ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Tempérament (Page 16:56)

Tempérament, en Médecine, s'entend plus particulierement de la constitution naturelle du corps de l'homme, ou de l'état des humeurs dans chaque sujet. Voyez Constitution & Humeur.

L'idée de tempérament vient de ce que le sang qui coule dans les veines & les arteres, ne se conçoit pas comme une liqueur simple, mais comme une sorte de mixte imparfait, ou un assemblage de plusieurs autres liquides; car il n'est pas composé seulement des quatre qualités simples ou primitives, mais encore de quatre autres humeurs secondaires qui en sont aussi composées, & dans lesquelles on suppose qu'il peut se résoudre; savoir la bile, le phlegme, la mélancolie & le sang proprement dit. Voyez Bile, Phlegme, Mélancolie, Sang

De - là, suivant que telle ou telle de ces humeurs domine dans un sujet, on dit qu'il est d'un tempérament bilieux, phlegmatique, mélancolique, sanguin, &c. Voy. Sanguin, Mélancolique, Bilieux , &c.

Les anciens médecins prétendoient que le tempérament animal répondoit au tempérament universel décrit ci - dessus. Ainsi on croyoit que le tempérament sanguin répondoit au tempérament chaud & humide, le tempérament flegmatique au tempérament froid & humide, le tempérament mélancolique au tempérament froid & sec, &c.

Galien introduisit dans la médecine la doctrine des tempéramens qu'il avoit tirée des Péripatéticiens, & il en fit comme la base de toute la Medecine. L'art de guérir les maladies ne consistoit, selon lui, qu'à tempérer les degrés des qualités des humeurs, &c. Voyez Galenique, Degré, &c.

Dans la médecine d'aujourd'hui on considere beaucoup moins les tempéramens. Le docteur Quincy, & d'autres auteurs méchaniciens, retranchent la plus grande partie de la doctrine de Galien, comme inutile & incertaine, & regardent seulement les tempéramens comme des diversités dans le sang de différentes personnes, qui rendent ce liquide plus capable dans un corps que dans un autre, à de certaines combinaisons, c'est - à - dire de tourner vers la bile, le phlegme, &c. D'où, suivant ces auteurs, les gens sont nommés bilieux, phlegmatiques, &c. Voyez Sang.

Les anciens distinguoient deux sortes de tempéramens dans un même corps; l'un qu'ils nommoient ad pondus, l'autre qu'ils nommoient ad justitiam.

Le tempérament ad pondus est celui où les qualités élémentaires se trouvent en quantités & en proportions égales: c'est ainsi qu'on les supposoit dans la peau des doigts, sans quoi ces parties ne pourroient pas distinguer assez exactement les objets.

Le tempérament ad justitiam est celui où les qualités élémentaires ne sont pas en proportions égales, mais seulement autant qu'il est nécessaire pour la fonction propre à une partie. Tel est le temperament dans nos os, qui contient plus de parties terreuses que d'aqueuses, afin d'être plus dur & plus solide pour remplir sa fonction de soutenir.

Galien observe que le tempérament ad pondus n'est qu'imaginaire; & quand il seroit réel, il ne pourroit subsister qu'un moment.

Le docteur Pitcairn regarde les tempéramens comme autant de maladies naturelles. Selon cet auteur, une personne de quelque tempérament qu'elle soit, a en elle - même les semences d'une maladie réelle; un tempérament particulier supposant toujours que certaines sécrétions sont en plus grande proportion qu'il ne convient pour une longue vie.

Comme les différences des tempéramens ne sont autre chose que des différences de proportions dans la quantité des liquides, lesquelles proportions peuvent varier à l'infini; il peut y avoir par conséquent une infinité de tempéramens, quoique les auteurs n'en aient supposé que quatre. Ce qu'on appelle d'ordinaire tempérament sanguin, Pitcairn dit que ce n'est qu'une pléthore. Voyez Pléthore.

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