ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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TALENT (Page 15:863)

TALENT, s. m. (Gram.) c'est en général de l'aptitude singuliere à faire quelque chose, soit que cette aptitude soit naturelle, soit qu'on l'ait acquise. On dit le talent de la Peinture, de la Sculpture, de la Poésie, de l'Eloquence; la nature a partagé les talens. Il est rare qu'on ait deux grands talens; il est plus rare encore qu'on ne fasse pas plus de cas dans la société des talens agréables que des talens utiles, & des uns & des autres que de la verru. On dit encore, il a du talent dans son métier. Il a le talent de plaire.

Talent (Page 15:863)

Talent, (Monnoie anc.) sameux poids & monnoie des anciens, qui étoit de différente valeur non seulement dans les divers pays, mais dans le pays même, selon que les especes qui composoient le talent étoient plus ou moins fortes.

Le talent d'argent en poids chez les Hébreux pesoit trois mille sicles, ou 125 livres de 12 onces chacune, ou 12 mille drachmes. Quant à sa valeur, cinquante mines faisoient le talent hébraïque d'argent; ce qui revient à 450 livres sterlings. Le talent d'or des Hébreux sur le pié de seize d'argent, reviendroit à 7200 livres sterlings.

Le talent d'Athenes comprenoit soixante mines, qui reviendroient, selon le docteur Bernard, à 206 livres sterlings 5 schellings. Le talent d'or, à raison de 16 d'argent, 3300 livres sterlings.

Le talent d'argent de Babylone contenoit 7000 dragmes d'Athènes, faisant 240 livres sterlings 12 schellings 6 sols. Le talent d'or, à raison de 16 d'argent, 3850 livres sterlings.

Cinquante mines faisoient le talent d'argent d'Alexandrie, qui revient à 450 livres sterlings. Le talent d'or, à raison de 16 d'argent, 7200 livres sterlings.

Le talent de Cyrène étoit égal à celui d'Alexandrie. Le talent de Corinthe étoit le même que celui d'Egine, savoir de cent mines attiques. Le talent de Rhodes étoit de 4502 deniers romains. Le talent thracien étoit du poids de 120 livres, l'égyptien de 80 livres.

Les Romains avoient de grands & de petits talens. Soixante douze livres romains faisoient leur grand talent. que le docteur Bernard évalue à 216 livres sterlings. Plaute désigne toujours le grand talent romain par magnum talentum; considéré comme poids, il pesoit 125 livres.

Hérodote, en parlant du talent de Babylone, dit qu'il valoit 70 mines d'Eubée. Elien, en parlant du même talent, dit qu'il valoit 72 mines d'Athènes. De - là il s'ensuit que 70 mines d'Eubée en valoient 72 d'Athènes; & comme le talent étoit toujours de [p. 864] 60 mines, on voit par - là la différence du talent d'Eubée & de celui d'Athènes.

Mais il faut qu'il y eût encore deux autres sortes de talens d'Eubée, ou que les auteurs se contredisent; Festus dit: Euboicum talentum nummo groeco septem millium, nostro quatuor millium denariorum: le talent d'Eubée est de 7 mille drachmes greques, & de 4 mille deniers romains. Tout le monde convient qu'il y a ici quelque faute de copiste, & qu'au - lieu de 4 mille deniers romains, il doit y avoir 7 mille; la preuve en est que, selon le même Festus, la drachme des Grecs & le denier des Romains étoient de même valeur. En effet il dit que le talent d'Athènes, qui étoit de six mille drachmes, contenoit aussi six mille deniers romains. Selon lui donc, le denier romain & la drachme d'Athènes etoient de même valeur, & il y en avoit sept mille au talent d'Eubée. Cependant le talent d'Eubée de la somme que devoit payer Antiochus aux Romains étoit bien plus fort; Polybe dit, legat. XXV. p. 817. & Tite - Live aussi, l. XXXVII. & XXXVIII. qu'il contenoit 80 livres romaines. Or la livre romaine contenoit 96 deniers romains, & par conséquent 10 de ces livres faisoient 7680 deniers romains, c'est - à - dire 240 livres sterlings.

Mais il faut remarquer qu'il y a une différence dans le traité entre Tite - Live & Polybe; car quoique Tite - Live, dans le projet du traité, dise, aussi bien que Polybe, que les 15 mille talens étoient des talens d'Eubée; dans le traité même, il les appelle talens d'Athènes; Tite - Live en traduisant ici Polybe, a fait une faute; car Polybe dit seulement que l'argent du payement qu'on donneroit aux Romains seroit, A)RGURI/D *ATIXD A)RI/STD, du meilleur argent d'Athènes, & Tite - Live ne faisant pas assez d'attention à ces expressions qui marquent la qualité de l'argent, & non pas l'espece de monnoie, a traduit des talens d'Athènes. Or comme le talent d'Eubée étoit le plus pesant, la monnoie d'Athènes étoit aussi la plus fine de toutes; &, selon le traité, le payement se devoit faire de la maniere la plus favorable aux Romains. Ils obligerent Antiochus, pour acheter la paix, de leur payer cette somme, déja prodigieuse en elle - même, de la maniere la plus onéreuse pour lui, en talens les plus forts, & pour la qualité du meilleur ou du plus fin argent.

On ne trouve jamais nos auteurs françois d'accord sur l'évaluation des talens des anciens, parce qu'ils ne l'ont jamais faite d'après le poids & le titre, mais toujours d'après le cours variable de nos monnoies; ainsi Budée évalue le talent d'Athènes à 1300 livres, Tourreil à 2800, & nos derniers écrivains à 4550 livres. (D. J.)

Talent hébraïque (Page 15:864)

Talent hébraïque, (Monnoie des Hébreux.) monnoie de compte des Hébreux, qui valoit trois mille sicles; &, selon le docteur Bernard, 450 livres sterlings. Voyez - en les preuves détaillées à l'article Monnoies des Hébreux. (D. J.)

Talent (Page 15:864)

Talent, peintre à, (Peint.) c'est le nom qu'on donne à un artiste qui s'applique à quelque genre particulier de peinture, comme à faire des portraits, à peindre des fleurs, à représenter des animaux, des paysages, des noces de village, des tabagies, &c. (D. J.)

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