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HISTOIRE NATURELLE. MINERALOGIE. |Fabrique des Poudres, |PLANCHE XVII. (Page 23:8:6)
4. Coupe & élévation longitudinale du lissoir vu du côté d'amont. B C la roue à augets. F G le hérisson. N pivot d'un des deux arbres du lissoir. o p, q r lissoirs placés au - dessus de leurs caisses s t, u x.
5. Elévation perspective d'un lissoir & de sa caisse des - sinée sur une échelle double. Le lissoir Q R a 3 piés & demi de long & 2 & demi de diametre, il est percé de 4 ouvertures quarrées de six pouces, qui sont fer - mées par des soupapes que l'on assujettit au moyen d'une ficelle qui fait plusieurs tours sur deux che - villes fixes à la circonférence du tonneau; c'est par une de ces ouvertures que l'on introduit dans cha - que tonneau du lissoir 200 liv. de poudre qui y roule pendant environ 24 heures. S T V X Y Z la caisse au - dessus de laquelle est placé le lissoir.
6. Le lissoir vu par une de ses extrémités. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 bâtons quarrés qui vont d'un fond à l'autre, & sur lesquels la poudre retombe à mesure que le lissoir tourne sur lui - méme.
La poudre en sortant du lissoir est transportée sur les tables l l du séchoir, Pl. XIII. où on la ré - pand sur des draps pour sécher au grand air; on rabotte souvent la poudre pour la retourner, & faire que celle qui est dessous vienne dessus.
Après que la poudre est seche, on la repouste, pour cela on la met dans de grosses tonnes; on ne fait cette opération que quelques jours après, parce que si elle étoit faite de suite, les tamis s'useroient beaucoup plus à cause de la chaleur de la poudre. Pour faire le repousse - tage on commence par égaliser la poudre comme quand on la veut mettre dans le lissoir, & cela pour en retirer les pelotons de poussier qui se forment dans le lissoir, & qui tombent dans les tines lorsqu'on le décharge; on appelle ces pelotons des Ramandots de lissoir, on les rebat dans le moulin. La poudre ainsi égalisée dans une maye, des ouvriers prennent des tamis fins pour la repousseter; ce repoussetage consiste à la balotter afin de la décharger du fin grain & du poussier, & faire qu'elle soit propre & ne crasse point. Voilà les opéra - tions par lesquelles passent les matieres qui compo - sent la poudre. On la pese ensuite, & on l'enfonce dans des barils de cent livres, dans chacun desquels il y a un sac de toile pour contenir la poudre en cas que quelques barils se défonçât dans le transport. Pour la peser on a des tines ovales cerclées de cuivre, qui con - tiennent plus de cent livres, on la met sur les plateaux, & quand on a le poids de cent liv. on la vuide dans une autre tine pareille, que deux oavriers transportent sous un hangard d'enfonçage, ils la vuident dans le sac que les tonneliers tiennent ouvert, ils enfoncent ensuite le baril, qu'on transporte après dans un magasin.
Pour la poudre à canon on observe les mêmes choses ci - dessus, à l'exception de l'essorage & lissage, c'est - à - dire qu'au sortir du grainoir on la fait sécher, étant se - che on la blute dans un blutoir percé comme un grai - noir de poudre à giboyer, pour la décharger du fin grain & du poussier, puis on la tamise pour extraire absolu - ment ce dernier, ce que le blutoir ne peut pas faire, on l'enfonce comme pour la poudre à giboyer, quand c'est pour le public; pour le Roi on la met ordinaire - ment dans des barils de deux cens enchappés.
On met dans une maye faite exprès une quantité de poussier pour charger un moulin, puis le maître - garçon qui conduit ce moulin vient l'arroser. Quand il est ar - rosé quatre ouvriers se mettent contre cette maye, qui peut avoir environ deux piés sept pouces de profon - deur sur six de long, & quinze pouces de largeur, ils manient ce poussier pendant près d'un quart - d'heure, pour que l'eau soit distribuée de façon que tout soit humecté au même degré, on le porte ensuite au moulin dans des tines, & on en fait une répartition aussi exacte qu'il est possible dans les vingt - quatre mortiers dont la batterie est composée, & c'est à quoi on parvient aisé - ment, parce que quand un mortier en a trop on en re - tire pour ajouter à celui qui est chargé trop foiblement. On met en train, & on le laisse battre le tems pour le - quel il a été arrosé.
A chaque fois qu'on va au moulin on balaye avec la plus grande attention, tant sur les mortiers que sur les planchers, pour entretenir la propreté nécessaire dans des endroits aussi dangereux: on observe avec autant d'exactitude la même chose dans les grainoirs & enfon - çages.
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