ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Attaques (Page 1:834)

Attaques des petites villes & châteaux. Ces sortes d'attaques se rencontrent assez souvent dans le cours de la guerre; elles ne méritent pas ordinairement toutes les attentions du siége royal; ce sont des postes dont on veut s'emparer, soit pour la sûreté des communications, ou pour éloigner les partis de l'ennemi. « La plûpart de ces petites villes & châteaux ne sont enfermées que de simples murailles non terrassées; il y a au plus quelques méchans fossés, assez faciles à passer, ou bien quelques petits ouvrages de terre fraisée & palissadée vis - à - vis les portes pour les couvrir, & les mettre à l'abri d'une premiere insulte.

Quelque foibles que soient les murailles de ces endroits, ce seroit s'exposer à une perte évidente que d'aller en plein jour se présenter devant, & chercher à les franchir, pour pénétrer dans la ville ou dans le château.

Si ceux qui sont dedans sont gens de résolution & de courage, ils sentiront bien toute la difficulté qu'il y a d'ouvrir leurs murailles, & de passer dessus, ou de rompre leurs portes, pour se procurer une entrée dans la place.

Il faut donc pour attaquer ces petits endroits, être en état de faire breche aux murailles; & pour cet effet, il faut faire mener avec soi quelques petites pieces de canon d'un transport facile, de même que deux mortiers de 7 ou 8 pouces de diametre, & s'arranger pour arriver à la fin du jour auprès des lieux qu'on veut attaquer, & y faire pendant la nuit une espece d'épaulement, pour couvrir les troupes, & faire servir le canon à couvert, & les mortiers; en faire usage dès la pointe du jour sur l'ennemi, c'est le moyen de les reduire promptement, & sans grande perte.

Mais si l'on n'est pas à portée d'avoir du canon, le parti qui paroît le plus sûr & le plus facile, supposant qu'on connoisse bien le lieu qu'on veut attaquer, c'est de s'en emparer par l'escalade. On peut faire semblant d'attaquer d'un côté pour y attirer l'attention des troupes, & appliquer des échelles de l'autre, pour franchir la muraille, & pénétrer dans la ville. Supposant que l'escalade ait réussi, ceux qui sont entrés dans la ville, doivent d'abord aller aux portes pour les ouvrir & faire entrer le reste des troupes; après quoi, il faut aller charger par derriere les soldats de la ville qui se défendent contre la fausse attaque; se rendre maître de tout ce qui peut assûrer la prise du lieu, & forcer ainsi ceux qui le défendent à se rendre.

On peut dans ces sortes d'attaques se servir utilement de pétard: il est encore d'un usage excellent pour rompre les portes, & donner le moyen de pénétrer dans les lieux dont on veut s'emparer. Il faut autant qu'il est possible, user de surprise dans ces attaques, pour les faire heureusement & avec peu de perte. On trouve dans les mémoires de M. de Feuquieres différens exemples de postes semblables à ceux dont il s'agit ici, qu'il a forcés; on peut [p. 835] se servir de la méthode qu'il a observée, pour en user de même dans les cas semblables. Nous ne les rapportons pas ici, parce qu'il est bon que les jeunes officiers lisent ces mémoires, qui partent d'un homme consommé dans toutes les parties de la guerre, & qui avoit bien mis à profit les leçons des excellens généraux sous lesquels il avoit servi.

Il y a un moyen sûr de chasser l'ennemi des petits postes qu'il ne veut pas abandonner, & où il est difficile de le forcer; c'est d'y mettre le feu. Ce moyen est un peu violent: mais la guerre le permet; & on le doit employer lorsqu'on y trouve la conservation des troupes que l'on a sous ses ordres. Quelle que soit la nature des petits lieux que l'on attaque, si l'on ne peut pas s'en emparer par surprise, & que l'on soit obligé de les attaquer de vive sorce, il faut disposer des fusiliers pour tirer continuellement sur les lieux où l'ennemi est place, & aux créneaux qu'il peut avoir pratiqués dans ses murailles; faire rompre les portes par le petard, ou a coups de haches; & pour la sûreté dé ceux qui font cette dangereuse operation, faire le plus grand feu par tout ou l'ennemi peut se montrer. La porte étant rompue, s'il y a des barricades derriere, il faut les forcer, en les attaquant brusquement, & sans donner le tems à l'ennemi de se reconnoitre, & le prendre prisonnier de guerre, lorsqu'il s'est defendu jusqu'à la derniere extrémité, & qu'il ne lui est plus possible de prolonger sa defense. Attaque des places», par M. le Blond.

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