ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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ASSOMPTION (Page 1:772)

ASSOMPTION, s. f. (Théologie.) du Latin assump - tio, dérivé d'assumere, prendre, enlever. Ce mot signifioit autrefois en général le jour de la mort d'un saint, quia ejus anima in coelum assumitur. Voyez Anniversaire.

Assomption se dit aujourd'hui particulierement dans l'Eglise Romaine, d'une fête solennelle qu'on y célebre tous les ans le 15 d'Août, pour honorer la mort, la résurrection & l'entrée triomphante de la sainte Vierge dans le ciel. Elle est encore particulierement remarquable en France depuis l'année 1638, que le roi Louis XIII. choisit ce jour pour mettre sa personne & son royaume sous la protection de la sainte Vierge; voeu qui a été renouvellé en 1738, par le roi Louis XV. actuellement régnant.

Cette fête se célebre avec beaucoup de solennité dans les églises d'Orient, aussi - bien que dans celles d'Occident: cependant l'assomption corporelle de la Vierge n'est point un article de foi, puisque l'église ne l'a pas décidé, & que plusieurs anciens & modernes en ont douté. Il est sûr que les Peres des quatre premiers siecles n'ont rien écrit de précis sur cette matiere. Usuard, qui vivoit dans le neuvieme siecle, dit dans son martyrologe, que le corps de la sainte Vierge ne se trouvant point sur la terre, l'Eglise, qui est sage en ses jugemens, a mieux aimé ignorer avec piété ce que la divine Providence en a fait, que d'avancer rien d'apocryphe ou de mal fondé sur ce sujet: plus elegit sobrietas ecclesioe cum pietate nescire, quam aliquid frivolum & apocryphum inde tenendo docere; paroles qui se trouvent encore dans le martyrologe d'Adon, & dans plusieurs autres qui n'appellent point cette fête l'assomption de la sainte Vierge, mais seulement son sommeil, dormitio, c'est - à - dire, la fête de sa mort; nom que lui ont aussi donné les Grecs, qui l'ont désignée tantôt par METAASI, trépas ou passage, & tantôt par XOIMHSI, sommeil ou repos.

Néanmoins, la créance commune de l'Eglise est que la sainte Vierge est ressuscitée, & qu'elle est dans le ciel en corps & en ame. La plûpart des Peres Grecs & Latins qui ont écrit depuis le IVe. siecle sont de ce sentiment; & le cardinal Baronius dit qu'on ne pourroit sans témérité assûrer le contraire. C'est aussi le sentiment de la Faculté de Théologie de Paris, qui en condamnant le livre de Marie d'Agreda en 1697, déclara entre autres choses, qu'elle croyoit que la sainte Vierge avoit été enlevée dans le ciel en corps & en ame. Ce qu'on peut recueillir de plus certain de la tradition depuis le IXe. siecle, c'est que parmi les ornemens des églises de Rome sous le pape Paschal, qui mourut en 824, il est fait mention de deux, où étoit représentée l'Assomption de la sainte Vierge en son corps; ce qui montre qu'on la croyoit dès - lors à Rome. Il est parlé de cette fête dans les capitulaires de Charlemagne & dans les decrets du concile de Mayence tenu en 813. Le pape Leon IV. qui mourut en 855, institua l'octave de l'Assomption de la sainte Vierge, qui ne se célebroit point encore à Rome. En Grece cette fête a commencé beaucoup plûtôt, sous l'empire de Justinien, selon quelques - uns; & selon d'autres, sous celui de Maurice, contemporain du pape S. Grégoire le Grand. André de Crete sur la fin du VIIe. siecle, témoigne pourtant qu'elle n'étoit établie qu'en peu d'endroits: mais au XIIe. elle le fut dans tout l'empire par une loi de l'empereur Manuel Comnene. Elle l'étoit alors également en occident, comme il paroît par l'épitre 174 de S. Bernard aux chanoines de Lyon; & par la créance commune des églises qui suivoient l'opinion de l'Assomption corporelle, comme un sentiment pieux, quoiqu'il n'eût pas été décidé par l'Église universelle. Martyrolog. ancien. Tillemont, hist. ecclésiast. Fleury, hist. ecclésiast. tom. VII. Baillet, vies des Saints. (G)

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