Jean-François FÉRAUD:
Dictionaire critique de la langue française.
Marseille, Mossy, 1787-1788, 3 vol. Fol.
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ADORER
ADORER, v. a. [Adoré, 3e
é fer. l'o est bref devant la syll. masc. vous adorez,
nous adorons;adorant, etc. Il est long devant l'e muet,
et il conviendrait de le marquer alors d'un accent circ. Il adôre,
ils adôrent.] Rendre à Dieu le culte qui lui est dû.
"Il ne faut adorer que Dieu. On adôre la
Croix d'une adoration relative. "C'est une calomnie d'acuser les Catholiques
d'adorer les images. — Il se met quelquefois, mais rârement,
sans régime. Les Juifs adoraient à Jérusalem,
le Peuple d'Israël
sur les montagnes.
ADORER, chez les Peuples Orientaux,
ne marquait souvent qu'un très-profond respect, témoigné
par des prosternemens. "Esther adora Assuerus. = Il se dit aussi
hyperboliquement et abusivement des transports de l'amour, et d'un attachement
aveugle ou d'une basse soumission. "Vous m'aimez, je vous adôre.
"Cette mère adôre ses enfans: "cet homme adôre
les caprices de ce Grand.
ADORER le veau d'or, se dit
proverbialement des soumissions faites à un homme riche et sans
mérite, par allusion au veau d'or qu'adorèrent les Israélites.
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