ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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CAMBOYE ou CAMBOGE

CAMBOYE ou CAMBOGE, (Géog.) ville & royaume d'Asie dans les Indes, borné au nord par le royaume de Laos, à l'orient par la Cochinchine, au sud & à l'ouest par le royaume & le golfe de Siam. Long. 122. 30. lat. 12. 40.

CAMBRAY

CAMBRAY, (Géog.) belle & grande ville de France dans le Pays - bas. Elle est très - fortifiée, munie d'une citadelle très - forte sur l'Escaut. Long. 20d. 53'. 41". lat. 50d. 10'. 32".

CAMBRE

CAMBRE, s. m. en Architecture, ou CAMBRURE, du Latin cameratus, courbé, se dit de la courbure du cintre d'une voûte ou d'une piece de bois.

Cambré

Cambré, voyez Concave. (P)

CAMBRER

CAMBRER, v. act. il est synonyme à courber: la différence qu'il peut y avoir entre l'un & l'autre, c'est que cambrer ne se dit que d'une courbure peu considérable; au lieu que courber se dit de toute inflexion curviligne, grande ou petite.

Cambrer

Cambrer un livre, en terme de Relieur, c'est le prendre à moitié avec les deux mains, & courber un peu les pointes des cartons en - dedans pour lui donner une meilleure forme. Cambrer est la derniere façon qu'on donne à un livre relié.

CAMBRESIS

CAMBRESIS, (Géog.) province de France dans le Pays - bas, bornée au nord & à l'est par le Hainaut, au midi par la Picardie, & à l'ouest par l'Artois. Son commerce consiste en grains, & sur - tout en toiles de lin très - belles & très - estimées. Cambray en est la capitale.

CAMBRIDGE

CAMBRIDGE, (Géog.) ville considérable d'Angleterre, capitale du Cambridgshire, avec titre de duché, fameuse par son université. Elle est sur la riviere de Cam. Long. 17. 28. lat. 52. 10.

CAMBURG

CAMBURG, (Géog.) petite ville d'Allemagne dans la basse Saxe, à un mille de Naumbourg.

CAM - CHAIN

* CAM - CHAIN, s. m. (Hist. nat. bot.) espece d'orange qui croît au royaume de Tonquin, dont la pelure est fort épaisse, & remplie d'inégalités; elle a l'odeur très - agréable, & le goût délicieux. On regarde ce fruit comme fort sain; on en permet même l'usage aux malades.

CAMELÉE

CAMELÉE, s. f. (Hist. nat. bot.) chamoelea, genre de plante à fleur monopétale, découpée en trois parties, de façon qu'elle paroît quelquefois composée de trois pétales. Le pistil devient dans la suite un fruit à trois noyaux, enveloppés d'une peau mince, & arrondis: ces noyaux renferment chacun une amande oblongue. Tournefort, Inst. rei herb. app. Voyez Plante. (I)

CAMÉLÉON

CAMÉLÉON, cameleo, s. m. (Hist. nat. Zoolog.) petit animal du genre des animaux à quatre piés qui sont des oeufs, comme le crocodile & le lézard, avec lesquels il a beaucoup de ressemblance. Voyez Planche XV. d'Hist. nat. fig. 2. Nous ne pouvons mieux faire, pour l'histoire du caméléon, que de rapporter ici ce qu'en a écrit M. Formey, secrétaire de l'Académie royale des Sciences & Belles - lettres de Prusse, dans un manuscrit qui nous a été remis. « Le caméléon est fait comme le lézard, si ce n'est qu'il a la tête plus grosse & plus large: il a quatre piés, à chacun trois doigts; la queue longue, avec laquelle il s'attache aux arbres aussi bien qu'avec les piés; elle lui sert à grimper; & lorsqu'il ne peut atteindre de ses piés quelque lieu où il veut aller, pourvû qu'il y puisse toucher de l'extrémité de la queue, il y monte facilement. Il a le mouvement tardif comme la tortue, mais fort grave. Sa queue est plate, le museau long: il a le dos aigu, la peau plissée & hérissée comme une scie, depuis le cou jusqu'au dernier noeud de la queue, & une forme de crête sur la tête. Il a la tête sans cou, comme les poissons; il fait des oeufs comme les lézards; son museau est en pointe obtuse; il a deux petites ouvertures dans la tête qui lui servent de narines; ses yeux sont gros, & ont plus de cinq lignes de diametre, dont l'iris est isabelle, bordée d'un cercle d'or; & comme il a la tête presqu'immobile, & qu'il ne peut la tourner qu'avec tout le corps, la nature l'a dédommagé de cette incommodité en donnant à ses yeux toutes sortes de mouvemens; car il peut non - seulement regarder de l'un devant lui, & de l'autre derriere, de l'un en - haut & de l'autre en - bas: mais il les remue indépendamment l'un de l'autre avec tous les changemens imaginables. Sa langue est longue de dix lignes & large de trois, faite de chair blanche, ronde, & applatie par le bout, où elle est creuse & ouverte, semblable en quelque façon à la trompe d'un éléphant. Il la darde & retire promptement sur les mouches, qui s'y trouvent attrapées comme sur de la glu; il s'en nourrit, & il lui en faut très - peu pour se repaître, quoiqu'il rende beaucoup d'excrémens. On dit même qu'il vit long - tems sans autre nourriture que l'air, dont il se remplit au soleil jusqu'à ce qu'il en soit enflé. Il n'a point d'oreilles, & ne reçoit ni ne produit aucun son. Il a dix - huit côtes, & son épine a soixante & quatorze vertebres, y compris les cinquante de sa queue. Il devient quelquefois si maigre qu'on lui compte les côtes, de sorte que Tertullien l'appelle une peau vivante. Lorsqu'il se voit en danger d'être pris, il ouvre la gueule & siffle comme une couleuvre. Gesner & Aldrovande disent qu'il se défend du serpent, par un fétu qu'il tient dans sa gueule.

Le caméléon habite dans les rochers: ce qu'il a de plus merveilleux, c'est le changement de couleur qu'il éprouve à l'approche de certains objets. Il est ordinairement verd, tirant sur le brun vers les deux épaules, & d'un verd - jaune sous le ventre, avec des taches quelquefois rouges quelquefois blanches. Sa couleur verte se change souvent en un brun foncé, sans qu'il reste rien de la premiere couleur: les taches blanches disparoissent aussi quelquefois, ou changent seulement en une couleur plus obscure, qui tire sur le violet, ce qui arrive ordinairement lorsqu'il est épouvanté. Lorsqu'il dort sous une couverture blanche, il devient blanc, mais jamais ni rouge ni bleu; il devient aussi verd, brun ou noir, si on le couvre de ces couleurs. Telles sont au moins les relations ordinaires qu'on a données de ce phenomène: mais il me paroît exagéré; & avant que d'en entreprendre l'explication, il faudroit bien constater le fait. Le P. Feuillée. Minime, par exemple, prétend dans son Journal d'observations physiques, mathématiques & botaniques, que le changement de couleurs de cet animal vient des divers points de vûe où l'on le regarde, ce qui n'est point aussi merveilleux que ce qu'en avoient publié les anciens (Mém. de Trevoux, Août 1727. pag. 1419.). M. Souchu de Rennefort assûre dans son Histoire des Indes Orientales, que les caméléons prennent par les yeux les couleurs des objets sur lesquels ils s'arrêtent (Hist. des ouvr. des Sav. Mars 1688. tom. II. p. 308.). Un autre auteur avance qu'il n'est pas vrai que le caméléon change de couleur, suivant les choses sur lesquelles il se trouve: mais ce changement arrive, selon lui, suivant les différentes qualités de l'air froid ou chaud qui l'environne (Rec. d'Hist. & de Litter. tom. III. p. 73.) Mlle de Scudery, dans une relation qu'elle a publiée de deux caméléons qui lui furent apportés d'Afrique, assûre qu'elle les conserva dix mois, & que pendant ce tems - là ils ne pritent rien du - tout. On les mettoit au soleil & à l'air, qui paroissoit être leur unique aliment: ils changeoient souvent de couleur, sans prendre celle des choses sur quoi on les mettoit. On remarquoit seulement, quand ils étoient variés, que la couleur sur laquelle ils étoient

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