ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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ARÇON (Page 1:620)

ARÇON, s. m. (Manége.) est une espece d'arc compoié de deux pieces de bois qui soûtiennent une selle de cheval, & lui donnent sa forme. Il y a un arçon de devant, & un arçon de derriere.

Les parties de l'arçon sont le pommeau, qui est une petite poignée de cuivre élevée au - devant de la selle; le garrot, petite arcade un peu élevée au - dessus du garrot du cheval; les mammelles, qui sont l'endroit où aboutit lé garrot; & les pointes qui forment le bas de l'arçon. On y ajoûtoit autrefois des morceaux de liége, sur lelquels on chaussoit les battes. V. Garrot, Mammelle, Pointe, Batte , &c.

Il y a des arçons mobiles pour les selles à tous chevaux, qui changent l'ouverture de la selle. L'arçon de derriere porte sur le troussequin. Voyez Troussequin. Les arçons sont nervés, c'est - à - dire, couverts de nerfs de boeuf battus & réduits en filasse, puis collés tout autour des arçons pour les rendre plus forts. On les bande ensuite avec des bandes de fer qui les tiennent en état. Au - dessous des arçons on cloue les contre - sanglots pour tenir les sangles en état. Voyez Contre - sanglot, Sangle, &c.

Les pistolets d'arçon sont ceux qu'on porte ordinairement à l'arçon de la selle. Perdre les arçons, vuider les arçons, ferme sur les arçons.

Arçons a corps, servoient autrefois aux Gendarmes. Le troussequin leur alloit jusqu'au milieu du corps. (V)

Arçon (Page 1:620)

Arçon, s. m. outil de Chapelier, avec lequel ils divisent & séparent le poil ou la laine dont les chapeaux doivent être fabriqués: cet outil ressemble assez à un archet de violon; mais la maniere de s'en servir est fort différente. Voyez Arçonner.

L'arçon représenté (figure 6. Pl. du Chapelier) est composé de plusieurs parties; la piece A B est un bâton cylindrique de 7 à 8 piés de longueur, qu'on appelle perche. Pres de l'extrémité B, est fixée à tenon & mortoise une petite planche de bois chantournée, comme on voit dans la figure, qu'on appelle bec de corbin: cette piece a sur son épaisseur en C, une petite rainure, dans laquelle se loge la corde de boyau c C, qui après avoir passé dans une fente pratiquée à l'extrémité B de la perche, va s'entortiller & se fixer à des chevilles de bois qui sont placées au côté de la perche diamétralement opposé au bec de corbin. A l'autre extrémité A de la perche est de même fixée à tenon & mortoise une planche de bois D, qu'on appelle panneau. Cette planche est évidée afin qu'elle soit plus légere, & elle doit être dans le même plan que le bec de corbin C, elle est aussi plus épaisse par ses extrémités que dans son milieu; l'épaisseur du côté de la perche fait qu'elle s'y applique plus fermement; l'épaisseur pratiquée de l'autre côté, est pour recevoir le cuiret C C, qui est un morceau de peau de castor que l'on tend sur l'extrémité E du panneau, au moyen des cordes de boyau c 2 c 2 attachées à ces extrémités. Ces cordes font le tour de la perche, & sont tendues par les petits tarauts a a, qui les tordent ensemble deux à deux de la même maniere que les Menuisiers bandent la [p. 621] lame d'une scie. Voyez Scie. Toutes les choses ainsi disposées, on attache la corde à boyau au moyen d'un noeud coulant à l'extrémité A de la perche. Après qu'elle y est fixée, on la fait passer dessus le cuiret, & on la conduit dans la rainure du bec de corbin, d'où elle passe par la fente pratiquée à l'extrémité B de la perche aux chevilles iii où elle doit être fixée & suffisamment tendue.

On met ensuite une petite piece de bois b d'une ligne ou environ d'épaisseur, qu'on appelle chanterelle. L'usage de cette piece est d'éloigner le cuiret du panneau; ce qui laisse un vuide entre deux, & fait rendre à la corde un son qui est d'autant plus fort que la corde est plus tendue: l'arçon a sur le milieu de la perche une poignée o, qui est une courroie de cuir ou de toile, qui entoure en - dessus la main gauche de l'arçonneur. Cette courroie empêche que le poids du panneau & du bec de corbin ne fasient tomber la corde de boyau sur la claie, & aide l'arçonneur à soûtenir l'arçon dans sa situation horisontale.

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