ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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ARCHITECTURE ET PARTIES QUI EN DÉPENDENT. |PREMIERE PARTIE. |PLANCHE I.ere (Page 18:5:1)

PLANCHE I.ere

Des cinq ordres d'Architecture.

Cette Planche présente les cinq ordres d'Architecture, dont le dorique, l'ïonique & le corinthien sont grecs, & les deux autres romains.

Ces cinq ordres sont réduits ici à une même hauteur, afin qu'on puisse reconnoître par leur diverse grosseur, sur une élévation commune, leurs différens caracteres; car il faut sçavoir que le toscan connu sous le nom d'or - dre rustique, ne doit avoir de diametre que la septieme partie de sa hauteur, y compris base & chapiteau.

Le dorique, connu sous le nom d'ordre solide, la huitieme partie.

L'ïonique, considéré comme ordre moyen, la neu - vieme partie.

Le corinthien & le composite, appellés les ordres dé - licats, la dixieme partie.

Vitruve a refusé le nom d'ordre à ce dernier, à cause de son égalité de rapport avec le corinthien, prétendant avec raison que ce ne sont point les ornemens qui cons - tituent l'ordre, mais bien la différence du rapport de leur grosseur avec leur hauteur.

Ces cinq ordres sont conformes aux mesures de Vi - gnole, l'un des dix commentateurs de Vitruve, & celui qu'on a suivi en France le plus généralement. Cet auteur donne au piédestal A le tiers de la hauteur de l'ordre B, & à l'entablement C, le quart de B; il conserve cette même proportion pour tous les cinq ordres. Ce n'est pas qu'on ne puisse donner moins de hauteur à l'entable - ment & au piédestal; par exemple, réduire A au quart, & C au cinquieme de B, comme le propose Palladio; ou enfin tenir l'entablement entre le quart & le cinquieme, ainsi que l'enseigne Scammozzy. Mais ces différences de hauteur doivent se déterminer selon l'application qu'on fait des ordres à l'architecture, & la diversité des bâ - timens où on les met en oeuvre; de maniere que c'est à la prudence de l'Architecte de combiner l effet que doi - vent produire ces hauteurs plus ou moins considérables, toutes trois pouvant également réussir, sçavoir, celle de Vignole, pour les dehors des grands édifices; celles de Palladio & de Scammozzy, pour leur décoration inté - rieure.

Le piédèstal A, l'ordre B, & l'entablement C, com - posent donc les trois principales parties d'une ordon - nance d'architecture; mais c'est B qu'on appelle l'or - dre proprement dit, y compris la base D, le fût E, & le chapiteau F: aussi est - ce cet ordre qui donne & assi - gne au piédestal & à l'entablement leur véritable pro - portion.

Chacune de ces deux parties principales, ainsi que l'ordre, sont composées à leur tour de plusieurs autres parties; sçavoir, pour le piédestal, le socle g, le dez h, & la corniche i; & pour l'entablement, l'architrave k, la frise l, & la corniche m. Toutes ces parties sont en - core divisées par d'autres qu'on appelle moulures, dont nous traiterons dans les Planches suivantes.

Ce que nous venons de dire touchant l'ordre toscan, peut s'appliquer aux quatre autres; leur dimension & la division de leurs membres étant les mêmes, & ne diffé - rant que dans les détails & dans l'application de leurs principaux ornemens, ainsi que nous aurons occasion de le faire remarquer ailleurs.

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