Dictionnaires d'autrefois
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Il y a 7 entrées dans Nicot, Thresor de la langue française (1606) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762) (Go), Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5) (Go)

Nicot, Thresor de la langue française (1606)

cul (Page 171)
Cul, Culus, Podex, Anus, ani.

Cul de cheval, Espece de poisson, Vrtica rubra. Aucuns l'appellent Roses, les autres Posteral, les autres Poussepie.

Cul d'asne apud Nortmannos. Cubaseau apud Burdegalenses, Espece de petit poisson gros comme une noix, Vrtica parua.

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Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694)

CUL (Page 296)
CUL. l'L ne se prononce point, & il y en a peu qui l'escrivent. s. m. Le derriere. Cette partie de l'homme qui comprend les fesses & le fondement. Gros cul. la raye du cul. petit garçon vous serez foüetté, vous aurez sur vostre cul. il tomba sur son cul, sur le cul. il est laid comme un cul. il estoit assis sur son cul comme un singe. il court comme s'il avoit le feu au cul. estre à cul nud. s'asseoir à cul nud. il luy a donné des coups de pied au cul, du pied au cul.

On dit, Avoir le cul sur la selle, pour dire, Estre à cheval: & il se dit ordinairement de ceux qui montent à cheval pour les occasions de la guerre. Ce General est vigilant & infatigable, il a tousjours le cul sur la selle. les ennemis s'estant avancez, on tint Conseil de guerre le cul sur la selle.

On dit pr. & bass. Estre à eu, pour dire, Ne sçavoir plus que devenir, n'avoir plus aucune ressource.

On dit prov. & fig. Donner du pied au cul à un valet, pour dire, Le chasser de son service.

On dit pr. d'Un homme qui se tourmente extremement pour venir à bout de quelque chose, qu'Il y va de cul & de teste comme une corneille qui abbat des noix.

On dit prov. d'Un homme qui paroist plus chagrin, plus grondeur qu'à l'ordinaire, qu'Il s'est levé le cul devant, le cul le premier.

On dit prov. qu'Un homme monstre le cul, qu'on luy voit le cul, pour dire, que Ses habits ne valent rien & sont tout deschirez.

On le dit aussi fig. d'Un homme qui a tesmoigné de la foiblesse au contraire de ce qu'on se promettoit de lui, & de ce qu'il faisoit esperer. En cette querelle où l'on croyoit qu'il feroit paroistre du courage, il monstra le cul. On dit fig. d'Un homme qui ayant fondé son esperance sur deux choses differentes, ne reussit dans pas une, qu'Il se trouve, qu'il est, qu'il demeure entre deux selles le cul à terre.

On dit pr. & bass. d'Un homme qui jouë & qui perd tout ce qu'il a, qu'Il perdroit son cul s'il ne tenoit.

On dit encore, Joüer à coupe-cu, pour dire, Joüer sans revanche. Et, Joüer à cu levé, pour dire, Joüer les uns aprés les autres, en sorte que quelqu'un prenne la place de celuy qui perd.

Il y a une espece de jeu aux cartes, qu'on appelle Cu-bas. Joüer à cu-bas.

On dit aussi, Faire une chose à escorche-cu, pour dire, La faire à regret & en rechignant.

On dit prov. & bass. qu'Un homme tire le cul en arriere, pour dire, qu'Il a de la peine à se resoudre de faire une chose. Il avoit promis de faire &c. mais à cette heure il tire le cul en arriere. quand il est question de donner de l'argent, il tire le cul en arriere.

On dit, Arrester quelqu'un sur cul, pour dire, L'arrester tout court. Leur cavalerie venoit au galop, mais elle trouva de l'infanterie dans un fossé qui l'arresta sur cul.

On appelle, Cul de plomb, Un homme sedentaire qui travaille assiduëment dans son cabinet.

Cul se dit aussi de quelques animaux. Le cul d'un singe. ces ortolans, ces cailles ont le cul bien gras.

On dit, Faire le cul de poule, pour dire, Faire une moüe en avançant & pressant les lévres.

Cul, signifie aussi l'anus, le trou par où l'animal descharge son ventre. Le cul d'un homme, d'un cheval, d'une vache, d'une poule &c.

On dit bassement, Cul par dessus teste. la teste emporte le cul. la teste en bas, le cul en haut.

On dit fig. & bass. d'Un homme qui a fait quelque grande perte, qui a receu quelque grand dommage, qu'Il en a dans le cul.

On dit figur. & prov. Baiser le cul à quelqu'un, pour dire, Ployer laschement devant quelqu'un, & luy rendre des soumissions serviles.

On appelle, Cul, Le derriere d'une charrette. Mettez cela au cul de la charrette. il fut lié au cul d'une charrette & foüetté par les carrefours.

On dit, Mettre une charrette à cul, pour dire, La mettre les limons en haut.

Cul, se dit aussi de plusieurs autres choses differentes. Le cul d'un verre, d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un muid, d'un tonneau, d'un pot, d'un tambour, d'un chauderon, d'une poesle, d'un panier, d'une hotte, d'un chapeau &c.

On dit, Mettre un muid, un tonneau sur cul, pour dire, Le lever sur son fond, ou pour dire, Le vuider.

On appelle, Cul de sac, Une ruë qui n'a point d'issuë.

On appelle, Cul d'artichaud, La partie la plus moüelleuse de l'artichaud.

On appelle, Cul de lampe, Certain ornement d'Architecture, qui pend du plancher, ou de la voute, & qui se termine en pointe.

On appelle aussi, Culs de lampes, Certains fleurons ou ornements de taille douce, que les Imprimeurs mettent a la fin d'un livre, d'un chapitre &c.

On appelle, Cul-de-jatte, Celuy qui estant mutilé des jambes & des cuisses, marche en effet dans une jatte. C'est un cul-de-jatte.

On appelle aussi, Cul de basse fosse, Un cachot creusé dans la basse fosse mesme. C'est un scelerat, il le faut mettre dans un cul de basse fosse.

Culier. a. m. Il n'est en usage qu'en cette phrase, Boyau culier, Qui est le gros boyau & le dernier de tous.

Culasse. s.f. La partie de derriere d'un Canon. Canon renforcé sur la culasse. le canon creva par la culasse.

Il se dit aussi Des mousquets, des fusils, & des pistolers. Demonter la culasse d'un mousquet.

On dit prov. & bassement d'Une personne fort grasse, & qui a les hanches & le derriere fort larges, qu'Elle est renforcée sur la culasse.

Culée. s. f. L'arche d'un pont du costé qu'elle tient à la terre. La culée d'un pont.

Gratte-cu. s. m. Cette espece de bouton rouge qui se forme de ce qui reste de la rose, aprés que les feüilles en sont tombées. Cueillir des gratte-cus. de la conserve de gratte-cu.

On dit prov. qu'Il n'y a point de si belle rose qui ne devienne gratte-cu, pour dire, qu'Il n'y a point de si belle femme qui ne devienne laide.

Bout-de-cul. s. m. On appelle ainsi par derision les personnes petites & mal faites. Il est bas.

Tappe-cu. s. m. Sorte de bascule qui s'abaisse par un contrepoids ou autrement, pour fermer l'entrée d'une barriere. Laissez choir, abaissez le tappe-cu.

Torche-cul. s. m. Morceau de papier, ou d'autre chose pour torcher le derriere.

On dit par mespris des papiers qui ne peuvent servir à rien, que Ce ne sont que des torche-cus, qu'ils ne sont bons qu'à faire des torche-cus.

Poussecul. s. m. On appelle ainsi par mespris les Recors de Sergent.

Culbute. s. f. Certain saut que l'on fait mettant la teste en bas & les jambes en haut pour retomber de l'autre costé. Faire la culbute.

Il se prend quelquefois pour Cheute. Il est tombé du haut du degré, il l'a poussé si rudement qu'il luy a fait faire la culbute.

Culbuter. v. act. Renverser quelqu'un les pieds contremont, renverser cul par dessus teste. Il l'a poussé rudement, & l'a culbuté. il le culbuta du haut en bas du degré, du haut d'une montagne. la cavalerie prit les ennemis en flanc, & les culbuta.

Il est quelquefois neut. & signifie, Tomber en faisant la culbute. Il fit un faux pas & culbuta du haut en bas du degré.

Culbuté, [culbut]ée. part. pass.

Culotte. s. f. Certaine espece de haut de chausses. Culotte de drap. culotte de serge.

Acculer. v. act. Pousser quelqu'un & le reduire en un coin, en un endroit d'où il ne peut reculer. Il le poursuivit l'espée à la main, & l'accula contre la muraille. nostre armée avoit acculé celle des ennemis dans un destroit.

Il se dit aussi Des sangliers, des loups, des renards & autres bestes. Les chiens avoient acculé le sanglier, le loup, ils le tenoient acculé. le renard, le blereau estoit acculé dans son terrier.

Avec le pronom possessif, il signifie Se ranger, se retirer dans un coin, contre une muraille &c. pour se deffendre & pour n'estre pas pris par derriere. Se voyant poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille & se deffendit long-temps.

Acculé, [accul]ée. part. pass.

Accul. l'L se prononce. s.m. Lieu qui n'a point d'issuë, où l'on est acculé. Les ennemis s'estant engagez dans les passages des montagnes, on les poussa dans un accul.

Il se dit principalement du bout du terrier, où les chiens acculent les renards, les blereaux & les taisons. Quand on voit que le renard est à l'accul. avant que de lascher les bassets, il faut sçavoir où sont les acculs.

Il sign. aussi, Les branchages & les piquets qu'on met au bout de la plate-forme, pour retenir le canon quand il recule aprés avoir tiré.

Esculer. v. act. Se dit des bottes & des souliers qui s'abbaissent par derriere sur le talon du soulier ou de la botte. Esculer des souliers. esculer des bottes.

Il est aussi neut. pass. Quand un soulier est trop petit il s'escule facilement.

Esculé, [escul]ée. part. pass.

Reculer. v.a. Tirer quelque chose en arriere. Reculez un peu vostre chaise. reculez la table. il faudroit pour aggrandir vostre jardin, reculer la muraille, le fossé.

Il se dit encore des personnes, & se joint avec le pronom possessif. Reculez-vous de là. il se recula du feu. il se recula bien loin de là.

Il est aussi neut. Recule Cocher. faites reculer ce carosse. comment voulez-vous qu'il recule. le canon recule en tirant. faites reculer tout ce monde.

Il se dit fig. Des affaires & des personnes, tant à l'actif qu'au neutre. Cette mauvaise rencontre a fort reculé ses desseins, ses affaires, l'a fort reculé. il estoit bien auprés du Prince, mais cela l'a fort reculé. il recule tous les autres pour avancer les siens. vos affaires reculent au lieu d'avancer. il n avance point, il recule tous les jours. je voudrois bien le faire venir à compte, mais il recule tousjours. il ne tient pas à moy que ce procés ne soit jugé, c'est ma partie qui recule.

On dit figur. Reculer les bornes, les frontieres d'un Estat, pour dire, Les estendre, les porter plus loin.

On dit prov. & figur. qu'Il faut reculer pour mieux sauter, pour dire, qu'Il faut ceder, temporiser pour mieux prendre ses avantages.

Reculé, [recul]ée. part. pass.

Il signifie aussi, Lointain. Les regions, les nations les plus reculées. un pays, un peuple si reculé de nous, reculé à l'extremité de l'Asie.

Reculée. s. f. Il n'est guere en usage qu'en cette phrase. Feu de reculée, pour dire, Un grand feu devant lequel il se faut reculer. Ils se chauffent bien, ils font, ils ont tousjours un feu de reculée.

Recul. l'L se prononce. s. m. v. Il signifie Le mouvement d'une chose qui recule, & se dit principalement du canon. Le recul du canon.

A reculons. adv. En reculant, allant en arriere. Les escrevisses vont à reculons. les Cordiers travaillent à reculons.

Il signifie fig. En empirant. Toutes ses affaires, tous ses desseins vont à reculons.

CULTE. &brace; Voy aprés CULTIVER.

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Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762)

CUL. s.m. (Page 453)
CUL. s.m. (l'L ne se prononce point, & on la supprime quelquefois dans l'écriture.) Le derrière, cette partie de l'homme qui comprend les fesses & le fondement. Il tomba sur son cul, sur le cul. Il est laid comme un cul. Il étoit assis sur son cul comme un singe. Renverser cul par dessus tête. Il court comme s'il avoit le feu au cul. Être à cul nu. S'asseoir à cul nu. Il lui a donné des coups de pied au cul, du pied au cul.

On dit, Avoir le cul sur la selle, pour dire, Être à cheval. Ce Général est vigilant & infatigable, il a toujours le cul sur la selle. Les ennemis s'étant avancés, on tint Conseil de guerre le cul sur la selle.

On dit familièrement, Cul par dessus tête. La tête emporte le cul. La tête en bas, le cul en haut.

On dit proverbialement, Être à cul, pour dire, Ne savoir plus que devenir, n'avoir plus aucune ressource.

On dit proverbialement & figurément, Donner du pied au cul à un valet, pour dire, Le chasser de son service.

On dit proverbialement d'Un homme qui se tourmente extrêmement pour venir à bout de quelque chose, qu'Il y va de cul & de tête. Qu'il y va de cul & de tête comme une corneille qui abat des noix.

On dit proverbialement, qu'Un homme montre le cul, qu'on lui voit le cul, pour dire, Que ses habits ne valent rien, & sont tout déchirés.

On dit aussi prov. & fig. d'Un homme qui a témoigné de la foiblesse lorsqu'on attendoit beaucoup de son courage, de sa fermeté; En cette querelle où l'on croyoit qu'il feroit paroître du courage, il montra le cul.

On dit figurément & familièrement d'Un homme, qui ayant fondé son espérance sur deux choses différentes, ne réussit dans aucune, qu'Il se trouve, qu'Il est, qu'Il demeure entre deux selles le cul à terre.

On dit proverbialement & populairement d'Un homme qui joue & qui perd tout ce qu'il a, qu'Il perdroit son cul, s'il ne tenoit.

On dit encore, Jouer à coupe-cul, pour dire, Jouer sans revanche. Et, Jouer à cu-levé, pour dire, Jouer les uns après les autres, en sorte que celui des joueurs qui ne joue point, prenne la place de celui qui perd.

Il y a une espèce de jeu des cartes qu'on appelle Cu-bas. Jouer à cu-bas.

On dit figurément & familièrement, Faire une chose à écorche-cul, pour dire, La faire à regret & en rechignant.

On dit proverbialement & populairement, qu'Un homme tire le cul en arrière, pour dire, qu'Il a de la peine à se résoudre à faire une chose.

On dit, Arrêter quelqu'un sur cul, pour dire, L'arrêter tout court. Leur Cavalerie venoit au galop, mais l'Infanterie qu'elle trouva dans un fossé l'arrêta sur cul. Il est du style familier.

On appelle familièrement Cul de plomb, Un homme sédentaire, qui travaille assidument dans son cabinet.

CUL se dit aussi De quelques animaux. Le cul d'un singe. Ces ortolans, ces cailles ont le cul bien gras.

On dit, Faire le cul de poule, pour dire, Faire la moue en avançant les lèvres, & en les pressant.

CUL signifie aussi L'anus par où l'animal décharge son ventre. Le cul d'un homme, d'un cheval, d'une vache, d'une poule, &c.

On dit proverbialement & bassement d'Une personne qui a grand'peur, qu'On lui boucheroit le cul d'un grain de millet.

On dit figurément & bassement d'Un homme qui a fait quelque grande perte, qui a reçu quelque grand dommage, qu'Il en a dans le cul.

On dit figurément & proverbialement, Baiser le cul à quelqu'un, pour dire, Marquer une soumission servile & lâche.

On dit proverbialement, Il ne faut pas vouloir peter plus haut que le cul, pour dire, qu'Il ne faut pas entreprendre de faire plus que l'on ne peut. Il veut peter plus haut que le cul.

On dit proverbialement, Tenir quelqu'un au cul & aux chausses, pour dire, Le tenir de manière qu'il ne puisse échapper. Les Sergens le tenoient au cul & aux chausses.

Il s'emploie aussi au figuré, pour dire, qu'On examine, qu'on agite quelque chose qui concerne quelqu'un, ses biens, sa vie, son honneur. À l'heure qu'il est, les Juges le tiennent au cul & aux chausses. On le tenoit au cul & aux chausses dans cette compagnie.

On appelle Cul, Le derrière d'une charrette. Mettez cela au cul de la charrette. Il fut lié au cul d'une charrette, & fouetté par les carrefours.

On dit, Mettre une charrette à cul, pour dire, La mettre les limons en haut.

CUL se dit aussi De plusieurs autres choses différentes. Le cul d'un verre, d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un muid, d'un tonneau, d'un pot, d'un tambour, d'un chaudron, d'une poële, d'un panier, d'une hotte, d'un chapeau, &c.

On dit, Mettre un muid, un tonneau sur cul, pour dire, Le lever sur son fond, ou pour dire, le vider.

On appelle Cul de sac, Une rue qui n'a point d'issue.

On appelle Cul d'artichaut, La partie la plus moilleuse de l'artichaut, & qui en fait le fond.

On appelle Cul de lampe, Certain ornement d'Architecture, qui pend du plancher ou de la voûte, & qui se termine en pointe.

On appelle aussi Culs de lampes, Certains fleurons ou ornemens que les Imprimeurs mettent à la fin d'un livre, d'un chapitre, &c.

On appelle Cul de jatte, Celui qui étant mutilé des jambes & des cuisses, marche en effet dans une jatte. C'est un cul de jatte. On le dit aussi d'Un homme qui a perdu l'usage de ses jambes, & qui ne peut marcher.

On appelle Cul de basse-fosse, Un cachot creusé dans la basse-fosse même. C'est un scélérat, il le faut mettre dans un cul de basse-fosse.

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Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788)

CUL (Page A647a)

CUL, s. m. [On ne prononce point l'l, et souvent on ne l'écrit pas.] 1°. Le derrière. Il tomba sur son cul: il était assis sur son cul comme un singe. Les honêtes gens ne se servent guère de ce mot, au propre. Il se dit aussi de quelques animaux, comme le singe, les câilles, les ortolans. = 2°. Il se dit aussi de l'anus, du fondement, par où l'animal décharge son ventre. Le cul d'un homme, d' un cheval, d'une vache, d'une poule, etc. = 3°. On le dit par métaphôre assez bâsse, de plusieurs chôses inanimées. Mettre un muid, un toneau sur son cul, le lever sur son fond, ou le vider. Mettre une charrette à cul, la mettre le limon en haut. — Cul d'artichaut, la partie qui fait le fond de l'artichaut. — Cul de bâsse-fôsse, cachot. "Il faut le faire mettre dans un cul de bâsse-fôsse. — Cul-de-lampe, ornement d'Architectûre, qui se termine en pointe comme une lampe d'Église; et aussi fleuron, ou ornement que les Imprimeurs mettent dans des livres. — Cul-de-sac, rûe qui n'a point d'issûe. — Cul-de-jatte, homme qui ne pouvant se servir de ses jambes, se traîne comme il peut, assis dans une grande écuelle de bois, nommée jatte, dit La Monnoie, du latin gabata. On le dit par extension des paralytiques qui ne peuvent se remuer. Ainsi l'on a dit que Scarron était cul de jatte.
   On dit, dans le style familier, montrer le cul, être mal habillé; et figurément, ne pas se tirer avec honeur d'une afaire. — Y aler de cul et de tête; y doner tous ses soins. — Prendre son cul pour ses chaûsses, se tromper, se belouser. — Être à cul, ne savoir que devenir, n' avoir aucune ressource. — Arrêter quelqu'un sur son cul; l'arrêter tout court. — Jouer à cul lever, jouer les uns après les aûtres, en sorte que celui qui ne joue pas, prend la place du perdant. Faire le cul de poule, faire la moûe, avancer les lèvres en les pressant. — Vouloir peter plus haut que son cul, vouloir faire plus qu'on ne peut. — Cet homme est un cul de plomb, il travaille beaucoup dans son cabinet.
   On dit aussi, dans le même style, avoir le cul sur la selle, être à cheval; il a toujours le cul sur la selle. — Doner du pied au cul à un valet, le chasser de son service. — Se trouver entre deux selles le cul à terre, ne réussir dans aucune des deux chôses, sur lesquelles on fondait des espérances. — Faire une chôse à écorche cul, à regret et en rechignant. — Tirer le cul en arrière; avoir de la peine à se résoûdre. — Baiser le cul à quelqu'un, lui marquer une soumission bâsse et servile. — Tenir quelqu'un au cul et aux chaûsses, le tenir de manière qu'il ne puisse échaper.
   On dit encôre, figurément et bâssement, en avoir dans le cul, avoir essuyé quelque perte, quelque dommage. — Il a si grand peur, qu'on lui boucheroit le cul avec un grain de millet.

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Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798)

CUL (Page 356)
CUL. s. mas. (l'L ne se prononce point, et on la supprime quelquefois dans l'écriture.) Le derrière, cette partie de l'homme qui comprend les fesses et le fondement. Il tomba sur son cul, sur le cul. Il étoit assis sur son cul comme un singe. Renverser cul par-dessus tête. Il court comme s'il avoit le feu au cul. Être à cul nu. S'asseoir à cul nu. Il lui a donné des coups de pied au cul, du pied au cul.

On dit, Avoir le cul sur la selle, pour dire, Être à cheval. Ce Général est vigilant et infatigable, il a toujours le cul sur la selle. Les ennemis s'étant avancés, on tint Conseil de guerre le cul sur la selle.

On dit familièrement: Cul par-dessus tête. La tête emporte le cul. La tête en bas, le cul en haut.

On dit proverbialement, Être à cul, pour dire, Ne savoir plus que devenir, n'avoir plus de ressource.

On dit, qu'Une voiture est à cul, qu'on la met à cul, pour dire, qu'Elle est versée ou qu'on la verse par le derrière.

On dit proverbialement et figurément, Donner du pied au cul à un valet, pour dire, Le chasser de son service.

On dit proverbialem. d'Un homme qui se tourmente extrêmement pour venir à bout de quelque chose, qu'Il y va de cul et de tête; qu'il y va de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix.

On dit proverbialem. qu'Un homme montre le cul, qu'on lui voit le cul, pour dire, que Ses habits ne valent rien, et sont tout déchirés.

On dit aussi proverbialement et figurément, d'Un homme qui a témoigné de la foiblesse lorsqu'on attendoit beaucoup de son courage, de sa fermeté, L'on croyoit qu'il feroit paroître du courage, il a montré le cul.

On dit figurement et familièrement d'Un homme, qui ayant fondé son espérance sur deux choses différentes, ne réussit dans aucune, qu'Il se trouve, qu'il est, qu'il demeure entre deux selles le cul à terre.

On dit proverbialement et populairement d'Un homme qui joue et qui perd tout ce qu'il a, qu'Il perdroit son cul, s'il ne tenoit.

On dit, Jouer à cul levé, pour dire, Jouer les uns après les autres, en sorte que celui des joueurs qui ne joue point, prenne la place de celui qui perd.

On dit proverbialement et populairement, qu'Un homme tire le cul en arrière, pour dire, qu'Il a de la peine à se résoudre à faire une chose.

On dit, Arrêter quelqu'un sur cul, le mettre à cul, pour dire, L'arrêter tout court. Leur Cavalerie venoit au galop, mais l'Infanterie qu'elle trouva dans un fossé l'arrêta sur cul. Il est du style familier.

On appelle familièrement, Cul de plomb, Un homme sédentaire, ou qui travaille assidument dans son cabinet, à son bureau, etc.

Cul, se dit aussi De quelques animaux. Le cul d'un singe. Ces ortolans, ces cailles ont le cul bien gras.

On dit, Faire le cul de poule, pour dire, Faire la moue en avançant les lèvres, et en les pressant.

Cul, signifie aussi L'anus par où l'animal decharge son ventre. Le cul d'un homme, d'un cheval, d'une vache, d'une poule, etc.

On dit proverbialement et bassement d'Une personne qui a grand'peur, qu'On lui boucheroit le cul d'un grain de millet.

On dit figurément et bassement, d'Un homme qui a fait quelque grande perte, qui a reçu quelque grand dommage, qu'Il en a dans le cul.

On dit bassement et proverbialem. Baiser le cul à quelqu'un, pour dire, Marquer une soumission servile et lâche.

On dit proverbialement, Il ne faut pas vouloir peter plus haut que le cul, pour dire, qu'Illne faut pas entreprendre de faire plus qu'on ne peut. Il veut peter plus haut que le cul.

On dit proverbialement, Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, pour dire, Le tenir de maniere qu'il ne puisse échapper. Les Sergens le tenoient au cul et aux chausses.

Il s'emploie aussi au figuré, pour dire, qu'On examine, qu'on agite quelque chose qui concerne quelqu'un, ses biens, sa vie, son honneur. l'heure qu'il est, les Juges le tiennent au cul et aux chausses. On le tenoit au cul et aux chausses dans cettecompagnie.

On appelle Cul, Le derrière d'une charrette. Mettez cela au cul de la charrette. Il fut lié au cul d'une charrette, et fouetté par les carrefours.

On dit, Mettre une charrette à cul, pour dire, La mettre les limons en haut.

Cul, se dit aussi De plusieurs autres choses différentes. Le cul d'un verre, d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un muid, d'un tonneau, d'un pot, d'un tambour, d'un chaudron, d'une poêle, d'un panier, d'une hotte, d'un chapeau, etc.

On dit, Mettre un muid, un tonneau sur cul, pour dire, Le lever sur son fond, ou pour dire, le vider.

On appelle Cul-de-sac, Une rue qui n'a point d'issue.

On appelle Cul d'artichaut, La partie la plus moelleuse de l'artichaut, et qui en fait le fond.

On appelle Cul-de-lampe, Certain ornement d'Architecture, qui pend du plancher ou de la voûte, et qui se termine en pointe.

On appelle aussi Culs-de-lampe, Certains fleurons ou ornemens que les Imprimeurs mettent à la fin d'un livre, d'un chapitre, etc.

On appelle Cul-de-jatte, Celui qui étant privé de l'usage des jambes et des cuisses, a le cul dans une jatte. C'est un cul-de-jatte.

On le dit aussi d'Un homme qui a perdu l'usage de ses-jambes, et qui ne peu marcher.

On appelle Cul de basse-fosse, Un cachot creusé dans la basse-fosse même. C'est un scélérat, il le faut mettre dans un cul de basse-fosse.

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Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

CUL. s. m. (Page 1:463)
CUL. s. m. (On ne prononce point l'L, et quelques-uns la suppriment dans l'écriture. ) Le derrière, cette partie de l'homme qui comprend les fesses et le fondement. Il tomba sur son cul, sur le cul. Il était assis sur son cul comme un singe. La tête en bas, le cul en haut. Renverser un homme cul par-dessus tête. Être à cul nu. S'asseoir à cul nu. Il lui a donné des coups de pied au cul, dans le cul, du pied au cul. Il est très-familier et souvent bas.

Avoir le cul sur la selle, Être à cheval. Ce général est infatigable, il a toujours le cul sur la selle. Les ennemis s'étant avancés, on tint conseil le cul sur la selle.

Fam., La tête a emporté le cul, se dit en parlant D'une personne qui est tombée la tête en bas, le cul en haut.

Prov. et fig., Donner du pied au cul à un valet, Le chasser de son service.

Prov. et fig., Y aller de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix, ou simplement, Y aller de cul et de tête, S'employer avec ardeur et sans précaution pour faire réussir quelque chose.

Prov., fig. et pop., Prendre son cul pour ses chausses, Se méprendre grossièrement.

Fig. et pop., Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, Le serrer de si près, qu'il ne peut échapper, qu'il ne peut s'empêcher de faire ce qu'on veut. Il signifie aussi, S'occuper de quelqu'un pour examiner et censurer sa conduite, son caractère. On le tenait au cul et aux chausses dans cette société, quand il arriva.

Prov. et pop., Montrer le cul, se dit, par exagération, D'un homme dont les habits ne valent rien et sont tout déchirés. Cet homme montre le cul, on lui voit le cul. On le dit aussi, figurément et bassement, D'un homme qui témoigne de la faiblesse lorsqu'on attendait beaucoup de son courage, de sa fermeté. Nous pensions qu'il ferait paraître du courage, il a montré le cul.

Prov. et fig., Se trouver, être, demeurer entre deux selles le cul à terre, se dit Lorsque, de deux choses auxquelles on prétendait, on n'en obtient aucune, ou Lorsque, ayant deux moyens de réussir dans une affaire, on ne réussit par aucun des deux.

Fig. et fam., Arrêter quelqu'un sur cul, L'arrêter tout court. Leur cavalerie venait au galop, mais l'infanterie placée dans un fossé l'arrêta sur cul. Cet argument l'arrêta sur cul.

Fig. et bass., Mettre une personne à cul, La mettre dans l'impossibilité de reculer davantage, d'éluder plus longtemps.

Fig. et bass., Être à cul, Ne savoir plus que devenir, n'avoir plus de ressources.

Fig. et fam., Cul de plomb, se dit d'Un homme laborieux et sédentaire. C'est un cul de plomb et une tête de fer.

Fig. et fam., Cul-de-jatte, se dit d'Une personne estropiée qui ne peut faire usage ni de ses jambes ni de ses cuisses pour marcher. Il est cul-de-jatte. C'est un cul-de-jatte.

Jouer à cul levé, Jouer les uns après les autres, en prenant la place de celui qui perd.

CUL se dit aussi en parlant De quelques animaux. Le cul d'un singe. Ces ortolans, ces cailles ont le cul bien gras.

Fig. et fam., Faire le cul de poule, Faire une espèce de moue, en avançant et pressant les lèvres.

En Hist. nat., Paille-en-cul, Oiseau de mer dont la queue a deux longues plumes étroites. On le nomme aussi Paille-en-queue et Oiseau des tropiques.

Cul-blanc. Nom vulgaire de la bécassine.

CUL signifie aussi, L'anus, par où sortent les excréments. Le cul d'un homme, d'un cheval, d'une vache, d'une poule, etc.

Prov. et bass., On lui boucherait le cul d'un grain de millet, se dit D'une personne qui a grand'peur.

Prov. et bass., Baiser le cul à quelqu'un, Lui témoigner une soumission servile et lâche.

Prov., fig. et bass., Péter plus haut que le cul, Entreprendre des choses au-dessus de ses forces; Prendre des airs au-dessus de son état. Il ne faut pas péter plus haut que le cul.

CUL désigne, par analogie, La partie inférieure, le fond de certaines choses. Le cul d'un verre, d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un tonneau, d'un pot, d'un tambour, d'un chaudron, d'une poêle, d'un panier, d'une hotte, d'un chapeau, etc.

Mettre un tonneau sur cul, Le lever sur son fond; ou, figurément et familièrement, Le vider.

En termes de Marine, Ce bâtiment est sur cul, Son arrière est trop enfoncé dans l'eau.

En termes d'Art vétérinaire, L'oeil de ce cheval est cul de verre, Le cristallin de son oeil a une opacité qui annonce une cataracte.

Cul-de-sac, Petite rue qui n'a point d'issue. On dit aussi, Impasse.

Fig. et fam., Cul-de-sac, se dit d'Une place qui ne conduit point à une meilleure, qui ne présente aucun moyen d'avancement. Il a eu grand tort d'accepter cette place, c'est un cul-de-sac.

Cul d'artichaut, La partie charnue d'un artichaut, qui en fait le fond.

En Archit., Cul-de-lampe, Certain ornement de lambris ou de voûte, qui est fait comme le dessous d'une lampe d'église. Il se dit aussi de Certains cabinets saillants en dehors d'une maison, et dont la partie inférieure a cette forme. Cul-de-four, Voûte sphérique.

En Impr., Cul-de-lampe, Ornement, aujourd'hui peu employé, qui se termine ordinairement en pointe, et qui servait principalement à remplir le blanc de la page où finissait un livre, un chapitre, etc. Édition ornée de vignettes, fleurons et culs-de-lampe.

Cul de basse-fosse, Cachot souterrain creusé dans la basse-fosse même. On le mit dans un cul de basse-fosse.

CUL désigne également, Le derrière d'une charrette. Mettez cela au cul de la charrette. Il fut lié au cul d'une charrette, et fouetté par les carrefours.

Mettre une charrette à cul, La mettre les limons en haut.

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Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5)

CUL. (Page 1:336)
CUL. (On ne prononce point l'L.) n. m. Partie du corps humain qui comprend les fesses et le fondement. Il tomba sur son cul, sur le cul. Il est très bas. On dit, entre gens bien élevés, Derrière, ou Train de derrière quand il s'agit de certains animaux.

Avoir le cul sur la selle, Être à cheval. Il est très familier.

Fig., Se trouver, être, demeurer le cul entre deux selles, se dit lorsque, de deux choses auxquelles on prétendait, on n'en obtient aucune, ou Lorsque, ayant deux moyens de réussir dans une affaire, on ne réussit par aucun des deux.

Fig. et fam., Faire le cul de poule, Faire une espèce de moue, en avançant et pressant les lèvres. Bouche en cul de poule.

Cul-blanc. Nom vulgaire de plusieurs oiseaux, notamment du Traquet motteux. Des culs-blancs.

Triv., Péter plus haut que le cul, Entreprendre des choses au-dessus de ses forces ; Prendre des airs au-dessus de son état ; viser trop haut.

Il désigne par analogie le Fond de certaines choses. Le cul d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un tonneau. Mettre un tonneau sur cul, Le lever sur son fond ; ou, figurément et familièrement, Le vider. En termes de Marine, Ce bâtiment est sur cul, Son arrière est trop enfoncé dans l'eau. En termes d'Art vétérinaire, L'oeil de ce cheval est cul de verre, Le cristallin de son oeil a une opacité qui annonce une cataracte.

Il désigne également le Derrière d'une charrette. Mettre une charrette à cul, La mettre les limons en haut.


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