ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Balancier (Page 2:30)

Balancier, (Monnoyage.) c'est une machine avec laquelle on fait sur les flancs les empreintes qu'ils doivent porter, selon la volonté du prince.

Cette machine représentée Plan. I. du Monnoyage fig. 2. est composée du corps S R R S: il est ordinairement de bronze, & toûjours d'une seule piece. Les deux montans S S s'appellent jumelles. La partie supérieure T T qui ferme la baie ou ouverture A H, s'appelle le sommier; elle doit avoir environ un pié d'épaisseur. La partie inférieure de la baie est de même fermée par un socle fondu avec le reste, en sorte que les jumelles, le sommier & le socle ne forment qu'un tout; ce qui donne au corps plus de solidité & de force que si les pieçes étoient assemblées. [p. 31]

Le socle a vers ses extrémités latérales deux éminences qui servent à l'affermir dans le plancher de l'attelier, au moyen d'un chassis de charpente qui l'entoure. Ce chassis de charpente, dont les côtés sont prolongés comme on voit en A, fig. 2. n°. 2. est fortement scellé dans le plancher, sous lequel est un massif de maçonnerie qui soûtient toute la machine.

La baie est traversée horisontalement par deux moises ou planchers H, I, ordinairement fondus de la même piece que le corps. Ces deux moises sont percées chacune d'un trou quarré dans lequel passe la boîte E E. Les trous des moises doivent répondre à celui qui est au sommier, qui est fait en écrou à deux ou trois filets; cet écrou se fait en fondant le corps sur la vis qui doit y entrer, & qu'on enfume dans la fonte pour que le métal ne s'y attache point.

Cette vis a une partie cylindrique qui passe dans le corps de la boite E E, & y est retenue par une clavette qui traverse la boîte, & dont l'extrémité est reçûe dans une rainure pratiquée sur la surface de la partie cylindrique. C'est le même méchanisme qu'à la presse d'Imprimerie. Voy. Presse d'Imprimerie.

Si la boîte n'est point traversée par une clavette qui la retienne au cylindre qu'elle reçoit, elle est repoussée par quatre ressorts fixés sur la moise supérieure d'un bout, & appuyant de l'autre contre des éminences réservées à la partie supérieure de chaque côté de la boîte; en sorte qu'elle est toûjours repoussée en - haut, & obligée de suivre la vis à mesure qu'elle s'éloigne.

Ce second méchanisme est défectueux; parce que l'action du balancïer, quand il presse, est diminuée de la quantité de l'action des petits ressorts employés pour relever la boîte. La partie supérieure de la vis est quarrée en A, & reçoit le grand levier ou la barre B C, qui est de fer ainsi que la vis. Cette barre a à ses extrémités des boules de plomb dont le diametre est d'environ un pié, plus ou moins, selon les especes à monnoyer. car on a ordinairement autant de balanciers que de différentes monnoies, quoiqu'on pût les monnoyer toutes avec le même. Les extrémités du levier, après avoir traversé les boules de plomb, sont terminées par des anneaux D, semblables à ceux qui terminent le pendant d'une montre, mais mobiles autour d'un boulon vertical. On attache à ces anneaux autant de cordes ou courroies de cuir nattées en rond, qu'il y a d'ouvriers qui doivent servir la machine.

La partie inférieure E E de la boîte est creuse: elle reçoit une des matrices ou coins qui porte l'empreinte d'un des côtes de la piece de monnoie. Cette matrice est retenue dans la boîte avec des vis; l'autre matrice est assujettie dans une autre boîte H avec des vis. On pose cette boîte sur le socle ou pas de la baie: & qu'on ne soit pas étonné qu'elle ne soit que posée; l'action de la vis étant toûjours perpendiculaire, & le poids de la matrice assemblée avec la boîte, très - considérable, il n'y a aucune raison pour que cet assemblage se déplace.

Devant le balancier est une profondeur dans laquelle le monnoyeur place ses jambes, afin d'être assis au niveau du socle, & placer commodément le flanc sur la matrice.

Tout étant dans cet état, en sorte que l'axe de la vis, celui des boîtes E E H, soient dans une même ligne perpendiculaire au plan du socle; si on conçoit que des hommes soient appliqués aux cordons dont les extrémités du levier sont garnies, & qu'ils tirent, ensorte que la vis tourne du même sens dont elle entre dans son écrou; la matrice dont la boîte supérieure est armée s'approchera de l'autre; & si l'on place un flan sur celle - ci, comme on voit en H, il se trouvera pris & pressé entre les deux matrices d'u<cb-> ne force considérable, puisqu'elle équivaudra à l'action de dix à douze hommes appliqués à l'extrémité d'un levier très - long, & chargé par ses bouts de deux poids très - lourds. Après que le flan est marqué, deux hommes tirent à eux des cordons dans un sens opposé, & font remonter la vis: le monnoyeur saisit cet instant pour chasser le flan marqué de dessus la matrice H, & y en remettre un autre. Il doit faire cette manoeuvre avec adresse & promptitude; s'il lui arrivoit de n'être pas à tems, il laisseroit le flan sur la matrice, & ce flan recevroit un second coup de balancier. Les flans ont été graissés d'huile avant que d'être mis sur la matrice.

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