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Polypes de la matrice (Page 12:951)
Quelques auteurs ont cru, & ce n'est pas sans
vraissemblance, que dans quelques circonstances
cette maladie pourroit bien avoir été originairement
une mole. Voyez
Les accidens du sarcome utérin, qu'on nomme ordinairement polype, sont, outre la gêne que cause la présence d'un corps étranger, des écoulemens blancs fort incommodes, & des pertes de sang fréquentes, qui ruinent insensiblement le tempérament des malades, & les font à la fin périr d'inanition.
L'hémorrhagie est l'effet de la rupture des vaisseaux
variqueux, qui rampent sur la surface de la tumeur.
Voyez
Il faut exactement distinguer la maladie dont nous parlons, de la chûte & du renversement de matrice: la chûte de matrice forme une tumeur plus grosse par la partie supérieure que par l'inférieure, & plus cet organe s'abaisse & descend du côté de la vulve, moins le vagin qui lui sert alors de ligament a de profondeur. Le renversement de matrice, c'est - à - dire l'accident par lequel le fond de cet organe passe àtravers son orisice, présente, de même que le polype, une tumeur dont la partie supérieure est étroite & passe à - travers l'orifice; mais le pédicule n'est dans ce cas ni lisse, ni uni, comme dans le polype: d'ailleurs le renversement est un accident fort grave & imminent; le polype au contraire est une maladie dont les accidens ne sont point urgens, & qui est des plus chroniques. Le renversement de la matrice est ordinairement occasionné dans un accouchement par les tentatives indiscretement faites pour l'extraction du placenta trop adhérent au fond de la matrice.
Le renversement de la matrice exige une prompte réduction, où la gangrene survient par l'étranglement que fait l'orifice. Le sarcome ou polype de la matrice présente une autre indication; on ne peut guérir la malade que par la soustraction de la tumeur, & on ne peut la faire sûrement que par la ligature. La dif - ficulté est de la pratiquer, cette ligature, lorsque la tumeur ne paroît point à l'extérieur: M. Levret a rendu un grand service à la Chirurgie par l'invention des instrumens qu'il a mis au jour, pour lier les polypes tout près de l'orifice de la matrice, sans être obligé de les tirer en - dehors; tiraillement infructueux quand la matrice est dans son lieu naturel, & qui tourmenteroit cruellement les malades.
M. Levret avoit d'abord présenté ses instrumens à l'académie royale de Chirurgie en 1743; mais ayant fait de nouvelles réflexions, il les a corrigés & multipliés, & il vient d'en faire part au public, en 1749, dans un ouvrage particulier sur la cure des polypes. Comme je me suis servi moi - même des premiers instrumens avec beaucoup de succès, j'ai cru que l'on verroit avec plaisir ceux qui sont essentiels pour pratiquer cette ligature, & la facon dont il faut s'en servir, renvoyant au surplus le lecteur curieux à la source que nous indiquons.
Je fus appellé au mois de Septembre 1747 par feu M. Soumain, célebre accoucheur, pour voir une femme à qui il avoit reconnu un sarcome dans le vagin, dont le pédicule passoit par l'orifice de la matrice. La malade étoit réduite à l'extrémité par les pertes de sang auxquelles elle étoit habituellement sujette. Le volume de la tumeur égaloit celui d'un
Je me chargeai volontiers de faire l'opération, comptant sur les instrumens de mon confrere qui eut la complaisance de me les prêter.
Je fis asseoir la malade sur le bord de son lit, le
tronc panché en arriere sur des oreillers: je lui mis
un tabouret d'une hauteur convenable sous chaque
pié. Placé entre ses jambes, j'introduisis le doigt index
de ma main gauche dans le vagin à la partie latérale
droite de l'excroissance, & je glissai à la faveur
de ce doigt une des branches de la pincette (
J'avois préparé auparavant l'anse du fil qui devoit
embrasser le pédicule, & j'avois monté les deux extrémités
du fil sur les poulies de la pincette; nommée
serre - noeud,
La tumeur & la ligature tomberent au bout de deux sois vingt - quatre heures; &, quoique le pédicule fût gros comme le doigt, l'anse de la ligature auroit à peine contenu le corps d'une plume d'oie. Nous avons touché la malade après la chûte de l'excroissance; nous avons trouvé l'orifice de la matrice en fort bon état: la malade a recouvré ses forces de jour en jour, & il n'a plus été question de pertes de sang, ni d'écoulement blanc: elle a joui depuis d'une santé parfaite.
Cette observation prouve également la nécessité qu'il y a de lier les polypes utérins, & l'utilité des instrumens avec lesquels cette ligature a été pratiquée.
M. Levret a beaucoup simplifié les moyens de faire la ligature des polypes de la matrice. Il a donné à ce sujet un excellent mémoire dans le troisieme tome [p. 953]
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