ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

RECHERCHE Accueil Mises en garde Documentation ATILF ARTFL Courriel

Previous article

MINÉIDES (Page 10:533)

MINÉIDES, s. f. pl. (Mythologie.) ou les filles de Minyas nées à Thèbes: elles refuserent de se trouver à la célébration des Orgies, soutenant que Bacchus n'étoit pas fils de Jupiter. Pendant que tout le monde étoit occupé à cette fête, elles seules continuerent à travailler, sans donner aucun repos à leurs esclaves, marquant par - là, dit Ovide, le mépris qu'elles faisoient du fils de Sémélé, & de ses jeux sacrés. Mais tout d'un coup, elles entendent un bruit confus de tambours, de flûtes, & de trompettes; une odeur de myrrhe & de safran s'exhale dans leur chambre; la toile qu'elles faisoient se couvre de verdure, & pousse des pampres, & des feuilles de lierre. Le fil qu'elles venoient d'employer, se convertit en ceps chargés de raisins; & ces raisins prennent la couleur de pourpre, qui étoit répandue sur tout leur ouvrage. Un bruit terrible ébranle la maison; elle parut à l'instant remplie de flambeaux allumés, & de mille autres feux, qui brilloient de toutes parts. Les Minéides effrayées veulent en vain se sauver; pendant qu'elles cherchent à se réfugier dans les endroits les plus secrets, une membrane extrèmement déliée couvre leurs corps, & des aîles fort minces s'étendent sur leurs bras. Elles s'élevent en l'air par le moyen de ces aîles sans plumes, & s'y soutiennent; elles veulent parler, une espece de murmure plaintif est toute la voix qui leur reste pour exprimer leurs regrets; en un mot, elles sont changées en chauve - souris. C'est le conte d'Ovide; voici comme la Fontaine en embellit la fin.

Bacchus entre & sa cour, confus, & long cortége: Où sont, dit - il, ces soeurs à la main sacrilége? Que Pallas les défende, & vienne en leur faveur Opposer son égide à ma juste fureur, Rien ne m'empêchera de punir leur offense: [p. 534] Voyez, & qu'on se rie après de ma puissance ! Il n'eut pas dit, qu'on vit trois monstres au plancher, Aîlés, noirs, & velus, en un coin s'attacher. On cherche les trois soeurs, on n'en voit nulle trace: Leurs métiers sont brisés, on éleve en leur place Une chapelle au dieu pere du vrai Nectar. Pallas a beau se plaindre, elle a beau prendre part Au destin de ces soeurs par elle protégées; Quand quelque dieu voyant ses bontés négligées, Nous fait sentir son ire, un autre n'y peut rien: L'olympe s'entretient en paix par ce moyen. (D. J.)

Next article


The Project for American and French Research on the Treasury of the French Language (ARTFL) is a cooperative enterprise of Analyse et Traitement Informatique de la Langue Franšaise (ATILF) of the Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), the Division of the Humanities, the Division of the Social Sciences, and Electronic Text Services (ETS) of the University of Chicago.

PhiloLogic Software, Copyright © 2001 The University of Chicago.