ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Amazones (Page 1:318)

Amazones, riviere des Amazones; elle traverse toute l'Amérique méridionale d'occident en orient, & passe pour le plus grand fleuve du monde. On croit communément que le premier Européen qui l'a reconnu, fut François d'Orellana, Espagnol; ce qui a fait nommer cette riviere par quelques - uns Orellana: mais avant lui, elle étoit connue sous le nom de Maranon (qu'on prononce Maragnon) nom qu'elle avoit reçû, à ce qu'on croit, d'un autre Capitaine Espagnol ainsi appellé. Orellana dans sa relation dit avoir vû en descendant cette riviere, quelques femmes armées dont un cacique Indien lui avoit dit de se défier: c'est ce qui l'a fait appeller riviere des Amazones.

On prétend que ce fleuve prend sa source au Perou; après avoir traversé 1000 à 1200 lieues de pays, il se jette dans la mer du Nord sous la Ligne. Son embouchure, dit - on, est de 80 lieues.

La carte très - défectueuse du cours de la riviere des Amazones dressée par Sanson sur la relation purement historique d'un voyage de cette riviere que fit Texeira, accompagné du P. d'Acunha Jésuite, a été copiée par un grand nombre de Géographes, & on n'en a pas eû de meilleure jusqu'en 1717. qu'on en publia une du P. Fritz Jésuite, dans les lettres édifiantes & curieuses.

Enfin M. de la Condamine, de l'Académie Royale des Sciences, a parcouru toute cette riviere en 1743; & ce voyage long, pénible, & dangereux, nous a valu une nouvelle carte de cette riviere plus exacte que toutes celles qui avoient précédé. Le célebre Académicien que nous venons de nommer, a publié une relation de ce voyage très - curieuse & très - bien écrite, qui a été aussi insérée dans le volume de l'Académie Royale des Sciences pour 1745. Nous y renvoyons nos Lecteurs, que nous exhortons fort à la lire. M. de la Condamine dit qu'il n'a point vû dans tout ce voyage d'Amazones, ni rien qui leur ressemble; il paroît même porté à croire qu'elles ne subsistent plus aujourd'hui; mais en rassemblant les témoignages, il croit assez probable qu'il y a eu en Amérique des Amazones, c'est - à - dire une société de femmes qui vivoient sans avoir de commerce habituel avec les hommes.

M. de la Condamine nous apprend dans sa relation, que l'Orenoque communique avec ce fleuve par la Riviere noire, ce qui jusqu'à présent étoit resté douteux. (O)


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