ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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ANCIEN, VIEUX, ANTIQUE (Page 1:441)

* ANCIEN, VIEUX, ANTIQUE, (Gramm.) ils enchérissent tous les uns sur les autres. Une mode èst vieille, quand elle cesse d'être en usage; elle est ancienne, quand il y a long - tems déjà que l'usage en est passé; elle est antique, quand il y a long - tems qu'elle est ancienne. Récent est opposé à vieux; nouveau à ancien; moderne à antique. La vieillesse convient à l'homme; l'ancienneté à la famille; l'antiquiié aux monumens: la vieillesse est décrépite; l'ancienneté immémoriale, & l'antiquité reculée. La vieillesse diminue les forces du corps, & augmente la présence d'esprit; l'ancienneté ôte l'agrément aux étoffes, & donne de l'autorité aux titres; l'antiquité affoiblit les témoignages, & donne du prix aux monumens. Voyez les Syn. François.

Anciens (Page 1:441)

Anciens, dans l'histoire des Juifs, c'étoit les personnes les plus respectables par l'âge, l'expérience, & la vertu. On les trouve appellés dans l'Exode tantôt seniores, & tantôt principes synagogoe; ce fut Moyse qui les établit par l'ordre de Dieu pour l'aider dans le gouvernement du peuple d'lsraël; & il est dit que Moyse les fit assembler, & leur exposa ce que le Seigneur lui avoit commandé. Long - tems après, ceux qui tenoient le premier rang dans les synagogues s'appellerent zekenim, anciens, à l'imitation des 70 anciens que Moyse établit pour être juges du Sanhédrin. Voyez Sanhédrin.

Celui qui présidoit prenoit plus particulierement le nom d'ancien, parce qu'il étoit comme le doyen des anciens, decanus seniorum. Dans les assemblées des premiers Chrétiens, ceux qui tenoient le premier rang prenoient aussi le nom de Presbyteri, qui à la lettre signifie anciens. Ainsi la seconde épître de S. Jean qui dans le Grec commence par ces mots PRES<-> UTERO *E'LEKTH=, & la troisieme par ceux - ci PRESUTERO *GAIW=, sont rendus ainsi par la vulgate. senior Electoe, senior Gaio. Il faut pourtant mettre cette différence entre les anciens des Juifs & ceux des Chrétiens, que les premiers n'avoient qu'une députation extérieure & de police seulement, dépendante du choix du législateur, au lieu que les autres ont toûjours eu en vertu de leur ordination un caractere inhérent, & comme parlent les Scholastiques, indélébile; ce qu'on prouve par le chap xiv. des Actes des Apôtres, v. 22. où la Vulgate dit: cum constituissent illis per singulas ecclesias presbyteros. Le Grec rend le verbe constituissent par XEIROTONHSANTE, c'est - à - dire, cum manuum impositione consecrassent. Voyez Evêque, & Prêtre.

Le Président ou Evêque prenoit la qualité d'ancien; c'est ainsi que S. Pierre dans sa premiere Epître, chap. v. v. 5. s'adressant aux anciens leur dit, seniores, PRESUTEROU, qui in vobis sunt obsecro, consenior, SUMPRESUTERO: ce qui a donné lieu de confondre la qualité d'Evêque avec celle de Prêtre à ceux qui ont contesté la supériorité des Evêques. Voyez Episcopat.

Par la même raison les assemblées des Ministres de l'Eglise, dans les tems de sa naissance, étoient appellées presbyteria ou presbyterium, conseil des anciens. L'Evêque y présidoit en qualité de premier ancien, & étoit assis au milieu des autres anciens: ceux - ci, c'est - à - dire les Prêtres, avoient à leurs côtés leurs chaires de juges; c'est pourquoi ils sont appel<cb-> lés par les Peres assessores episcoporum. Il ne s'éxecutoit rien de considérable qui n'eût été auparavant délibété dans cette assemblée, où l'Evêque étoit le chef du corps des Prêtres ou anciens, parce - qu'alors la Jurisdiction épiscopale ne s'exerçoit pas par l'Evêque seul, mais par l'Evêque assisté des anciens, dont il étoit le Président. Voyez Evêque.

Ancien (Page 1:441)

Ancien, est encore un titre fort respecté chez lés Protestans. C'est ainsi qu'ils appellent les Officiers, qui conjointement avec leurs Pasteurs ou Ministres, composent leurs consistoires ou assemblées pour veiller à la Religion & à l'observation de la discipline; on chosit les anciens d'entre le peuple, & on pratique quelques cérémonies à leur réception. Lorsque les Calvinistes étoient toléres en France, le nombre de ces anciens étoit fixe, & il leur étoit défendu par un Edit de Louis XIV. en 1680. de souffrir aucun Catholique Romain dans leurs prêches.

En Ecosse, il y a dans chaque Paroisse un nombre illimité de ces anciens, qui ne passe pourtant pas ordinairement celui de douze, le gouvernement presbytérien dominant principalement dans ce Royaume. Voyez Presbytérien.

Chamberlayne fait mention d'un ancien régulateur choisi dans chaque Paroisse par le consistoire, & dont le choix est ensuite confirmé par les habitans, après une information exacte & scrupuleuse de ses vie & moeurs. Il ajoûte que le Ministre l'ordonne, & que ses fonctions sont à vie; qu'elles consistent à aider le Ministre dans l'inspection qu'il a sur les moeurs, dans ses visites, catéchismes, prieres pour les malades, monitions particulieres, & à l'administration de la cene. Tout cela paroit d'autant moins fondé, que toutes ces fonctions sont les mêmes que celles des simples anciens dans les Eglises presbytériennes; quant aux anciens régulateurs, on n'y connoît rien de semblable, si ce n'est dans les assemblées générales, où ces anciens régulateurs font l'office de députés ou de représentans des Eglises. Voyez Synode, &c. (G)

Ancienne Astronomie (Page 1:441)

Ancienne Astronomie, se dit quelquefois de l'astronomie des anciens qui, suivant le système de Ptolomée, mettoient la terre au centre du monde, & faisoient tourner le soleil autour d'elle; & quelquefois de l'astronomie de Copernic même, qui en plaçant le soleil au centre de l'orbite terrestre, ou dans quelque autre point au - dedans de cette orbite, faisoit décrire aux planetes des cercles autour du soleil, & non des ellipses, qu'elles décrivent en effet. Voyez Astronomie. Voyez aussi Planete, Copernic, Orbite , &c.

Ancienne Géométrie (Page 1:441)

Ancienne Géométrie peut s'entendre aussi de deux manieres; ou de la géométrie des anciens, jusqu'à Descartes, dans laquelle on ne faisoit aucun usage du calcul analytique, ou de la géométrie depuis Descartes jusqu'à l'invention des calculs différentiel & intégral. Voyez Algebre, Différentiel, Intégral , &c. Voyez aussi Géométrie. (O)

Ancile (Page 1:441)

Ancile, s. m. en Antiquités, espece de boucliers de bronze que les anciens prétendoient avoir été envoyés du ciel à Numa Pompilius; ils ajoûtoient que l'on avoit encendu en même tems une voix qui promettoit à Rome l'Empire du monde, tant qu'elle conserveroit ce présent. Voyez Palladium.

Les Auteurs sont partagés sur l'étymologie & sur l'orthographe de ce mot. Camerarius & Muret le prétendent Grec, & le font venir de AGKULO, courbé; aussi écrivent - ils ancyle, ancylia, toûjours avec un y: nous lisons certainement dans Plutarque A'GK<-> LIA. Juba dans son histoire, soûtient que ce mot est originairement Grec. Mais on ne peut concilier cette orthographe avec les manuscrits & les médailles, où ce mot se trouve écrit avec un i simple; Varron [p. 442] le fait venir de ancilia, ab ancisu, & suppose que ce nom fut donné à une espece de boucliers échancrés, ou dentelés à la maniere des peltoe de Thrace.

Plutarque même dit que telle étoit la figure de l'ancile; mais il differe de Varron, en ce qu'il prétend que les petits boucliers des Thraces n'avoient point cette figure, & qu'ils étoient ronds: Ovide paroît en avoir eu la même idée; suivant ce Poete, la rondeur de ce bouclier le fit nommer ancile; c'est - à - dire, ancisum, de am, & coedo, également coupé en rond.

Plutarque lui trouve encore d'autres etymologies, par exemple, il dérive ancile de A'GKW\N, parce que l'on portoit ce bouclier au coude. Quoiqu'il n'en fût tombé qu'un des nues, on en conservoit douze à ce titre; Numa par l'avis, disoit - on, de la nymphe Egerie, ayant ordonné à Veturius Manurius d'en fabriquer onze autres parfaitement semblables au premier, afin que si quelqu'un entreprenoit de be dérober, il ne pût jamais savoir lequel des douze étoit le véritable ancile.

Ces anciles étoient conservés dans le temple de Mars, & la garde en étoit confiée à 12 Prêtres nommés Saliens, établis pour vaquer à ce ministere. Voyez Salien.

On les portoit chaque année dans le mois de Mars en procession autour de Rome; & le troisieme jour de ce mois, on les remettoit en leur place. (G)

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