ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

RECHERCHE Accueil Mises en garde Documentation ATILF ARTFL Courriel

Previous subarticle

Système (Page 15:778)

Système, en terme d'Astronomie, est la supposition d'un certain arrangement des différentes parties qui composent l'univers; d'après laquelle hypothese les Astronomes expliquent tous les phénomenes ou apparences des corps célestes, &c. Voyez Astronomie, Planete, &c.

Il y a dans l'Astronomie trois systèmes principaux, sur lesquels les philosophes ont été partagés: le système de Ptolomée, celui de Copernic, & celui de Tycho - Brahé.

Le système de Ptolomée place la terre immobile au centre de l'univers, & fait tourner le cieux autour de la Terre d'orient en occident; de sorte que tous les corps célestes, astres & planetes suivent ce mouvement. Voyez Ptolomée.

Pour ce qui est de l'ordre & des distances des différens corps qui entrent dans ce système: les voici. D'abord la Lune tourne autour de la Terre; ensuite Vénus, puis Mercure, le Soleil, Mars, Jupiter & Saturne. Tous ces astres, selon Ptolomée, tournoient autour de la Terre en vingt - quatre heures; & ils avoient outre cela un mouvement particulier par lequel ils achevoient leurs révolutions annuelles. Voyez Pl. astron. fig. xliij.

Les principaux partisans de ce système sont Aristote, Hipparque, Ptolomée & un grand nombre d'anciens philosophes que tout l'univers a suivi pendant plusieurs siecles, & que suivent encore plusieurs universités & autres colleges d'où l'on a banni la liberté de philosopher; mais les observations des derniers tems ont entierement détruit ce système; & même aujourd'hui on ne manque pas de démonstrations pour l'anéantir absolument. Voyez Terre, &c.

En effet, les observations nous apprennent qu'en quelque lieu que l'on place le Soleil, il faut nécessairement reconnoître qu'il est renfermé dans l'orbite de Vénus, puisque cette planete paroît passer tantôt derriere le Soleil, tantôt entre le Soleil & la terre. Donc l'orbite du Soleil ne sauroit entourer celle de Vénus, comme elle l'entoure dans le système de Ptolomée. Il en est de même de Mercure qui est presque perpétuellement plongé dans les rayons du Soleil, & qui, parce qu'il s'en écarte beaucoup moins que Vénus, doit par cette raison avoir une orbite beaucoup plus petite.

D'ailleurs, nous n'exposons ici que ce qu'il y a de plus simple dans le système de Ptolomée. Si nous y ajoutions tous les cieux de crystal qu'il imaginoit pour rendre raison des différens phénomenes célestes, c'est seroit assez à un bon esprit pour rejetter entierement cette hypothese.

Le système de Copernic place le Soleil immobile au centre de l'univers, si ce n'est qu'il donne au Soleil un mouvement de rotation autour de son axe. Voyez Soleil.

Autour de lui tournent d'occident en orient, & [p. 779] dans différentes orbites, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter & Saturne. Voyez Planete.

La Lune tourne dans une orbite particuliere autour de la Terre, & elle l'accompagne dans tout le cercle qu'elle décrit autour du Soleil. Voyez Lune.

Quatre satellites tournent de - même autour de Jupiter, & cinq autour de Saturne. Voyez Satellite.

Dans la région des planetes sont les cometes qui tournent autour du Soleil, mais sur des orbites fort excentriques, le Soleil étant placé dans un de leurs foyers. Voyez Comete.

A une distance immense, au - delà de la région des planetes & des cometes, sont les étoiles fixes. Voyez Etoile.

Les étoiles, eu égard à l'immensité de leur distance, & au peu de rapport qu'elles paroissent avoir à notre monde, ne sont pas censées en faire partie. Il est très - probable que chaque étoile est elle - même un soleil & le centre de l'univers & de son immensité, & toutes les observations s'accordent à en prouver la vérité. Voyez Copernic.

Le système qu'on vient d'exposer, est le plus ancien; c'est le premier qui ait été introduit par Pythagore en Grece & en Italie, où il a été appellé pendant plusieurs siecles le système pythagoricien: il fut suivi par Philolaüs, Platon, Archimede, &c. Il se perdit sous le regne de la philosophie péripatéticienne; mais enfin il fut remis en vigueur heureusement il y a plus de deux cens ans, par Nicolas Copernic dont il porte aujourd'hui le nom. Voyez - en le plan, Pl. astron. fig. xliv. Voyez aussi Copernic.

Le système de Tycho - Brahé revient, à plusieurs égards, à celui de Copernic; mais dans celui de Tycho - Brahé l'on suppose la terre immobile, on supprime son orbite que l'on remplace par l'orbite du Soleil qui tourne autour de la terre, tandis que toutes les autres planetes, excepté la Lune & les satellites, tournent autour de lui.

Mais il n'y a aucune raison ni aucun phénomene dans la nature qui oblige d'avoir recours à un subterfuge si manifeste, que l'auteur n'a employé lui - même que par le motif de la persuasion superstitieuse où il etoit que c'étoit une chose contraire à l'Ecriture, que de supposer le Soleil immobile & la Terre en mouvement: ce scrupule n'a pas donné un échec bien considérable au vrai système.

L'Ecriture, dans les endroits où elle semble supposer le mouvement de la Terre, parle conformément aux idéees vulgairement reçues, & aux simples apparences. C'est pourquoi on ne sauroit taxer d'hérésie ceux qui soutiennent l'opinion contraire, une telle matiere n'intéressant ni les moeurs ni la foi. Dailleurs, la loi découverte par Kepler dans les mouvemens des planetes, & expliquée si heureusement par le célebre Newton, fournit une démonstration directe contre le système de Ticho - Brahé.

Kepler a observé, que les tems des révolutions des planetes autour du Soleil, avoient un certain rapport avec leurs distances à cet astre, & on a trouvé que la même loi s'observoit dans les satellites de Jupiter & de Saturne; & M. Newton a fait voir que cette loi si admirable étoit une suite nécessaire de la gravitation de toutes les planetes vers le Soleil, & de la gravitation des satellites vers leurs planetes principales, en raison inverse du quarré des distances. De sorte que si la Lune & le Soleil tournoient autour de la terre, il faudroit que ces deux planetes gravitassent ou pesassent vers la terre, comme font les autres planetes vers le Soleil, & que les tems des révolutions du Soleil & de la Lune autour de la Terre fussent entr'eux dans le rapport que la loi de Kepler établit; c'est - à - dire, comme les racines quarrées des cubes de leurs distances à la Terre. Or ces tems ne sont point du - tout dans ce rapport; d'où il s'ensuit que le Soleil & la Lune ne tournent point autour de la Terre comme centre commun. Voyez le plan du système de Tycho, fig. xlv. astron.

On se sert aussi en général du mot de système pour marquer une certaine disposition ou arrangement que plusieurs corps ont les uns par rapport aux autres. Ainsi dans la méchanique, l'assemblage de plusieurs corps qui se meuvent ou qui sont en repos, sur un plan ou sur une surface quelconque, s'appelle un système de corps; une verge chargée de trois corps, est un système de trois corps, &c. Chambers. (O)

Next subarticle


The Project for American and French Research on the Treasury of the French Language (ARTFL) is a cooperative enterprise of Analyse et Traitement Informatique de la Langue Franšaise (ATILF) of the Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), the Division of the Humanities, the Division of the Social Sciences, and Electronic Text Services (ETS) of the University of Chicago.

PhiloLogic Software, Copyright © 2001 The University of Chicago.