ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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vre, folio quarto, c'est - à - dire au quatrieme feuillet. Dictionn. de Comm.

QUARTO - DECIMANS

QUARTO - DECIMANS, s. m. (Hist. ecclés.) nom qu'on a donné à cetains hérétiques qui enseignoient, qu'on devoit toujours célébrer la Pâque le quatorzieme de la lune de Mars, quelque jour de la semaine qu'il arrivât, comme faisoient les juifs; au lieu que le plus grand nombre des églises la célébroit le dimanche qui suivoit le quatorzieme jour de cette lune.

Les Asiatiques étoient extrèmement attachés à la premiere de ces opinions, & ils la fondoient sur l'autorité de S. Jean qu'ils reconnoissoient pour leur apôtre. Le pape Victor voulut les obliger de changer cette coutume, & de suivre la pratique de l'église de Rome. Il alla même jusqu'à les menacer de les excommunier pour ce sujet; quelques - uns prétendent qu'il les excommunia en effet: mais le sentiment le plus suivi, est qu'il s'en tint à la menace; car Polycrate, évêque d'Ephèse, écrivit au pape Victor & au clergé de Rome une longue lettre, dans laquelle il soutint fortement la tradition des églises d'Asie, depuis l'apôtre S. Jean; & les évêques des Gaules, entr'autres S. Irenée, le dissuaderent de troubler la paix de l'église, en excommuniant des peuples qui n'avoient commis d'autre crime, que de demeurer inviolablement attachés à la tradition de leurs ancêtres.

Mais le premier concile général de Nicée fit un réglement, par lequel il obligea toutes les églises de célebrer la Pâque le jour du dimanche d'après le quatorze de la lune, & Constantin fit publier ce decret dans tout l'empire. Quelques églises & quelques évêques ayant refusé de s'y conformer, on les traita comme rébelles & comme schismatiques, en leur donnant le nom de Tessaradecatites ou de quarto - decimans; & en effet, ce n'est proprement qu'à ces derniers qu'il convient, en qualité de sectaires: l'église n'ayant encore rien décidé sur cet article du tems de la dispute des églises d'Asie avec le pape Victor. Voyez Paques.

QUARTOT

QUARTOT, s. m. (Com.) mesure de liqueurs qui contient à - peu - près deux pintes, & qu'on nomme plus ordinairement quarte ou pot. Voyez Quarte & Pot.

QUARTOYÉ

QUARTOYÉ, adj. (Gram. Jurisprud.) les devoirs quartoyés & quintoyés de la coutume d'Anjou sont qu'étant donnés en assiete, trois valent quatre, & quatre valent cinq.

QUARTS

QUARTS, s. m. pl. (Commerce.) ce sont des caisses de sapin plus longues que larges, dans lesquelles on envoie de Provence, des raisins en grappes, que l'on nomme raisins aux jubis. Savary. (D. J.)

QUART - SOMMEAU

QUART - SOMMEAU, s. m. terme de riviere, se dit d'un petit sac d'un minot de charbon, pour completer la mesure des charbons qui viennent en sacs. Anciennes ordonnances.

QUARTUMVIR

QUARTUMVIR, s. m. (Hist. rom.) quatrieme officier de la monnoie, que César ajouta aux triumvirs monétaires. On trouve des médailles qui justifient le tems de l'institution du quartumvir. Il y en a une qui nous apprend que Cicéron l'avoit été. Il y en a une autre frappée du tems du triumvirat d'Auguste, d'Antoine & de Lépide. On voit au revers de cette médaille, un Mars avec cette inscription, L. Massidius F. E. Longus, IIII vir, A. P. F. ce qui signifie que L. Massidius Longus, qui avoit fait battre cette piece d'or, étoit quartumvit. Les lettres A. P. F. veulent dire, auro publicè feriundo. (D. J.)

QUARTZ

QUARTZ, s. m. (Hist. nat. Minéralogie.) mot allemand employé par les minéralogistes, & adopté par les naturalistes françois. C'est une pierre dure, de la nature du caillou, qui fait feu, lorsqu'on la frappe avec de l'acier, souvent remplie de gersures & de crevasses, variée pour la pesanteur; elle se brise en morceaux d'une figure irréguliere & indéterminée.

Wallerius compte neuf différentes especes de quartz. 1°. Le quartz sec, fragile & opaque, qui est communément blanc. 2°. Le quartz solide & gras au toucher, qui est un peu bleuâtre. 3°. Le quartz transparent, qui ressemble beaucoup à du crystal de roche, ou à du verre; il est de différentes couleurs. 4°. Le quartz laiteux & opaque. 5°. Le quartz solide, opaque & coloré. 6°. Le quartz par petits grains collés les uns aux autres. 7°. Le quartz spongieux qui est comme s'il avoit été ronge des vers. 8°. Le quartz crystallisé. 9°. Le quartz en grenat qui est en masses de la grosseur du poing.

La matiere qui forme le quartz, n'est point précisément de la même nature que celle du silex ou caillou, quoiqu'elle en ait presque toutes les propriétés; cependant beaucoup de personnes sont de ce sentiment; mais M. de Justi remarque que la maniere dont le quartz se forme est très - différente dè celle du caillou, en ce qu'il remplit les fentes & les cavités des rochers & des montagnes où il est porté par les eaux; & cette matiere doit être très - subtile & très - divisée, puisqu'elle s'insinue dans les moindres petites fentes des pierres, où elle se durcit par la suite des tems. M. Henckel, dans son traité de lapidum origine, dit positivement que le quartz tire son origine d'une terre marneuse, (terra margacea) par où il entend l'argille. En général on doit présumer que le quartz se forme de même que le silex ou caillou, & que c'est une espece de matiere gélatineuse formée par la dissolution de la terre calcaire qui le produit. Voyez l'article Silex.

Quoi qu'il en soit de ces opinions qu'il est très difficile de vérifier, les différentes couleurs du quartz, ses figures, & son plus ou moins de transparence, lui viennent d'un mélange de parties étrangeres qui y sont jointes. Le quartz parfaitement pur & transparent ressemble au crystal de roche par masses, ou à un morceau de verre blanc. Celui qui est le plus commun ne peut être mieux comparé qu'à de l'eau trouble gelée, ou à de la glace impure & bourbeuse, & il a presque toujours un coup d'oeil, comme s'il étoit mouillé. La maniere ordinaire dont le quartz se crystalise, c'est en pyramides hexagones, & quand on en considere la base, de même que dans celle du crystal de roche qui n'est point parfaitement pur, on voit que ces pyramides sont formées de lames assez épaisses. Un fait peut encore servir à faire connoître la nature du quartz, c'est que dans les montagnes des Alpes, ceux qui cherchent le crystal de roche, reconnoissent les endroits où il y a des grottes remplies de crystal, le présument à la vue d'une bande ou d'une zone de quartz qui fait une espece de ruban autour de la montagne; alors ils frappent avec des masses de fer contre la roche qui est au - dessous, & quand elle sonne creux dans un endroit, ils en concluent avec assez de certitude qu'elle renferme une grotte; alors ils s'ouvrent un passage, & vont en tirer le crystal. Ces circonstances semblent prouver que le quartz est une pierre de la même nature que le crystal de roche; lorsqu'il est opaque & mêlé de parties étrangeres, il ne crystallise point, semblable en cela aux sels dont les crystaux sont d'autant plus beaux à proportion, qu'ils sont plus purs. Ainsi je croirois que le quartz est la partie la plus grossiere, ou pour ainsi dire, ce que les chimistes appellent l'eau mere du crystal de roche, qui en est la partie la plus épurée & la plus parfaitement élaborée.

Les mineurs regardent ordinairement le quartz qui a le coup d'oeil gras, comme un indice d'une mine

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