ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Blanc (Page 2:270)

Blanc, ou Magistere de Bismuth, (Chimie.) Voici, suivant M. Pott, la meilleure façon de le faire: on prend une partie de régule de bismuth pulvérisé, on verse par - dessus bien doucement & à plusieurs reprises deux parties d'esprit de nitre bien pur & bien dégagé de l'acide vitriolique, pour que le magistere soit bien blanc; car sans cela il prendroit une couleur grise; on prend garde qu'il n'arrive point d'effervescence. Peu de tems après la solution, il se formera des crystaux blancs; ou si on ne veut pas attendre la formation de ces crystaux, on n'aura qu'à précipiter la solution avec huit parties d'eau claire toute pure; on fait par là tomber une chaux blanche, qu'on lave dans plusieurs eaux pour l'édulcoter; on la fait sécher ensuite à l'ombre: car si on le faisoit au soleil ou au feu, la chaux perdroit de sa blancheur. Si on met cette chaux calciner, elle devient blanche & brillante comme du talc folié; c'est ce qu'on appelle blanc de bismuth, blanc d'Espagne, ou blanc de perles. Cette chaux est regardée comme un grand cosmétique; on s'en sert comme d'un fard pour cacher les difformités du visage, & on prétend qu'elle blanchit le teint.

Lorsqu'on veut employer cette chaux pour des usages de medecine, on la met en distillation avec de l'eau - forte affoiblie par moitié ou plus d'eau commune, ou bien l'on en fait plusieurs cohobations avec l'esprit de vin. Cela produit, suivant quelques-uns, un bon remede pour les maladies inflammatoires: mais il vaut mieux de s'en défier à cause de l'arsénic qui est toûjours attaché au bismuth, & qui ne peut guere produire de bons effets dans le corps humain. Lorsqu'on applique extérieurement cette chaux, on trouve qu'elle est dessiccative, astringente, & propre à nettoyer les ulceres; on en vante aussi beaucoup l'usage pour les maladies de la peau, comme galle, rougeurs, dartres & boutons, après avoir préalablement préparé le corps par des purgations. On la mêle pour cet effet avec des pommades ou du beurre de cacao, ou de l'eau - rose; mais ce remede ne laisse pas d'endommager la peau à la longue, c'est pourquoi il vaut mieux en bannir entierement l'usage même extérieur.

Les fleurs de bismuth se tirent, suivant M. Lemery, en réduisant le bismuth en poudre, & y mêlant partie égale de sel ammoniac: on met ces deux matieres sur le feu, & il se fait une sublimation; on prend ce qui a été sublimé, on le dissout dans de l'eau, on précipite la solution avec de l'esprit de sel ammoniac, ou de l'huile de tartre; il tombe au fond une poudre blanche qu'on appelle fleur ou sucre de bismuth; on s'en sert pour les mêmes usages que le magisiere précédent. ( - )

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