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PÊCHES. PÊCHES DE MER, PÊCHES DE RIVIERES. FABRIQUE DES FILETS, |Des différentes sortes de filets. (Page 25:1:4)
Des différentes sortes de filets.
Pour faire un filet fermé comme est un sac ou pan - netiere, qui se pend au cou avec une corde & se ferme comme un bourse avec deux cordons.
Il faut faire le filet de petites mailles d'un quart de pouce de large, & que la levure soit de quatre piés de longueur, afin que le sac étant fait, il ait un pié de large. Quand la levure sera faite, poursuivez le filet jusqu'à un pié de long, & pour - lors quittez le moule & [p. 1:5]
Les filets qui sont faits en mailles quarrées, ont bien meilleure grace, & ne sont pas de si grande dépense, ni si diffciles à faire, que ceux qui sont faits à losanges.
Pour travailler ces sortes de filets, il faut prendre la mesure de la longueur dont on desire faire le filet avec une ficelle, laquelle on attachera d'un bout à un clou, puis prenant l'aiguille chargée de fil, & un moule de la grosseur qu'on veut la maille, il faudra tourner le fil deux fois autour du moule, nouer les deux brins ensemble & les retirer hors du moule. Ce fil ainsi noué, sera comme une boucle, laquelle servira, si on veut. de premiere maille, qu'on mettra au clou avec le bout de la mesure; on posera après le moule dessous cette maille pour en faire une autre seconde qui sera la pre - miere maille du deuxieme rang, & sans l'ôter du mou - le, on fera de nouveau un tour de fil sur le moule, & on passera l'aiguille encore une autre fois dans la maille du premier rang, faisant un noeud comme devant. Ce sera une accrue qui fera la deuxieme maille du second rang. Il faut après cela ôter ces deux mailles du moule pour le poser sous l'accrue, ou maille qui a été faite la derniere, pour commencer le troisieme rang de la même façon qu'on a fait le second, observant de jetter toujours une accrue à la fin de chaque rangée de mailles. Ainsi le filet le fera en élargissant, & lorsqu'il sera aussi long que la ficelle ou mesure, il ne faudra plus faire d'accrue au bout des rangs; mais au contraire, on di - minuera, prenant à la fin de chaque rangée deux mailles à la fois.
Les filets qui sont plus longs que larges, & faits en mailles quarrées, sont ordinairement les traîneaux, panetieres, & les hamaux ou grandes mailles d'un hallier.
Pour faire l'un de ces filets, il faut prendre avec une ficelle la mesure de la longueur & largeur qu'on lui veut donnet. On attachera l'une & l'autre mesure à un clou, puis il faudra commencer la premiere maille, & la mettre au même clou pour continuer le filet, en jettant des accrues à la fin de chaque rang; & lors - qu'il sera aussi long que la ficelle qui marque la lon -
Le traîneau doit être de fil bien délié, & retors en deux brins. On ne lui doit pas donner plus de douze toises de long, ni moins de six. La hauteur ou largeur ne sera pas moindre de quinze piés, ni plus grande de trois toises. La maille, soit quarrée ou à losange, aurà deux pouces de large. Quand tout le filet sera maillé, on le bordera tout autour d'un corde grosse comme une plume à écrire, laissant pendre à chaque coin deux bouts de la même corde, longs chacun d'un pié. On en attachera d'autres de deux en deux piés, tout le long du filet. Ces cordes servent pour lier le traîneau à deux perches qui doivent être portées par deux per - sonnes.
On observera que si le filet est bien long & large, le fil en doit être plus fin, & la maille plus grande, afin de le rendre plus léger & plus portatif.
La tonnelle pour prendre les perdrix ne doit pas avoir plus de quinze piés de queue, ou de longueur, ni gueres plus de dix huit ponces de largeur, ou d'ou - verture par l'entrée; elle doit être faite en diminuant vers la queue, de sorte que dans le fond elle n'ait que cinq ou six pouces de hauteur ou de diametre.
Ce filet sera de bon fil retors en trois brins, qui ne soit pas trop gros, teint en couleur verte, jaune, ou minime; les mailles en seront d'un pouce & demi, ou deux pouces de largeur. On peut lui en donner trente de levure, plus ou moins, selon la largeur des mail - les. Après avoir maillé en rond, jusqu'au six ou sep - tieme rang, alors on prendra deux mailles à la fois, à un endroit seulement, afin de diminuer le filet; on fera la même chose de quatre en quatre rangs, pour que le filet s'étrécisse par degrés, & se trouve en finis - sant n'avoir plus que huit ou dix mailles de tour. Après que le filet est achevé, il faut passer dans les dernieres mailles du bout le plus large, une verge de bois bien unie, & grosse comme une baguette de fusil; on plie en rond cette baguette comme seroit un cercle de ton - neau, puis on attache les deux bouts ensemble l'un sur l'autre pour tenir le cercle en état. On mettra d'au - tres cercles plus petits par degrés en cinq ou six endroits, éloignés les uns des autres à proportion de la longueur de la tonnelle. Pour joindre ou attacher ces cercles au filet, il faut les faire passer dans un rang de mailles du tour, puis lier avec du fil les deux bouts de la verge ensemble, afin qu'ils ne s'ouvrent pas plus qu'il ne faut; il faudra aussi attacher aux deux côtés du cercle de l'entrée deux piquets longs d'environ un pié & demi, qui serviront pour tenir la tonnelle tendue. On en mettra un autre long d'un pié, à la queue du filet pour le même usage.
Il faut faire deux halliers simples d'un pié de haut, pour accompagner la tonnelle, ils seront faits de mailles à losanges ou quarrées, chaque hallier sera de sept ou huit toises de longueur; quand ils seront faits, on y at - tachera de deux en deux piés des piquets gros commele petit doigt, & long d'un pié & demi, pour les pouvoir tendre aux deux côtés de la tonnelle, quand on s'en voudra servir.
La levure de ce filet doit être de douze mailles de deux pouces de large. On travaille ce filet en rond, & il faut faire dix rangs de mailles sur le même moule avec lequel on a fait la levure, puis changer d'un au - tre plus petit du demi - quart, pour continuer dix autres rangées de mailles, moins grandes que les premieres; observant ce changement de moule à tous les dixiemes [p. 1:6]
Quant à l'autre sorte d'épervier, il est fait de la même façon que celui de ci - dessus, mais il se monte d'une au - tre maniere; car au - lieu de lier une corde au bout du filet par où il a été commencé, il faut y mettre une grande boucle ou anneau qui soit de cuivre, gros comme le petit doigt, ou bien de corne épaisse de neuf lignes. On attachera autour de cette boucle les douze premieres mailles de la levure du filet, après quoi on ajustera le chapelet de balles tout autour du bas. Il faut après cela lier au chapelet des ficelles fortes & longues de six piés, & il faut qu'elles soient éloignées les unes des autres d'un pié. Elles doivent être toutes nouées ensemble au bout d'une corde, qui passe dans la boucle; de sorte que tirant la corde par le bout (quand le filet aura été jetté) tous les endroits aux - quels les ficelles sont attachées se rencontrent en un monceau les uns proches des autres. Ainsi le filet sera fermé comme une bourse, sans qu'il en puisse sortir aucun poisson que les petits qui passent au - travers des mailles.
Ce filet est nommé une rafle à poisson, parce qu'é - tant bien fait & tendu en quelque riviere, pourvu que l'eau n'y soit pas trop rapide, il s'y prend une quantité prodigieuse de poisson.
Le plus difficile à faire de tout le filet, c'est le coffre cylindrique, qui contient tout ouvert ou monté six piés de longueur, sur trois ou quatre piés de diame - tre ou d'ouverture, selon la hauteur de l'eau en la - quelle il doit être tendu. Si on le veut de trois piés de diametre, il faudra faire la levure de deux cens mailles d'un demi - pouce de large. Quand la levure sera faite & les mailles enfilées, on attachera la ficelle à un clou, & on continuera de mailler à l'ordinaire, jusqu'à la
Supposez que le rang des mailles du tour de ce filet soit de deux cens. Lorsqu'on aura fait deux rangées complettes, on prendra deux mailles à la fois pour n'en faire qu'une des deux; & quand on sera à la cinquantieme, on en prendra deux autres ensemble, & on poursuivra jusqu'à la centieme, pour en prendre encore deux autres à la fois, & enfin à la cent cinquan - tieme on fera la même chose. Ainsi le filet sera diminué d'une maille à toutes les cinquantiemes mailles, qui font le quart de deux cens, qui sera quatre mailles de dimi - nution au rang. On observera cela à toutes les autres rangées, en suivant, non pas de cinquante en cinquante mailles, mais à tous les endroits auxquels on aura commencé de diminuer, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que vingt ou vingt - quatre mailles de tour, & ainsi le goulet ou l'entrée sera faire. Il faudra le laisser là & retourner prendre les rangs des mailles qui faisoient la moitié des doubles, pour faire aussi deux rangées de mailles ordinaires tout autour, lesquelles étant faites, on jettera des accrues de quarante en quarante mailles, jusqu'à vingt rangs. Quand on aura fait les vingt ran - gées de mailles sur ce même moule, on en changera d'un autre plus gros d'un demi - quart pour travailler dessus dix autres rangs de mailles, & après ces dix ran - gées, il faudra changer encore d'un autre moule plus gros d'un demi - quart, augmentant toujours par degrés, & jettant des accrues de quarante en quarante mailles, jusqu'à ce que le filet ait six ou sept piés de long, & que les dernieres mailles se trouvent d'un pouce ou d'un pouce & demi de largeur. Lorsque ce filet sera assez long, il faudra partager le dernier rang de mailles en quatre parties égales, sur deux des quatre quarts op - posés; on formera les aîles du filet en se servant du plus gros moule sans croître ni diminuer, & on le con - tinuera autant que l'on desirera que l'aîle du filet soit longue, laissant toujours une des quatre parties entre deux aîles. Et pour achever ce filet, dont il n'y a que la moitié de fait, reprenez par où il a été commencé, pour en faire autant de l'autre côté que vous en avez de fait.
Il reste à enseigner la maniere de monter le tout. On aura cinq ou six bâtons ou petites perches de châ - taignier, ou autre bois ployant, bien droites & unies, de longueur convenable, selon le tour que doit avoir le coffre du filet. Il faudra les ployer comme des cer - ceaux ou cercles de tonneau, en mettant les deux bouts ensemble l'un sur l'autre, & puis passer le filet par - dedans, & l'attacher tout autour à ces cercles, com - mençant par l'entrée sur le lieu où a été fait le rang des mailles doubles, un à l'autre bout du coffre, & les deux ou trois autres entre ces deux là en des espaces égaux. C'est dans cette espece de cylindre que sont les goulets coniques de même diametre à leur base que le cylindre, & dont les sommets qui répondent au tiers de la longueur du coffre, sont tendus par des ficelles qui s'attachent vers l'autre tiers de la longueur du cylindre; ensorte que les deux goulets ont leurs som - mets opposés, & éloignés l'un de l'autre d'environ le tiers de la longueur du cylindre.
Pour achever de voir comment il faut ajuster les quatre aîles de la rafle, on prendra une corde cablée grosse comme le petit doigt, & on la coudra au bas du filet avec une ficelle attachée au bout de la corde; ayant passé cette ficelle dans trois ou quatre mailles, on fera deux noeuds autour de la corde, on prendra [p. 1:7]
Le tramail se fait ordinairement de mailles à losan - ges, tant pour les hamaux ou grandes mailles, que pour la toile ou les petites mailles, quoiqu'on puisse faire les hamaux à maille quarrée. La longueur d'un tramail ne se spécifie point, on le fait aussi long qu'on veut. La hauteur est ordinairement de quatre piés; mais on le peut faire plus ou moins haut, selon la pro - fondeur de l'eau où l'on veut pêcher.
Pour le faire il faut commencer par les hamaux, qui doivent être de ficelle ou de gros fil retors en quatre brins. Soit qu'on fasse les hamaux d'une maille ou d'autre, la toile doit en être toujours à losanges, & deux fois aussi longue & large que l'aumé, afin qu'elle ait de la poche. La maille en sera d'un pouce de largeur, & de fil retors en trois brins; & celle de l'aumé de neuf pouces de large. Quand la toile est achevée, on passe une ficelle bien forte dans toutes les mailles du dernier rang d'en - haut & d'en - bas, puis on a plusieurs mor - ceaux de liége de trois pouces de large & d'un pouce d'épaisseur, tous percés au milieu pour les passer sur une corde cablée grosse comme le petit doigt. Il faudra lier cette corde des deux bouts à deux arbres, à quatre piés au - dessus de terre, & ajuster les morceaux de liége tout au long, de neuf en neuf pouces. Après cela il faut étendre à terre par - dessus la corde du liége les aumés, & la toile entre deux pour les attacher avec de la fi - celle au commencement de la corde proche le premier morceau de liége, puis conduisant le bord de la toile toujours entre les deux aumés, liez le tout de trois en trois pouces à la corde, sans approcher ni reculer les morceaux de liége, observant de faire froncer la toile autant qu'il en sera besoin. On aura une autre corde de même grosseur que celle où a été enfilé le liége, à laquelle il faut coudre l'autre bord de la toile & des hamaux, & lorsqu'elle sera ajustée, on y met - tra le plomb.
Les pêcheurs se servent pour leurs filets de deux sortes de plombs. Ils appellent la premiere sorte des gousses de plomb, elles sont longues de deux ou de trois pouces, grosses comme le doigt; elles ont deux branches ou crochets à chaque bout pour les assujettir à la corde qu'on fait tenir entre les crochets avec un marteau qui les rabat autour. Il faut les mettre de trois en trois pouces, selon qu'il y a plus ou moins de liége dans le haut du filet.
L'autre maniere se met aussi de trois en trois pouces, ce sont des morceaux de plomb applatis, épais comme une piece d'un écu, longs de deux ou trois pouces. On pose la corde sur le plomb, puis avec un marteau on rabat le bord dessus la corde, jusqu'à ce que le plomb soit tout - à - fait roulé.
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