ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Aile (Page 1:211)

Aile, partie du corps des oiseaux qui est doublë, & qui correspond à nos bras & aux jambes de devant des quadrupedes. C'est par le moyen des ailes que les oiseaux se soûtiennent en l'air & volent. Tout animal qui peut voler, a des ailes ou des parties de son corps qui ressemblent à des ailes pour la figure & pour le mouvement, comme on le voit dans plusieurs insectes tels que les mouches, les papillons, les scarabés, &c. On uve même des animaux bien différens des insecte des oiseaux, qui sont cependant conformés de çon qu'ils pevent voler; tels sont les chauve - souris & l'écureiul volant. Aussi y a - t - il beaucoup de différence entre toutes ces sortes d'ailes; les unes sont membraneuses, les autres sont cutanées. Voyez Insecte, Chauve - souris, écureuil . Les ailes des oiseaux sont couvertes de plumes, ou pour mieux dire les plumes sont la principale partie des ailcs des oiseaux. Cette conformation paroît la plus favorable pour le vol: cependant il y a des oiseaux qui ne peuvent pas voler, quoiqu'ils aient des ailes; tels sont le pingouin, l'émeu & l'autruche.

Il ne sera ici question que des ailes des oiseaux. Voici ce que dit à ce sujet M. Formey, Secrétaire de l'Académie Royale des Sciences de Berlin, dans un manuscrit qu'il nous a remis. « Ailes, parties du corps des oiseaux, qui sont les instrumens du vol, & qui sont façonnées pour cet effet avec beaucoup d'art, placées à l'endroit le plus commode du corps, & le plus propre à le tenir dans un exact équilibre au milieu d'un fluide aussi subtil que l'air. En général, toute la structure des ailes est parfaitement convenable à leur méchanisme

Elles sont façonnées avec beaucoup d'art., Cet art incomparable brille dans la construction de chaque plume. Le tuyau en est extrèmement roide & creux par le bas, ce qui le rend en même tems fort & léger. Vers le haut il n'est pas moins dur, & il est rempli d'une espece de parenchyme, ou de moelle, ce qui contribue aussi beaucoup à sa force & à sa légereté. La barbe des plumes est rangée régulierement des deux côtés, large d'un côté & étroite de l'autre. On ne sauroit assez admirer l'exactitude du sage Auteur de la nature dans le soin exact qu'il a pris d'une partie aussi peu considérable que le paroit cette barbe des plumes qui sont aux ailes. On y peut ohserver entr'autres ces deux choses. 1°. Que les bords des filets exterieurs & étroits de la barbe se courbent en bas; au lieu que ceux des intérieurs & plus larges, se courbent en haut. Par ce moyen les filets tiennent fortement ensemble; ils sont clos & serrés, lorsque l'aile est étendue, de sorte qu'aucune plume ne perd rien de la force ou de l'impression qu'elle fait sur l'air. 2°. On peut remarquer une adresse & une exactitude qui ne sont pas moins grandes, dans la maniere dont les plumes sont coupées à leur bord. Les intérieures vont en se rétrécissant, & se terminent en pointe vers la partie supérieure de l'aile. Les extérieures se rétrécissent d'un sens contraire, de la partie supérieure de l'aile vers le corps, du moins en beaucoup d'oiseaux. Celles du milieu de l'aile ayant une barbe partout égale ne sont gueres coupées de biais; de sorte que l'aile soit étendue, soit resserrée, est toujours façonnée & taillée aussi exactement que si elle avoit été coupée avec des ciseaux. Mais pour revenir à la rissure même de cette barbe dont nous avons entrepris l'examen, elle est composée de filets si artistement travaillés, entrelaçés d'une maniere si curieuse, que la vûe n'en peut qu'exciter l'admiration, sur - tout lorsqu'on les regarde avec des microscopes. Cette barbe ne consiste pas dans une seule membrane continue; car alors, cette membrane étant une fois rompue, ne se remettroit en ordre qu'avec beaucoup de peine: mais elle est composee de quantité de petites lames, ou de filets minces & roides, qui tiennent un peu de la nature d'un petit tuyau de plume. Vers la tige ou le tuyau (sur - tout dans les grosses plumes de l'aile) ces petites lames sont plus larges & creusées dans leur largeur en demi - cercle; ce qui contribue beaucoup à leur force, & à serrer davantage ces lames les unes sur les autres, lorsque l'aile fait ses battemens sur l'air. Vers le bord ou la partie extérieure de la plume, ces lames deviennent très - minces, & se terminent presqu'en pointe; en dessous elles sont minces & polies, mais en dessus leur extrémité se divise en deux parties, garnies de petits poils, chaque côté ayant une différente sorte de poils. Ces poils sont larges à leur [p. 212] base; leur moitié supàrieure est plus menue & barbue.

Les ailes sont placées à l'endroit le plus commode du corps. Il est constant que dans tous les oiseaux qui ont le plus d'occasion de voler, les ailes sont placées à l'endroit le plus propre à balancer le corps dans l'air, & à lui donner un mouvement progressif aussi rapide que les ailes & le corps sont capables d'en recevoir. Sans cela nous verrions les oiseaux chanceler à tout moment, & voler d'une maniere inconstante & peu serme; comme cela arrive, lorsqu'on trouble l'équilibre de leur corps, en coupant le bout d'une de leurs ailes, ou en suspendant un poids à une des extrémités du corps. Quant à ceux qui nagent & qui volent, les ailes pour cet effet sont attachées au corps hors du centre de gravité; & pour ceux qui se plongent plus souvent qu'ils ne volent, leurs jambes sont plus reculées vers le derriere, & leurs ailes plus avancées vers le devant du corps.

Structure des ailes. La maniere dont les plumes sont rangées dans chaque aile est fort étonnante. Elles sont placées dans un ordre, qui s'accorde exactement avec la longueur & la force de chaque plume: les grosses servent d'appui aux moindres; elles sont si bien bordées, couvertes, & défendues par les plus petites, que l'air ne sauroit passer à travers; par là leurs impulsions sur ce fluide sont rendues très - fortes. Enfin pour finir cet article qui mériteroit que nous nous y arrêtassions plus long - tems, quel appareil d'os très - forts, mais sur - tout légers, & formés avec une adresse incomparable! quelles jointures qui s'ouvrent, se ferment, ou se meuvent de quelque côté que l'occasion le demande, soit pour étendre les ailes, soit pour les resserrer vers le corps! en un mot, quelle diversité de muscles, parmi lesquels la force singuliere des muscles pectoraux mérite sur - tout l'attention, parce qu'ils sont beaucoup plus forts & plus robustes dans les oiseaux que dans l'homme, que dans tout autre animal qui n'a pas été fait pour voler. Plaçons ici la remarque de Borelli à cet égard: pectorales musculi hominis flectentes - humeros, parvi & parum carnosi sunt, non oequant 50 am. aut 70 am. par omnium musculorum hominis. Contra in avibus pectorales musculi validissimi sunt, & oequant, imo excedunt, & magis pendent quam reliqui omnes musculi ejusdem avis simul sumpti. De motu animal. Vol. I. Prop. 184. M. Willughby après avoir fait la même remarque, ajoûte la réflexion suivante: C'est par cette raison, que s'il étoit possible à l'homme de voler, ceux qui ont considéré le pius attentivement ce sujet, croyent que pour entreprendre une pareille chose avec espérance de succès, on doit tellement ajuster & méager les ailes, que pour les diriger on se serve des jambes & non des bras, parce que les muscles des jambes sont beaucoup plus robustes, comme il l'obserye très - bien. Willug. Ornith. L. I. c. 1. . 19, apud Derham Theol. Phys. p. 474». Ici finit le Manuscrit de M. Formey, pour le mot aile.

Je n'ajouterai à cet article qu'une énumération desprincipales parts de l'aile. « Tous les oiseaux, dit Willughby, ont à l'extrémité de l'aile une sorte d'appendice en forme de doigt, qu'il appelle l'aile secondaire extérieure, ou la fausse aile extérieure; elle n'est composée que de quatre ou cinq plumes. Quelques oiseaux ont un rang de plumes sur la partie interieure de l'aile; c'est ce qu'on appelle la fausse aile intérieure. Ses plumes sont ordinairement blanches. On distingue dans les ailes deux sortes de plumes: les grandes qui sont celles qui servent le plus pour le vol, c'est pourquoi on les appelle alarum remiges, comme fi on disoit, les rameurs ou les rames de l'aile; les autres plumes sont les plus petites, elles recouvrent la partie inférieure des grandes, ce qui leur a fait donner le nom de remigum tegetes. On distingue celles qui sont sur la face extérieure de l'aile, & celles qui sont sur la face intérieure. Ces plumes sont disposées sur l'une & sur l'autre face par rangs qui suivent la longueur de l'aile & qui se surmontent les uns les autres. Les plumes qui se trouvent sur la côte de l'aile sont les plus petites; les autres sont plus grandes à mesure qu'elles approchent des grandes plumes de l'aile. On les a appellées alarum vestitrices, parce qu'elles revêtent les ailes en dessus » & en dessous. (I)

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