ENCYCLOPÉDIE OU DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS

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Salut (Page 14:588)

Salut, (Marine.) déférence ou honneur qu'on rend entre les vaisseaux de différentes nations, & parmi ceux de même nation qui sont distingués par le rang des officiers qui les montent & qui y commandent. Cette détérence consiste à se mettre sous le vent, à amener le pavillon, à l'embrasser, à faire les premieres & les plus nombreuses décharges de l'artillerie pour la salve; à ferler quelques voiles, & sur - tout le grand hunier; à envoyer quelques officiers à bord du plus considérable vaisseau, & à venir sous son pavillon, suivant que la diversité des occasions exige quelques - unes de ces cérémonies.

Voici ce qui est reglé à cet égard pour nos vaisseaux, tiré de l'ordonnance de la marine de 1689.

1°. Les vaisseaux du roi portant pavillon d'amiral, de vice - amiral, cornettes & flâmes, salueront les places maritimes & principales forteresses des rois, le salut leur sera rendu coup - pour - coup à l'amiral & au vice - amiral, & aux autres par un moindre nombre de coups, suivant la marque de commandement.

Les places & forteresses de tous autres princes & des républiques, salueront les premieres l'amiral & le vice amiral, & le salut leur sera rendu d'un moindre nombre de coups par l'amiral, & coup - pour - coup par le vice - amiral. Les autres pavillons inférieurs salueront les premiers. Mais les places de Corfou, Zante & Céphalonie, & celle de Nice & de Villefranche, en Savoie, seront saluées les premieres par le vice - amiral. Au reste, nul vaisseau de guerre ne saluera une place maritime, qu'il ne soit assuré que le salut lui sera rendu.

2°. Les vaisseaux du roi portant pavillon, & rencontrant ceux des autres rois, portant pavillons égaux au leur, exigeront le salut de ceux - ci en quelques mers & côtes que se fasse la rencontre; ce qui se pratiquera aussi dans les rencontres de vaisseau à vaisseau, à quoi les étrangers seront contraints par la force s'ils refusent de le faire.

3°. Le vice - animal & le contre - amiral, rencontrant le pavillon amiral de quelqu'autre roi, ou l'etendard royal des galeres d'Espagne, salueront les premiers. Le vaisseau portant pavillon amiral, rencontrant en mer ces galeres, se fera saluer le premier par celle qui portera l'étendard royal.

Les escadres des galeres de Naples, Sicile, Sardaigne & autres, appartenantes au roi d'Espagne, ne seront traitées que comme galeres patrones, quoiqu'elles portent l'étendard royal, & seront saluées les premieres par le contre - amiral; mais le vice - amiral exigera d'elles le salut, & les contraindra à cette déference, si elles refusent de la rendre; la même chose aura lieu pour les galeres, portant l'étendard de Malte & de tous autres princes & républiques. A l'égard de la galere patrone de Gènes, tous les vaisseaux de guerre françois exigeront d'elle le salut.

4°. Les vaisseaux portant cornettes & flâmes, salueront les pavillons de l'amiral & contre - amiral des autres rois, & se contenteront qu'on leur réponde [p. 589] quoique par un moindre nombre de coups de canon.

5°. Les vaisseaux des moindres états portant pavillon d'amiral, & rencontrant celui de France, plieront leur pavillon, & salueront de 21 coups de canon; & l'amiral de France ayant rendu le salut seulement de 13 coups, les autres remettront leur pavillon.

Les vice - amiral & contre - amiral de France seront salués de la même maniere, par les moindres états. Leur amiral saluera de même le premier le vice - amiral & contre - amiral de France: mais il ne pliera son pavillon que pour l'amiral; ensorte que cette déference de plier le pavillon, ne sera rendue par les moindres états, qu'aux pavillons égaux ou supérieurs.

Les vaisseaux du roi portant cornettes, salueront l'amiral des moindres états, & se feront saluer par tous les autres pavillons des mêmes états.

6°. Lorsqu'on arborera le pavillon amiral, soit dans les ports ou à la mer, il sera salué par l'équipage du vaisseau sur lequel il sera arboré, de cinq cris de vive le roi, & les autres vaisseaux le salueront en pliant leur pavillon, sans tirer du canon. Le pavillon du vice - amiral sera seulement salué par trois cris de tout son équipage; le contre - amiral & les cornettes par un cri; & à l'égard des flâmes, elles ne seront pas saluées.

7°. Les vaisseaux du roi portant pavillon de viceamiral & contre - amiral, rencontrant en mer le pavillon amiral, le salueront de la voix, plieront leurs pavillons, & abaisseront leurs hautes voiles.

8°. Le contre - amiral, les cornettes ou autres vaisseaux de guerre, abordant le vice - amiral, le salueront seulement de la voix, en passant à l'arriere pour arriver sous le vent. Les vaisseaux de guerre qui ne porteront ni pavillons, ni cornettes, se rencontrant à la mer, ne se demanderont aucun salut.

9°. Lorsqu'il y aura plusieurs vaisseaux de guerre ensemble, il n'y aura que le seul commandant qui saluera.

10°. Il est défendu à tous commandans & capitaines françois, de saluer les places des ports & rades du royaume, où ils entrent & mouillent ordinairement, comme aussi de tirer du canon dans les occasions de revûes & de visites particulieres, qui pourroient leur être faites sur leurs bords.

11°. L'amiral, le vice - amiral, le gouverneur de la province, faisant leur premiere entrée dans le port, seront seulement salués du canon. Le vaisseau portant pavillon amiral dans un port, rendra le salut. Le roi se trouvant en personne dans ses ports ou sur ses vaisseaux, sera salué de trois salves de toute l'artillerie, dont la premiere se fera à boulet.

Il y a encore dans l'ordonnance, d'où tout ceci est tiré, un article concernant les galeres.

Quoiqu'il n'y ait plus en France de corps de galeres, comme je l'ai déja dit, voyez Général des Galeres, cependant j'ajouterai ici ce qui regarde ces bâtimens dans cette ordonnance, d'autant mieux qu'on en entretient actuellement dans les ports.

L'étendard royal des galeres saluera le premier le pavillon, qui rendra coup - pour - coup; & l'étendard sera salué le premier par le vice - amiral.

Le vice - amiral sera salué par la patrone des galeres, à laquelle il répondra coup - pour - coup; & elle sera saluée par le contre - amiral, auquel elle répondra de même.

Les autres nations maritimes ont des ordonnances particulieres sur le salut, qu'elles exigent ou qu'elles rendent: mais tout ceci n'est qu'une chose de bienséance ou de convention. Il est reglé qu'en général, les vaisseaux des républiques salueront les vaisseaux des têtes couronnées, s'ils sont de la même qualité que ceux des républiques, d'un pareil nombre ou d'un moindre nombre de coups, suivant ce qui leur est prescrit par leur souverain. A l'égard des républiques, elles se sont accordées à saluer les premieres les vaisseaux de la république de Venise, parce qu'elle est la plus ancienne, & à exiger le salut des souverains qui sont au - dessous des rois.

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