'on regarde comme la plus simple, est adoptée par les Tartares; quoique tous s'accordent à regarder Mahomet comme le plus grand des Prophetes.

Les principales différences qui soient survenues aux copies faites postérieurement à celle d'Aboubekre, consistent en des points qui n'étoient pas en usage du tems de Mahomet, & qui y ont été ajoûtés par les Commentateurs, pour fixer & déterminer la véritable leçon, & cela à l'exemple des Massoretes, qui ont aussi mis de pareils points au texte Hébreu de l'écriture. Voyez Point.

Tout l'alcoran est divisé en suras ou chapitres, & les suras sont sous-divisées en petits versets mal cousus & sans suite, qui ressemblent plus à de la prose qu'à de la poësie. La division de l'alcoran en suras est moderne; le nombre en est fixé à soixante. La plûpart de ces suras ou chapitres ont des titres ridicules, comme de la vache, des fourmis, des mouches, & ne traitent nullement de ce que leurs titres annoncent.

Il y a sept principales éditions de l'alcoran; deux à Medine, une à la Mecque, la quatrieme à Coufa, une à Balsora, une en Syrie, & l'édition commune. La premiere contient 6000 vers ou lignes, les autres en contiennent 200 ou 236 de plus: mais pour le nombre des mots ou des lettres, il est le même dans toutes: celui des mots est de 77639, & celui des lettres de 323015.

Le nombre des Commentaires de l'alcoran est si immense, que des titres seuls rassemblés on en pourroit faire un très - gros volume. Ben Oschair en a écrit l'histoire intitulée, Tarikh Ben Oschair. Ceux qui ont le plus de vogue sont le Raidhaori Thaalebi, le Zamalch schari, & le Bacai.

Outre l'alcoran, dont les Mahométans font la base de leur croyance, ils ont un livre de traditions appellé la Sonna. Voyez Sonna, Tradition, Mahométisme . Ils ont aussi une Théologie positive, fondée sur l'alcoran & sur la sonna, & une scholastique fondée sur la raison. Ils ont leurs casuistes & une espece de Droit - canon, où ils distinguent ce qui est de droit divin d'avec ce qui est de droit positif.

On a fait différentes traductions de l'alcoran: nous en avons une en François d'André du Riel, sieur de Maillezais: & le P. Maracci, Professeur en langue Arabe dans le Collége de Rome, en fit imprimer à Padouë en 1698 une Latine, à laquelle il avoit travaillé 40 ans, & qui passe pour la meilleure, tant par rapport à la fidelité à rendre le texte, qu'à cause des notes savantes & de la réfutation complete des rêveries de l'alcoran, dont il l'a ornée.

Les Mahométans ont un culte extérieur, des cérémonies, des prieres publiques, des mosquées, & des ministres pour s'acquiter des fonctions de leur Religion, dont on trouvera les noms & l'explication dans ce Dictionnaire sous les titres de Mosquée, Muphti, Iman, Hatib, Scheik, Dervis , & autres.

Alcoran

Alcoran, chez les Persans, signifie aussi une espece de tour ou de clocher fort élevé, environné de deux ou trois galeries l'une sur l'autre, d'où les Moravites, espece de prêtres parmi eux, recitent des prieres à haute voix plusieurs fois le jour en faisant le tour de la galerie afin d'être entendus de tous côtés. C'est à - peu - près la même chose que les Minarets dans les Mosquées des Turcs. V. Minaret.

ALCOVE

ALCOVE, s. m. (Architect.) C'est la partie d'une chambre où est ordinairement placé le lit, & où il y a quelquefois des siéges; elle est séparée du reste par une estrade, ou par quelques colonnes ou autres ornemens d'architecture.

Ce mot nous vient de l'Espagnol alcoba, lequel vient lui - même de l'Arabe elcauf, qui signifie simplement un cabint, un lieu où l'on dort, ou d'elcobat, qui signifie une tente sous laquelle on dort, en Latin Zeta. On décore les alcoves de plusieurs façons. Voyez Niche. C'est à l'Architecte à marquer la place de l'alcove; c'est au Sculpteur ou au Menuisier à l'exécuter. (P)

ALCREBIT

ALCREBIT, s. m. (Chimie.) instrument de fer qui garnit une ouverture faite à la partie postérieure du fourneau à fondre les mines; ce fourneau se nomme castillan. On ne se servoit que de cette espece de fourneau pour la fonte des mines en Espagne, avant

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