ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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LIGAMENT (Page 9:514)

LIGAMENT, s. m. (Anatomie.) partie du corps blanche, fibreuse, serrée, compacte, plus simple & plus pliante que le cartilage, difficile à rompre ou à déchirer, ne prêtant presque point, ou ne prêtant que très - difficilement lorsqu'on la tire.

Le ligament est composé de plusieurs fibres très déliées & très - fortes, qui, par leur différent arrangement, forment ou des cordons étroits, ou des bandes, ou des toiles minces. Ils paroissent servir à attacher, à soutenir, à contenir, à borner & à garantir d'autres parties, soit dures, soit molles.

Ainsi leurs usages sont, 1°. de lier les os ensemble dans leurs conjonctions, & d'empêcher qu'ils ne puissent se luxer que par d'extrèmes violences; 2°. de suspendre & arrêter certaines parties molles dans leur situation, comme la matrice, le foie & autres; 3°. de former des especes d'anneaux ou de poulies qui empêchent l'écartement des tendons de certains muscles, comme on le voit aux ligamans annulaires de la jonction du poignet.

Les ligamens considérés en eux - mêmes, different à raison de leur consistance & de leur sensibilité: à l'égard de leur consistence, on les appelle ligamens cartilagineux, membraneux & nerveux, selon qu'ils ont plus de rapport aux cartilages, aux membranes & aux nerfs. Pour ce qui concerne leur sensibilité, on conçoit que ceux qui sont des productions de parties tendineuses & nerveuses, sont beaucoup plus sensibles que les autres.

Les ligamens sont ou propres à des parties molles, ou communes aux autres parties molles & aux parties dures. Quant aux ligamens des parties molles, [p. 515] voyez - en l'article à chacune des parties qui en ont, ou voyez - les sous les noms particuliers que les Anatomistes leur ont donnés. Nous ne parlerons ici que des ligamens qui sont attachés aux os seuls & à leurs cartilages.

On peut en établir deux classes générales; les uns sont employés aux articulations mobiles des os, les autres lient les os ou s'y attachent indépendamment de leurs articulations.

Les ligamens qui servent aux articulations mobiles des os, & que l'on peut appeller ligamens articulaires, sont de plusieurs especes.

Il y en a qui ne font que retenir & affermir les articulations, rendre leurs mouvemens sûrs, & empêcher que les os ne quittent leur assemblage naturel, comme il arrive dans les luxations. Ces ligamens sont comme des cordons plus ou moins applatis, ou comme des bandelettes, tantôt étroites, tantôt un peu larges, quelquefois assez minces, mais toujours très fortes & prêtant très - peu. Tels sont les ligamens des articulations ginglymoïdes, c'est - à - dire en charniere, & ceux qui lient les corps de vertebres ensemble.

Immédiatement au - dessous des ligamens articulaires, il se trouve une membrane assez mince, laquelle s'attache de part & d'autre autour de l'articulation, pour empêcher l'écoulement de la synovie, qui humecte continuellement la surface des cartilages de l'articulation.

Il y a de ces ligamens qui font tout ensemble l'office de lien ou de bande pour tenir les os assemblés, & de capsule pour servir de reservoir au mucilage. Ils environnent les articulations orbiculaires, comme celle de l'os du bras avec l'omoplate, celle du fémur avec l'os innominé, &c.

Il y a aussi des ligamens qui sont cachés dans les articulations, même par la capsule; tel est celui de la tête du fémur, appellé communément, mais improprement, le ligament rond, & ceux de la tête du tibia, que l'on nomme ligamens croisés.

Les autres ligamens de la premiere classe, c'est - à - dire ceux qui sont attachés aux os, indépendamment de leurs articulations, sont encore de deux sortes.

Les uns sont lâches, & ne sont que borner, ou limiter les mouvemens de l'os; tels sont ceux qui attachent les clavicules aux apophyses épineuses des vertebres; les autres sont bandés & tendus; tels sont ceux qui vont de l'acromion à l'apophyse coracoïde; ceux qui sont attachés par un bout à l'os sacrum, & par l'autre à l'os ischion, &c.

Enfin, il se trouve des ligamens, qui quoiqu'attachés aux os, ou aux cartilages, servent aussi à d'autres parties, comme aux muscles, ou aux tendons, soit pour les contenir, les brider, les borner, en assurer ou en échanger la direction dans certains mouvemens; tels sont les ligamens interosseux de l'avant - bras, ou de la jambe, ceux qu'on nomme tant à la main qu'au pié, annulaires, les ligamens latéraux du cou, & quantité d'autres.

Outre toutes ces différences de ligamens, on peut encore remarquer d'aurres variétés par rapport à leur consistence, leur solidité, leur épaisseur, leur figure, & leur situation.

Il y a des ligamens qui sont presque cartilagineux, comme celui qui entoure la tête du rayon, la petite tête de l'os du coude, & les gaines annulaires des doigts.

Il y en a qui ont une certaine élasticité, par laquelle ils se laissent allonger par force, & se raccourcissent aussi tôt qu'ils cessent d'être tirés; tels sont les ligamens qui attachent l'os hyoïde aux apophyses styloïdes, les ligamens des vertebres lombaires, & autres.

Quelquefois les ligamens se ramollissent & se re<cb-> lâchent, lorsqu'ils sont abreuvés par des humeurs surabondantes, ou viciées; ce qui fait que les os, ou les parties molles qu'ils maintenoient dans leur situation s'en échappent; en sorte que le relâchement de ces ligamens cause des dislocations de causes internes, des descentes de matrices, &c. & ces sortes d'accidens sont très - difficiles à guérir.

On peut consulter sur les ligamens considérés d'un oeil anatomique, l'ouvrage de Walther, (A. F.) de articulis & ligamentis, Lips. 1728. in - 4°. avec figures; mais la Physiologie n'est pas encore parvenue à nous donner de grandes lumieres sur les ligamens des parties molles; leur structure & leurs usages sont trop cachés à nos foibles yeux. (D. J.)

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