ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

RECHERCHE Accueil Mises en garde Documentation ATILF ARTFL Courriel

Previous subarticle

Marrube blanc (Page 10:148)

Marrube blanc, (Mat. med.) les feuilles & les sommités fleuries de marrube blanc qui ont une odeur aromatique très - agréable, & un goût un peu amer, sont les parties de cette plante qui sont d'usage en Médecine. Elles possédent véritablement les vertus généralement observées dans les plantes aromatiques légerement ameres, c'est - à - dire, qu'elles sont apéritives, incisives, diurétiques, diaphorétiques, stomachiques, utérines, béchiques, &c.

Le marrube blanc a été particulierement recommandé contre la rétention des vuidanges & des regles, pour faciliter la sortie du foetus ou de l'arriere - faix, comme excellent dans l'asthme, & même dans l'hydropisie. Plusieurs auteurs graves sont surtout favorables aux vertus de cette plante, contre la jaunisse & le skirrhe du foie, & ils appuient leur sentiment sur des observations.

Plusieurs autres célebrent aussi cette plante, comme utile dans les coliques néphrétiques & dans le calcul: Forestus prétend au contraire, avoir observé qu'elle nuisoit plutôt qu'elle n'étoit utile dans les maladies des reins, & qu'il falloit par consequent s'en abstenir, lorsque ces organes étoient affectés. Dioscoride avoit déja fait cette remarque.

Il faut peu compter, dit Juncker, sur les éloges qu'on a donnés au marrube blanc, dans le traitement de la goutte, de la phithisie & de la morsure des animaux enragés.

On l'ordonne en infusion dans du vin blanc ou dans de l'eau, à la dose d'une poignée sur une pinte de liqueur que l'on donne par verrées. On peut faire prendre aussi les feuilles séchées & réduites en poudre à la dose d'un gros, dans de l'eau ou dans du vin.

L'eau distillée de marrube blanc possede les qualités les plus communes des eaux distillées aromatiques; voyez Eaux distillées; ses qualités particulieres, si elle en a, sont peu connues.

On prépare avec le marrube blanc un syrop simple par la distillation, voyez Syrop; cette préparation contient toutes les parties vraiement médicamenteuses de la plante, & en possede par conséquent toutes les vertus. On trouve dans quelques pharmacopées modernes, un syrop simple de marrube de Prassio, mis au rang de ceux qui doivent être préparés par l'infusion des feuilles séches des plantes dans leurs propres eaux distillées, in propriis aquis, & par la cuite ordinaire qui dissipe dans l'opération particuliere dont nous parlons, la moitié de la liqueur employée; des pareilles préparations sont des monstres dans l'art, des productions ridicules de l'ignorance la plus inconséquente. Voyez Syrop.

Le marrube blanc entre dans plusieurs composi<pb-> [p. 149] tions officinales de la pharmacopée de Paris: savoir, le syrop d'armoise, l'eau générale, l'orviétan ordinaire, l'hiere de coloquinte, le mondificatif d'ache & la thériaque. (b)

Tournefort & Boerhaave, comptent six especes de ce genre de plante, ainsi nommée, parce que ses feuilles ont quelque rapport avec celles du marrube, mais aucune des especes ne demande de description particuliere; on en cultive rarement dans les jardins de botanique, & seulement pour la varieté & la couleur bleue de leurs fleurs, qui naissent en guirlande épaisse. Les Anglois appellent cette plante the bastard hore - hound. (D. J.)


The Project for American and French Research on the Treasury of the French Language (ARTFL) is a cooperative enterprise of Analyse et Traitement Informatique de la Langue Franšaise (ATILF) of the Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), the Division of the Humanities, the Division of the Social Sciences, and Electronic Text Services (ETS) of the University of Chicago.

PhiloLogic Software, Copyright © 2001 The University of Chicago.